Combien de fois me suis-je demandé : “Comment arrêter de procrastiner ?”
Tellement de fois… tant c’était une problématique pour moi de repousser mes tâches, mes actions, mes objectifs.
Et toi ? Commences-tu ta journée par des distractions ?
As-tu du mal à te mettre en action pour avancer sur ton projet et réaliser tes objectifs, ce qui cause stress et anxiété ?
Penses-tu être un procrastinateur qui remet tout au lendemain ?
Moi aussi, j’en avais marre de procrastiner sur la comptabilité, les démarches administratives, le tournage des vidéos, le sport… Tous mes objectifs en pâtissaient.
Plus jeune dans ma vie j’étais professionnel pour traîner sur YouTube, lire, regarder mes mails et me laisser aller au “plaisir” facile et aux distractions au lieu d’avancer sur mon travail, ce qui me rendait frustré en fin de journée.
Maître en matière de procrastination, j’ai trouvé énormément de conseils, de techniques pour m’en libérer qui ne fonctionnaient pas, jusqu’au jour j’ai fait une découverte qui a tout changé pour moi et m’a fait changé de niveau de conscience.
Dans cet article, tu vas découvrir ce que tu n’as peut-être jamais entendu sur la procrastination et qui va vraiment te sauver la mise si tu penses que tu est un incorrigible procrastinateur.
C’est quoi la procrastination ?
Procrastination vient du latin “pro” = en avant et “crastinus” = demain.
Définition : la procrastination consiste à remettre une tâche, une action, un projet, un objectif au lendemain.
Certains enferment dans une étiquette de “procrastinateur” toute personne qui a tendance à remettre une tâche ou une action au lendemain (attention, l’étiquetage est dangereux car il fige la réalité)
La procrastination peut concerner toutes les tâches imaginables :
– Rendre un rapport pour le travail
– Accomplir un objectif
– Poser ses dates de congés
– Partir en voyage
– Quitter son job
– Faire sa comptabilité
– Ecrire des articles
– Envoyer un courrier
– Avoir une discussion importante
– Lancer un projet
– Faire n’importe quelle tâche de la todo liste
La plupart des gens y voient un manque de confiance en soi, une fainéantise, un problème de motivation, un autosabotage ou carrément une pathologie lorsque c’est chronique.
Ils cherchent alors des conseils, des astuces, une méthode, pour sortir de l’inertie et enfin se mettre en action.
Dans cet article j’aimerais remettre les pendules à l’heure, car la procrastination n’est absolument pas tout ce que je viens de décrire.
Cela est d’autant plus important que la procrastination fait partie des blocages qui engendrent beaucoup de pression, d’injonctions, de culpabilité… Ce qui sape encore plus l’amour, la confiance et l’estime de soi.
On renforce un amour de soi conditionnel : “je m’aime si je fais ceci ou cela”
Ce qui se cache derrière la procrastination…

Qu’y a-t-il derrière la procrastination ?
A vrai dire, pas grand chose.
Nous avons posé un mot pour simplifier une réalité bien plus complexe, comme pour l’auto-sabotage ou de syndrome de l’imposteur.
Procrastination est un terme fourre-tout qui définit quelque chose par son absence puisque la procrastination définit une non-action.
Il y a d’un côté la réalité factuelle, formulée par la négative : “Je n’ai pas tourné ma vidéo”. Tout comme j’aurais pu dire “je n’ai pas voyagé en Alaska” ou “je n’ai pas fait de formation d’architecte”. Décrire ce qui n’est pas est absurde, ça peut aller loin.
D’un autre côté, j’ai un avis sur cette réalité “J’aurais dû tourner ma vidéo, je n’y arrive pas, c’est trop dur”…
Si j’enlève l’opinion que j’ai sur la réalité, il n’y a plus de procrastination mais simplement un constat factuel de “je n’ai pas fait”.
Il ne s’agit pas que d’un pinaillage sémantique.
En quoi est-ce un problème de ne pas faire quelque chose ? Agis-tu de la sorte avec tes émotions et tes pensées ?
“Je n’ai pas ressenti de tristesse” ou “je n’ai pas pensé au sujet de ma prochaine vidéo”. Tu commences à voir l’absurde de la situation ?
