Catégorie : Physique

Pourquoi a-t-on autant de mal à s’écouter ?

 “Le problème dans la plupart des situations n’est pas un manque d’appel, mais une peur de répondre à l’appel.” Michael Meade

 

Depuis tout petit, nous avons les réponses à tout avant même de nous poser la question : ce qui nous anime dans la vie, ce qui nous ennuie, ce dont on a envie de manger, avec qui on veut passer du temps, là où on veut aller…

 

Alors pourquoi on ne s’écoute pas ?

L'enfant non conditionné

Dans certaines sous-cultures, l’enfant a pu évoluer dans un environnement sécurisant et soutenant, dans lequel il a pu explorer sans contraintes.

 

Il a pu être et faire ce qu’il voulait en fonction de ses inclinations naturelles.

C’est le cas dans les écoles démocratiques, dont certaines ont du recul depuis des dizaines d’années aux USA et dont les résultats sont spectaculaires.

Dans ce type d’école, le cadre est minime : il y a la présence d’adultes, de ressources adaptées, pour aider les gamins dans leur développement, les stimuler, les soutenir et les cadrer quand il y a besoin.

 

Il n’y a ni prof, ni devoir, ni examen, ni punition, ni cours, ni quoi que ce soit relatif au côté toxique du niveau Bleu de la spirale dynamique.

 

Rappelons le thème de Bleu : “Sacrifier le soi maintenant pour obtenir une récompense plus tard”. 

En clair, “Sois sage et tu auras une récompense… un jour.”

 

La castration moderne

Dans la spirale dynamique, chaque niveau de conscience se développe suite aux limites rencontrées au niveau précédent.

 

Très souvent, un niveau se développe en résistance au niveau précédent, à l’image du mécanisme de défense de la formation réactionnelle du type 1 de l’ennéagramme qui incarne ses idéaux et se construit contre l’objet de sa colère.

 

L’école est une institution caractéristique de Bleu, qui sacrifie les ressentis, les pulsions, les élans et les envies de Rouge.

Le thème de Rouge est “Exprimer le soi sans culpabilité pour satisfaire immédiatement ses impulsions”.

Dans notre société, on assiste à une castration de l’individu et très souvent une répression de Rouge, on le fait culpabiliser, on lui demande d’expier ses péchés, on le punit à coup de bâton.

 

D’ailleurs, les individus centrés en Rouge (dans les quartiers chauds des grandes villes par exemple) sont stigmatisés et rejetés par la société.

On ne tolère pas leur colère, leur agressivité, leur violence.

 

Là est tout le problème : quand un enfant développe son Rouge dans la petite enfance vers 2 ans (le fameux stade du “Non”), si les parents ne sont pas eux-mêmes à l’aise avec leurs émotions, leur assertivité, ne sont pas assez ancrés dans leur être… Ils vont envoyer des tas d’injonctions à leur gamin pour qu’il se coupe de lui-même et vont le castrer sans s’en rendre compte, avec les meilleurs intentions du monde.

Parce qu’ils ne connaissent pas.
Parce qu’on leur a interdit à eux aussi dans leur enfance.
Parce qu’ils ne sont pas à l’aise avec ce niveau de conscience.
Parce qu’ils n’ont pas les ressources pour faire autrement.

 

Comme l’enfant a un besoin (non négociable) d’amour, il va introjecter les injonctions de ses parents et se couper de lui-même : il sacrifie l’expression de son soi au présent.

 

On habitue l’enfant à être dans l’espoir d’un futur meilleur, dans une attente permanente, ce qui en fait des individus qui se sacrifient au présent.

 

Je ne sais pas ce que je veux

Ainsi, aujourd’hui, beaucoup d’individus réalisent à un moment de leur vie, à 30, 40 ans ou bien plus tard, que leur existence ne les satisfait pas.

C’est le retour du refoulé.

Alors ils vont dans des séminaires, lisent des livres de développement personnel… C’est une tentative inconsciente de nourrir ce qui n’a pas été terminé lors de la petite enfance et donc de le guérir.

Dans cette société d’élevage dominée par Orange, selon notre degré de domestication, nous sommes plus ou moins coupés de nos ressentis, complètement inhibés.

Certains savent ce qu’ils veulent mais ont peur d’y aller, peur de quitter le salariat et créer leur activité, peur de déménager, peur de foncer vers leurs aspirations profondes, peur d’exprimer vraiment qui ils sont.

D’autres savent que quelque chose cloche mais ils ne savent pas ce qu’ils veulent, ils se sont coupés de leurs ressentis (avec une transe de dissociation ou d’anesthésie, par exemple) pour se protéger et ils sont complètement perdus.

Toutes nos réponses sont à l’intérieur, en permanence, sous forme d’instinct, d’émotion, d’intuition…

Encore faut-il les écouter et leur accorder de l’attention (au lieu de vouloir gérer et contrôler notre intérieur)

Retrouver son instinct

Comme pour tout ce que l’on veut voir grandir dans la vie, il y a besoin de soin, d’attention et de patieeeeence.

Une graine que l’on va arroser, ensoleiller, va pousser et donner une plante majestueuse.

Un enfant que l’on va aimer, soutenir, pousser à explorer, va devenir un adulte ancré, qui sait ce qu’il veut et exprimer qui il est.

 

Quelle que soit l’enfance qu’on a eu, il n’est jamais trop tard pour terminer notre développement.

Souvent ça passe par revenir à notre instinct et à nos émotions en accordant du crédit à ce qui se passe à l’intérieur de nous, à le légitimer SANS RAISON !

Nous avons tous introjecté nos figures parentales (l’analyse transactionnelle décrit bien ça, avec le parent, l’adulte et l’enfant à l’intérieur de nous).

 

Notre papa intérieur va souvent perpétuer les mêmes injonctions qu’on a entendu petit :

“Ne sois pas triste”, “sois gentil”, “fais plaisir”, “fais des efforts”, “sois fort”, “finis ton assiette”…

Ces injonctions sont des messages d’interdiction où on ne va pas écouter nos ressentis, avec le même schéma de “si je m’écoute, ne risque de ne pas être aimé.”

Toute la clé est d’aller écouter, voir, VRAIMENT, ce qu’on ressent, ce qui nous anime, ce qui nous ennuie.

 

S’autoriser à ressentir, s’autoriser à exprimer.

À force d’y revenir encore et encore, on réintègre cette partie de nous et on termine le processus d’individuation, faisant de nous un être “unifié”.

Je ne te cache pas que ce processus est complexe à faire seul dans son coin, d’autant que nous sommes aveugles à notre fonctionnement automatique avec des transes hypnotiques très profondes.

Un bilan de personnalité aide à faire un état des lieux pour dégrossir et comprendre en profondeur comment on fonctionne et quelles sont les barrières qu’on a installé pour se protéger.