Comment se libérer de la culpabilité, ce fardeau ?

Depuis enfant, on nous assène des règles, des interdits, qu’il ne faut pas transgresser au risque d’être puni.

Ce mode d’éducation basé sur la carotte et le bâton est très ancré dans notre psychisme et conditionne nos pensées et émotions.

La culpabilité peut t’empêcher de vivre ta vie en te mettant une pression incroyable sur les épaules.

Dans cet article, explorons ensemble :

– Les différentes formes de la culpabilité

– D’où vient la culpabilité (tu vas être surpris)

– Ce qui se cache derrière la culpabilité

– Comment se libérer de la culpabilité

Si ça te tente, plongeons au cœur de ce sujet passionnant qu’est la culpabilité.

Différentes formes de la culpabilité

Depuis des années, j’ai observé chez moi la croyance que je dois être utile au monde, apporter ma pierre à l’édifice.

Cela me pousse à faire, à produire… Et à me culpabiliser quand je ne suis pas productif, quand je prends du temps pour moi.

Voilà un premier type de culpabilité : ne pas être et/ou faire assez. Ne pas assez travailler, ne pas être à la hauteur de ses idéaux, ne pas être digne de confiance…

Il existe d’autres façons de vivre la culpabilité :

– Culpabilité de prendre du plaisir, d’être heureux, de prendre sa place (pendant que d’autres souffrent)

– Culpabilité de ne pas être “pur” : avoir des défauts, avoir des pulsions/des désirs inavouables, avoir des zones d’ombre

– Culpabilité d’avoir de l’argent, de réussir, d’être “chanceux” (vivre en France, avoir un toit, de la bouffe…), par rapport à ceux qui n’en ont pas

– Culpabilité d’avoir fait/pensé/dit quelque chose : mensonge, tromperie, violence, méchanceté, critique, menace, victimisation…

– Culpabilité d’être sorti de ses gonds et que la parole ait dépassé la pensée.

– Culpabilité liée à un événement marquant : divorce des parents, avortement d’un enfant, violé

Derrière le sentiment de culpabilité, on retrouve toujours une trame du type : 

Je devrais être/faire/avoir ceci et ça n’est pas le cas.

Les conséquences négatives sont nombreuses : 

Le sentiment de culpabilité est extrêmement toxique car il engendre du stress, peut démoraliser et complètement t’empêcher de profiter de la vie.

Le sentiment de culpabilité est toxique au point de même amener à la dépression, en tournant en boucle dans ta tête, avec sa dose de “tu aurais dû” et de “si seulement tu”.

Bref, la culpabilité est comme une chape de plomb qui t’empêche d’exprimer pleinement ton identité, pouvant aller jusqu’à t’excuser d’être en vie… Le prix à payer est immense.

L’origine de la culpabilité : d’où ça vient ?

Culpabilité vient du latin “culpa” : la faute.

Selon le dictionnaire, la faute est un manquement à la règle morale, à une prescription religieuse.

Intéressant ! 

Nous pouvons en tirer un enseignement précieux :

La culpabilité issue est issue d’une construction mentale idéologique, comme pour la honte.

C’est un sentiment qui découle de l’idée de déviance.

La morale est crée par les humains de toutes pièces, elle n’existe pas dans la nature. 

Le lion mange la gazelle, personne ne met le lion en prison.

Le phoque mange ses congénères, il n’est pas jugé dans un tribunal.

L’humain a créé la morale, les règles, les lois, ex nihilo.

Dans quel but ?

Il faut nous remettre dans le contexte pour en comprendre l’origine.

Il y a plusieurs milliers d’années, nous étions au temps des empires.

Empire romain, empire maya, empire carthaginois… 

La hiérarchie était sommaire : c’est la loi du plus fort.

Le plus fort est au pouvoir et il cherche à étendre son influence grâce à la violence pour montrer sa puissance.

Tuer par derrière, trahir l’empereur, c’était un grand classique.

(L’humanité évolue par étape.)

Pour contenir les pulsions inhérentes à l’expression du Soi, l’humain a commencé à mettre de l’ordre via un cadre, une norme, franchissant une nouvelle étape d’évolution.

Pour ce faire, a été créée une Vérité Unique qui ralliait tout ceux qui y croyaient, de sorte à contrôler la vie des individus.