Regarde à quel point tu étiquettes la procrastination comme un problème et que tu cherches à le résoudre.
Sinon, qu’est-ce que tu ferais sur cet article ?
Tu as une idée en tête (faire quelque chose que tu ne fais pas) et, ce faisant, tu luttes contre la réalité (puisque la réalité c’est que tu ne fais pas).
Tu aimerais qu’il en soit autrement. C’est bien normal quand tu vis une réalité désagréable, surtout si tu paies le prix de cette procrastination (stress, anxiété, émotions désagréables, perte d’énergie et de motivation, perte d’estime et de confiance…)
Si tu repousses une tâche qui t’est confiée au travail ou que tu es entrepreneur et que tu repousses tes propres tâches inhérentes au développement de ton activité.
Idem si tu reçois des majorations liées à ton retard dans tes déclarations URSSAF et autres joyeusetés.
Le paradoxe est que tu luttes contre la réalité et malgré tous tes efforts, rien ne change.
Tu continues de procrastiner, alors même que tu as testé des tas de conseils :
– La règle des 5 secondes
– La todo liste
– L’utilisation d’un agenda
– Regarder des vidéos de motivation
– Bloquer les applications distrayantes
– La méthode pomodoro
– L’hypnose et autres approches interventionnistes
Tu as testé méthode sur méthode et ça ne change rien à la situation ?
Tu continues de procrastiner tes tâches en trouvant toujours quelque chose d’autre à faire ?
Et tu finis ta journée toujours frustré de ne pas avoir avancé sur ton travail et sur les tâches importantes ?
Ce fut aussi mon cas pendant tellement d’années, à procrastiner sans cesse…
Allant même à procrastiner mon propre réveil et mettre jusqu’à 8 réveils, restant des minutes entières dans mon lit sans arriver à me lever pour démarrer ma journée…
Jusqu’à ce que j’aille voir derrière le miroir.
Et si, pour cette fois on allait creuser un peu ?
Et si on essayait autre chose ?
Comme disait tonton Albert “On ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de conscience qui l’a créé”.
Car derrière tout comportement, il y a une source…
Procrastination ou manque de motivation ?

Très souvent quand je discute avec quelqu’un et qu’il m’explique à quel point il subit la procrastination, qu’il remet tout au lendemain… Il croit qu’il a un ADN de procrastinateur.
(Beaucoup de gens culpabilisent de cette procrastination, pensent “gâcher leur vie”, de galérer avec le passage à l’action et l’atteinte d’objectif, ils pensent que remettre au lendemain est un problème grave à résoudre. Ils détruisent leur santé autant que leur estime personnelle).
Avant toute chose, attention à l’étiquetage de procrastinateur.
Fais attention car il est très vite arrivé de s’enfermer dans une identité sclérosée qui va conditionner tes croyances et tes comportements à venir.
Quel que soit ce que tu remets au lendemain, ce que j’entends derrière c’est “j’ai pas envie”.
Autrement dit, il n’y a pas ou peu d’accélérateur et surtout un frein à main bien serré.
C’est quoi, ce frein à main ?
Simplement une résistance saine et protectrice pour ne pas aller là où ce n’est pas épanouissant.
Très souvent derrière le terme procrastination se cache une absence de motivation non assumée.
Par exemple :
“Il faudrait que je fasse du sport pour ma santé mais je procrastine.”
“Je dois tourner des vidéos mais je procrastine.”
“Il faut que j’écrire des articles pour mon travail mais je procrastine.”
C’est fréquemment associé à un idéal du moi qui devrait être une bien meilleure version de moi-même que qui je suis.

Ce qu’on peut lire entre les lignes ici c’est :
“Je n’ai pas envie de faire et je ne l’accepte pas.”
Tu te juges de ne pas avoir envie de faire quelque chose en étant dans une injonction à faire.
Voilà un cocktail qui provoque de la culpabilité car il sous-entend qu’il y a une norme consistant à “faire”, qu’il “faut” de la motivation et que dans la réalité tu ne respectes pas cette norme.
Tu sais quoi ?
T’as le droit de pas avoir envie et de ne pas faire !!!
T’as pas envie de faire de sport ? Ne fais pas de sport.
T’as pas envie de faire des vidéos ? N’en fais pas.
T’as pas envie d’écrire ? N’écris pas.
Pourquoi vouloir te traiter comme une machine à agir ?
Attention au paradigme productiviste de cette société qui mène aisément au burnout et à la dégradation de la santé psychique comme physique.
Si tu commences à écouter tes besoins, ton corps, tu vas commencer à sentir au fond : “Non en fait, j’ai pas envie de ça.”
L’ennéagramme peut beaucoup t’y aider.
D’ailleurs, il est normal de ne pas avoir envie de quelque chose quand c’est mû par des injonctions et des obligations extérieures à soi.
Tu aimes qu’on t’ordonne de faire quelque chose, toi ?
Moi pas.
Ce type de procrastination est particulièrement visible avec la lecture, le sport ou la méditation :
“Il faudrait que je médite/lise/fasse plus de sport pour que je devienne la meilleure version de moi-même, en meilleure santé, une énergie au top et une confiance exceptionnelle.”
C’est vécu comme une injonction déconnectée de ton ressenti.
En réalité ça veut dire :
“J’entends partout que c’est plein de bénéfices donc j’aimerais bien avoir la motivation pour m’y contraindre mais au fond je n’ai pas envie.”
Se traiter comme une machine pour devenir une “meilleure version” ? N’y a-t-il pas anguille sous roche ?
Tu comprends bien que quand ça ne résonne pas au fond de toi, la résistance apparaît comme quelque chose de salutaire.
C’est une saine protection. Attention à ne pas traiter cette résistance comme un problème.
S’il n’y a pas l’élan pour faire une action, elle ne doit pas être faite.
Point.
Il est normal que là où il n’y a aucun plaisir, tu n’y ailles pas.
Quid des actions que tu “dois” faire, comme la déclaration d’impôts ?
Eh bien tu ne “dois” rien justement !
Oui, il peut y avoir des conséquences. Seulement je t’invite à voir à quel point tu es libre de faire ou ne pas faire.
Ça te donne une liberté intérieure immense, tu n’es plus contraint.
Bien sûr, si tu ne fais pas quelque chose d’obligatoire en lien avec une autorité extérieure qui a le pouvoir de te nuire, tu peux t’exposer à un retour de bâton.
Tu peux alors trouver des raisons pour te mettre en mouvement, motivé par un élan d’être tranquille, serein… Et non par une injonction du type “il faut absolument que je le fasse” qui va nécessairement générer de la résistance et une aversion à la tâche en question.
La posture intérieure change tout.
Garde à l’esprit que tu n’es absolument obligé de rien dans la vie.
Si tu as un business, il n’y a aucune obligation à prospecter, faire des vidéos ou écrire des livres…
La clé se situe plutôt dans la loi du moindre effort, où c’est fluide et naturel pour toi car connecté à tes talents naturels (liés à ton type de personnalité).
Quand tu te concentres sur le plaisir pour avancer sur ton projet, les actions se font toutes seules, tu n’as plus besoin de shoot de motivation.
L’action n’est plus une tâche à accomplir comme élément d’une todo liste, mais la conséquence logique de ton état d’être.
(attention, l’action n’est pas toujours présente, il n’y a pas une “quantité normale” d’actions à accomplir dans une journée)
Tu vis ta vie comme bon te semble et personne n’a à te dire ce que tu dois faire.
Bien sûr, cette liberté peut faire peur, d’autant que si tu décides de ne pas jouer le jeu de certaines institutions, tu peux en effet te faire taper sur les doigts.
A toi de sentir dans ton être si tu es prêt à payer ce prix ou non.
Et si j’ai vraiment envie et que je continue de procrastiner ?

“Ok Fabien, mais moi j’ai vraiment envie d’avancer sur un projet et je continue à remettre mes tâches au lendemain !”
Nous avons évoqué la procrastination où l’accélérateur est absent et tu as réalisé que ce n’est pas un problème en soi, que c’est le révélateur d’un manque de motivation.
Il y a un autre cas de figure où tu as vraiment envie de faire quelque chose et tu n’y arrives pas.