(les pires atrocités ont été commises au nom de cette Vérité Unique au passage, tout comme d’incroyables constructions)

Cette Vérité Unique prend la forme d’un récit commun : Dieu, France, Amazon,…

La notion de bien/mal, de niveau hiérarchique (très visible à l’école, à l’armée, à l’église), de lois, de règles, de dogmes, vient de l’émergence de ce niveau de conscience.

(En Spirale Dynamique, il s’agit d’une transition Rouge-Bleu).

Toute transgression de cette Vérité Unique est une faute. La personne concernée en ressent une forte culpabilité, afin de revenir dans le droit chemin.

La culpabilité est ainsi reliée à la morale, elle fait référence à une règle absolue qui nous échappe.

Voilà l’origine.

Cette norme est introjectée par les individus sous forme d’un juge intérieur qui s’assure que tu ne sors pas de ladite norme.

Se sentir coupable permet de fédérer des névrosés et faire société.

La culpabilité n’est donc pas inhérente à l’être humain (car n’existe pas chez tous les humains), c’est un sentiment qui découle d’un concept mental dépendant de la culture.

Par exemple, au Malawi, il est normal de coucher avec les petits filles car ça fait partie de leur éducation sexuelle, les individus qui s’en chargent ne vivent aucune culpabilité puisque c’est inclus dans le narratif local. (Ca n’empêche pas de créer des traumas profonds).

Le but de la morale est simple : calmer les pulsions, l’élan de vie, pour plus de paix collective et éviter de tuer quelqu’un car il t’a regardé de travers.

La sentence suprême permet de contrôler les individus par la peur grâce à la culpabilité, par un système de punition/récompense (el famoso bâton/carotte).

C’est très visible dans la société moderne :

– à l’école : notes, avertissements, punitions… 

– les lois : confinements, limitations de vitesse, amendes, prisons…

Attention, il n’y a rien ou de mal là-dedans, je ne fais que décrire comment ça marche.

Simplement, une société dominée par le sentiment de culpabilité engendre des individus inhibés, contenus, coupés de leur identité profonde, qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes toute leur vie. Tu réalises le prix à payer ?

Ce qui se cache derrière la culpabilité

Tu as maintenant conscience d’où vient la culpabilité : c’est une création sociétale qui a permis de mettre de l’ordre dans le chaos.

(au prix d’un couperet au-dessus de la tête en permanence)

Le sujet de la culpabilité est beaucoup plus profond qu’il n’y paraît.

En réalité, il y a un enfant fautif qui se sent coupable en chacun de nous, qui a peur d’être grondé, puni, dès qu’il a l’impression de faire quelque chose de travers.

Pour comprendre un schéma dans notre vie, remontons à l’enfance : 

Comment se comportaient tes parents avec toi ? 

Pour quelle raison tes parents te réprimandaient-ils ?

Qu’est-ce qui n’était pas toléré dans ta famille ?

Quelles ont été les croyances transmises par tes parents ?

Tu vas vite constater que ce que tu t’interdis aujourd’hui, ce que tu juges de toi, est probablement ce qui n’était pas accepté dans ta famille.

Comme l’enfant est une éponge et qu’il introjecte ses parents à l’intérieur de lui (transformant ses parents extérieurs en des parents intérieurs), il garde ce schéma toute sa vie s’il n’a pas mis de conscience dessus.

Voilà pourquoi toutes les injonctions du type “sois parfait”, “fais des efforts”, “sois fort”, “fais plaisir” et “dépêche-toi”, nous suivent tout au long de la vie.

Il y a un “surmoi”, un juge intérieur qui veille au grain.

Il est intéressant de constater que ces normes sociétales sont à l’intérieur de toi avant tout : ce sentiment de culpabilité que tu ressens est entre toi et toi.

Ca n’a rien à voir avec les autres mais tout à voir avec ce que tu projettes dans le regard des autres !

Tu peux alors te demander : 

Quel genre de parent es-tu pour ton enfant intérieur ?

Vu que tu as modélisé tes parents sans t’en rendre compte, tu répliques toute ta vie ce même schéma.

Le degré de culpabilité que tu ressens est proportionnel au manque d’amour pour toi.

Quand tu t’aimes, tu t’autorises à être comme tu es.

Quand tu ne t’aimes pas, tu passes ton temps à courir après un “toi idéal” que tu ne seras jamais et tu te juges de ne pas l’être, tu te culpabilises. Ca génère beaucoup de blocages émotionnels.

Evidemment la réalité n’étant pas noire ou blanche, c’est un continuum amour-non amour.