Quelques exemples :
“J’aimerais tellement quitter mon travail mais je procrastine.”
“Ça fait des années que je veux déménager mais je procrastine.”
“J’ai très envie d’écrire un livre mais je procrastine.”
Là, on sent bien qu’il y a une envie, un mouvement de quelque chose.
Et qu’il y a une résistance qui va dans le sens contraire.
Ce qui nous intéresse ici, c’est encore une fois cette résistance, ce frein à main.
Cette résistance est toujours là à ton service et dans ce cas, elle notifie un simple fait :
Il y a un enjeu fort pour toi.
Dans bien des cas, cette résistance met en lumière des peurs.
Il s’agit d’allumer le phare pour débusquer ce qui se cache derrière, tapi dans l’ombre.
Ça pourrait ressembler à :
“J’aimerais tellement quitter mon travail, seulement j’ai vraiment peur de me lancer à mon compte et de manquer d’argent.”
“Ça fait des années que je veux déménager, seulement j’ai peur de m’éloigner de mon cercle d’amis proches.”
“J’ai très envie d’écrire un livre, seulement je suis terrifié que des critiques m’humilient sur la place publique.”
Dans ces situations, il y a un accélérateur fort et un frein tout aussi fort, d’où l’immobilité appelée “procrastination”.
La clé pour se libérer de la procrastination

Que ce soit :
– un manque d’accélérateur avec une aversion à faire une action
– un frein à main très serré avec une peur très forte d’y aller (même si la motivation est grande)
Dans les deux cas, la clé est la reconnaissance inconditionnelle de la réalité.
C’est tellement simple que c’en est déconcertant. (comme la méditation)
La plupart des gens (dont moi) ont besoin de passer par tout un tas de “comment”, de méthodes diverses et variées pour “éradiquer la procrastination” jusqu’à réaliser que ça ne marche pas…
Et que la solution est dans l’Être, pas dans le Faire.
Dans l’Être, il n’y a ni outil ni pratique, il y a la simple reconnaissance de ce qui est et t’accueillir là-dedans :
“Je n’ai pas envie de faire ma paperasse.”
“J’ai très envie d’écrire mais ça me fait terriblement peur.”
L’invitation est de passer de la phase mentale de compréhension à la phase émotionnelle pour ressentir les émotions présentes quand on fait ce constat d’échec.
Beaucoup de gens croient que les émotions doivent être exprimées. Eh bien pas nécessairement, elles doivent surtout être vécues.
Comme tout blocage, il y a une partie de toi qui a peur et qui ne demande qu’à être écoutée et aimée.
Faire le deuil de toutes ces tâches que je n’avais pas envie de réaliser fut une vraie libération pour moi.
Tout le stress et l’anxiété liés à la gestion du temps, la todo liste : envolé !
Depuis, je démarre ma journée sans réveil, je vis ma vie sans me mettre des contraintes ou des horaires, j’ai lâché l’idée d’une méthode pour devenir une “meilleure version de moi” (ce qui n’existe pas).
Bien sûr qu’il m’arrive de remettre au lendemain ma déclaration d’impôts. Mais elle finit toujours par être faite. Ce n’est plus un problème.
De fait, tu quittes le monde du fantasme où tu dois faire ceci ou faire cela et où tu es ton propre bourreau…
Pour entrer dans le monde de l’écoute intérieure où tu suis le courant et où tu prends tel que tu es à l’instant T…
Et alors, tu te mets en mouvement sans effort là où c’est vraiment important pour toi.
Comme un enfant qui ne se pose pas la question : quand il a envie de jouer avec ses playmobils, il joue avec ses playmobils… Quand il a envie de courir dans tous les sens, il court dans tous les sens… Et ainsi de suite.
C’est ce qui m’a aidé à écrire autant d’articles sans chercher une méthode extérieure, à simplement réaliser les actions importantes pour moi.
Cela demande beaucoup d’écoute du centre instinctif et du courage pour le suivre.
Ainsi, tu réalises que la procrastination n’existe pas, qu’il y a simplement un manque d’écoute… Et que tu commencer à fonctionner sur le plaisir, le travail disparaît.