Egalement, il y a des parties de toi faciles à aimer (celles qui te mettent en valeur, celles que tu connais, celles qui sont socialement acceptables) et des parties de toi plus difficiles à aimer (tes zones d’ombre, tes pulsions, celles qui ne sont pas socialement acceptables).

Qui ne s’est jamais senti coupable d’avoir certaines pensées ?

Derrière toute culpabilité, il y a cette peur de déplaire, d’être une mauvaise personne, de ne pas être aimé pour qui on est.

Il y a une peur de vivre tel que tu es, d’exprimer le “soi” pleinement et totalement, en laissant épanouir toutes les parties de toi.

Facile à dire… Que faire quand la culpabilité plane au-dessus de ta tête ?

Comment se libérer de ce sentiment d’être coupable ?

Voyons cela maintenant.

Comment se libérer de la culpabilité

Avant de chercher des techniques de développement personnel pour gagner en estime de soi ou autre connerie, commençons par la base :

1ère étape : Prendre conscience de “l’enfant coupable” en toi : regarde ce qui te fait culpabiliser et constate l’émotion que ça te fait ressentir dessous. 

Peur ? Tristesse ? Colère ?

Il s’agit d’apprendre à retourner en soi et sentir l’émotion, ce qu’on a tendance à éviter (la difficulté avec les émotions trouve aussi son origine avec ce sacrifice du soi inhérent au niveau d’existence BLEU).

On l’a dit : le sentiment de culpabilité existe en référence à une norme absolue et il peut vraiment te pourrir la vie, c’est toxique quand ça tourne en boucle.

Alors quel absolu se cache derrière ta culpabilité ?

Les réponses vont t’aider à mieux te connaître car ce qui te fait culpabiliser parle de toi.

Une fois que tu en as fait le constat, il est temps de regarder à quel point c’est juste une norme, installée dans ton esprit depuis tellement longtemps, que tu n’as jamais pris le temps de remettre en question car tu étais bien trop jeune.

(tout comme la plupart des gens ne remettent jamais en question leur façon de manger, de déféquer ou de respirer)

L’invitation est de prendre du recul sur cette norme absolue et de voir ce que TOI tu en penses quand tu te connectes à tes tripes.

Par exemple, tu culpabilises dès que tu commences à être visible, à te faire remarquer ou à être expressif avec tes émotions.

En fond, il y a un dogme du type “il ne faut pas se faire remarquer” ou “reste discret”.

Tu peux t’amuser à questionner ce dogme : 

Ah bon ? Qui le dit ?

Pourquoi ne faut-il pas se faire remarquer ?

Et si je faisais le contraire, que se passerait-il ?

Selon quelle loi divine est-ce mal ?

Qu’est-ce que moi j’en pense de tout cela ?

Très vite, tu peux déconstruire tout dogme et voir le point de vue opposé… Puisque la morale est juste un mythe humain.

(tu vas déchanter quand tu vas commencer à déconstruire tous les mythes sociétaux)

Dans certaines sociétés tribales, ça fait partie des coutumes de violer une fille. Dans notre société moderne, c’est extrêmement choquant et passible de prison et de bannissement.

Voilà pour la phase mentale, seulement ça ne suffit pas.

2ème étape : il y a une phase émotionnelle nécessaire pour se libérer vraiment de cette culpabilité.

Au fond, la culpabilité est une opportunité de te rencontrer et d’aller au-delà du sujet de surface : 

Connecte-toi à la part de toi qui se sent coupable.

Dans cette situation, de quoi te sens-tu coupable exactement ?

Comment te sens-tu à cet endroit-là ?

De quoi as-tu peur ? 

Quels besoins ne sont pas nourris ?

Une fois que tu as déconstruis la culpabilité , il n’y a plus de faute (car tu as compris que les absolus c’est du vent quelque part), tu réalises qu’en dessous il y a des besoins et des émotions.

Intéresse-toi à cet enfant fautif qui croit qu’il a fait quelque chose de mal : il a juste besoin d’un gros câlin, particulièrement si le sujet est sensible.

A chaque étape, il y a vraiment besoin d’amour et de compassion, sous peine de retomber dans du jugement et de la haine de soi.

Avant de finir cet article, nous allons appuyer le propos avec l’histoire d’un pédophile. (tu peux déjà notifier ce que tu sens dans ton corps en ayant lu ce mot)

Le fléau du pédophile

Récemment, je discutais avec un ami thérapeute qui avait rencontré un pédophile.

(tu peux aussi notifier comme on placarde ce mot comme une étiquette : d’un coup tout l’humain se résume à ça, il devient une bête sanguinaire sans valeurs ni émotions. Le déshumaniser permet de ne pas avoir à s’y connecter émotionnellement au risque d’avoir de l’empathie, mais c’est une autre histoire.)

Il me disait qu’il était surpris que cet homme soit “normal” au sens qu’il n’ait pas eu de trauma particulier.

Cela voudrait dire que, dans son cas, la pédophilie n’est pas pathologique, elle serait un simple fonctionnement, comme quelqu’un adore le steak et un autre est végétarien car la viande le dégoûte. 

(tu sens venir le tabou de société ?)

Et si la pédophilie était une préférence sexuelle “naturelle” (faisant partie des stratégies de la Nature) comme l’est l’hétérosexualité, l’homosexualité ou la gérontophilie ?

Cela peut choquer et en même temps on en a aucune idée, on place ça volontiers en troubles psychiatriques pour ne pas avoir à imaginer cette possibilité.

Que ce soit le cas ou non, certaines préférences sont socialement acceptables, d’autres moins et d’autres PAS DU TOUT !

Sujet sensible, oui.

Mais pourquoi je te parle de ça ?

Des humains qui ressentent ce type d’attirance sexuelle (pédophilie) peuvent ressentir une immense culpabilité dans une société où ce n’est pas acceptable (c’est le moins qu’on puisse dire).

Ils doivent se contenir toute leur vie pour ne jamais passer à l’acte et, s’ils le font, ils risquent très fort de finir leurs jours au trou. 

Sous le joug de cette culpabilité, ils peuvent tomber en dépression voire mettre fin à leurs jours.

Tu peux regarder le film Nymphomaniac (volume 2) pour creuser ce sujet si ça t’intéresse.

Cet exemple est extrême mais il illustre une chose : 

Il est absolument nécessaire de développer de l’empathie pour les parties de toi que tu n’aimes pas (en grande partie car pas OK socialement) :

La partie de toi qui veut juste glander et rien faire de sa vie.

La partie de toi qui ment, qui trompe, qui est violente.

La partie de toi qui est mesquine et veut se venger.

La partie de toi qui s’en fout des autres et profiter de sa vie.

La partie de toi qui pense énormément et se fait plein de scénarios.

L’idée n’est pas d’exprimer le Soi sans altérité et refaire comme Attila le Hun.

Je te propose simplement de reconnaître et accepter qu’il y a aussi un Hitler ou un Dark Vador en toi. 

Et l’aimer aussi.

Car tant que tu ne le fais pas, tu vas lutter contre ces parties de toi, elles vont s’exprimer de façon incontrôlable (style retour du refoulé), et tu passeras ta vie à t’excuser de vivre et te sacrifier sur l’autel de dogmes sociétaux.

La plus grosse peur qu’il y a derrière le fait de lâcher la bride du juge intérieur est la même qui incite les parents à brimer leurs enfants ou à les mettre dans une école classique : la peur du non contrôle, de ce qui pourrait se passer.

Ecouter et aimer toutes les parties de toi ne veut pas dire que tu vas devenir une personne violente, manipulatrice et esclavagiste.

Tu vas juste compléter le processus d’individuation de Jung et être un individu droit et digne qui assume qui il est et qui ne s’excuse pas d’exister.

À bien y regarder, la culpabilité ne fait pas de toi une personne plus intègre et plus agréable, c’est une laisse que tu as le droit d’enlever.

Pour démarrer ce processus d’individuation, tu peux réserver un bilan de personnalité.

Ressources pour aller plus loin

Il existe de nombreux livres pour se libérer du sentiment de culpabilité.

Un auteur est particulièrement connu : Windy Dryden avec son livre “se libérer de sa culpabilité”.

Ne connaissant pas, je ne te recommande pas particulièrement.
Je te recommande plus chaudement le livre de Richard Schwartz sur le “internal family system” (IFS) plutôt que celui de Windy Dryden.

En effet, l’IFS est un modèle système qui te permet d’aller beaucoup plus loin qu’un travail de développement personnel basique sur les croyances et les émotions : cela te permet de dialoguer avec les différentes parts de toi et d’apprendre à communiquer avec “l’enfant coupable” à l’origine de ce que tu vis.

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