Pour mieux communiquer, on cherche souvent des techniques, des mots précis, une gestuelle à adopter…
Même si ça peut marcher à court terme, le maquillage ne dupe personne.
Mieux communiquer s’inscrit avant tout dans une démarche de construction relationnelle à la manière d’un investissement : on investit du temps et de l’énergie dans un actif.
Que ce soit dans un groupe de travail, en famille, en entreprise, en équipe, avec un partenaire, dès que tu as un interlocuteur se pose la question de la communication.
Dans ces lignes, tu vas découvrir :
Comment créer des relations épanouissantes grâce à une communication authentique
2 modèles indispensables pour mieux communiquer avec ton interlocuteur
5 principes de base pour mieux communiquer avec quelqu’un
Mieux communiquer, pour quoi faire ?

Avant d’aller plus loin dans cet article, prends quelques instants pour te questionner :
Pourquoi désires-tu mieux communiquer ?
Crois-tu manquer de compétences en communication ? Qu’est-ce qui te fait penser ça ?
À quelle situation penses-tu ? À une personne en particulier ?
Quand tu veux résoudre un symptôme durablement, ça commence toujours par la phase de diagnostic pour comprendre la source et régler le problème de fond.
En répondant à ces questions, tu clarifies ton intention : c’est la base pour entrer en relation avec quelqu’un.
Ton intention est-elle de convaincre, atteindre un résultat particulier ? De vivre des relations authentiques et épanouissantes ?
Souvent, quand on désire mieux communiquer, c’est pour maximiser ce qu’on peut obtenir comme résultat au détriment de la qualité de la relation (même si en surface on donne des conseils et on rend service, en fond il peut y avoir un besoin de reconnaissance implicite).
Attention : il n’y a pas d’intention bonne ou mauvaise… Il s’agit juste d’être au clair avec ta démarche !
C’est d’autant plus important que les relations sont spontanément le lieu de multiples jeux psychologiques et scénarios répétitifs.
Par exemple avec notre partenaire de vie, s’invite la relation avec nos parents, de façon inconsciente : on revit sans cesse la même situation.
Partout autour de nous, en famille, au travail, entre amis, le triangle de Karpman (victime, persécuteur, sauveur) est facilement observable.
Les relations interpersonnelles cristallisent beaucoup de besoins, de projections et de mythes également.
Par exemple, la culture occidentale inculque, depuis des décennies, des valeurs judéo-chrétiennes au sein du couple et de la famille, du travail, via les films, les musiques, les dessins animés…
Pour faire preuve de discernement entre l’influence de ta culture et ce que à quoi tu aspires personnellement, il y a une étape fondamentale.
Etape 0 : se connaître

Se connaître est la base, en particulier pour vivre des relations plus conscientes et éviter de rejouer sans cesse les mêmes schémas répétitifs.
Tu sais, ces schémas où tu te vois faire mais tu ne comprends pas pourquoi, tu t’exclames “c’est plus fort que moi !”. C’est le signe que tu es coincé dans une boucle.
Dans une relation, si tu ne te connais pas, tu ne sais peut-être même pas ce que tu fais en relation avec cette personne, quelles sont tes émotions, quels sont tes besoins, quelles sont tes limites.
Autant dire que ça risque d’être un théâtre de manipulations inconscientes, de non dits et de messages implicites.
C’est ainsi que certains se réveillent à 50 ans et se demandent “mais qu’est-ce que je fais avec cette personne ? Je m’ennuie !”
On en revient à “connais-toi toi-même : le bon vieux Gnothi Seauton du temple d’Apollon à Delphes.
La connaissance de soi commence par voir en toi tel que tu es vraiment : ce que tu penses, ce que tu ressens, ce que tu fais et ce que tu dis.
C’est la réalité factuelle et pas l’idéal fantasmé.
Dans cette dynamique de connaissance de soi, l’ennéagramme figure parmi les modèles les plus pertinents que je connaisse.
Quand tu commences à te rencontrer vraiment, tu commences aussi à voir les endroits désagréables, ce qui n’arrange pas l’ego.
Ton psychisme te protège : tu ne verras pas ce que tu n’es pas prêt à voir de toi.
Là où c’est crucial, c’est qu’au plus tu te connais et tu nourris une intimité avec toi, au plus tu vas vivre des relations profondes et authentiques avec l’autre.
D’ailleurs, comme l’autre est un miroir, dès qu’il te renvoie ce que tu n’aimes pas chez toi, ton ego se défend car ce n’est pas tolérable d’accepter ça chez toi (les fameuses zones d’ombre chez Jung).
La démarche de la connaissance de soi mène logiquement à la connaissance de l’autre…
Cette démarche te demande de te questionner en profondeur sur ce que tu attends d’une relation, comment tu fonctionnes avec l’autre, les schémas que tu répètes.
Regarder ça avec lucidité est déjà un acte de bravoure et c’est un bon indicateur pour vivre de belles relations.
Ces briques de base sont primordiales pour mieux communiquer, bien avant la moindre technique.
La qualité de ta vie dépend de la qualité de tes relations

Dans notre vie, on croise la route de milliers de personnes, pour tout un tas de raisons : créer un couple, fonder une famille, simplement copuler, tisser une amitié, au travail, partager un trajet, échanger de la valeur, acheter des biens matériels, rire autour d’un verre, faire la conversation à ton voisin…
Autant dire que s’intéresser aux relations interpersonnelles, ça vaut le coup !
Sur Epanessence, deux modèles éclairent déjà à ce sujet :
1/ L’ennéagramme décrit différentes façons de fonctionner et d’interagir avec le monde chez les humains, avec 9 motivations principales derrière tous nos actes et paroles.
2/ La spirale dynamique nous montre qu’il existe de multiples niveaux d’existence où les priorités, la vision du monde, les valeurs, diffèrent grandement.
La qualité de nos relations conditionne en grande partie notre niveau de bien-être, notre santé… Comme ça a été prouvé par des études sur une très longue durée. Personne (sauf exception) ne peut vivre seul durablement en étant épanoui.
Avant d’aller plus loin, rappelons que la première et plus importante de TOUTES les relations est celle qu’on entretient avec soi-même.
Comment veux-tu apporter de l’amour à l’autre si tu ne t’aimes pas toi-même ? C’est le meilleur moyen d’être dans une relation névrotique.
La base de tout est l’amour de soi.
La relation est un système complexe, puisqu’il implique 2 individus, avec leur culture, leurs besoins, leurs envies, leurs valeurs, leur ennéatype, leur niveau de conscience, leur famille, leurs traumas, leurs névroses…
Tu imagines la difficulté d’être dans des relations réellement authentiques avec tout ce que cela implique ?
Comme dans tout système complexe, il n’est pas concevable d’agir sur un seul paramètre. Par exemple, changer le ton de ta voix ou ta posture ne va pas changer grand chose au scénario dans lequel tu es empêtré malgré toi.
La bonne nouvelle est qu’il y a beaucoup de points de vigilance que tu peux observer pour vivre des relations plus harmonieuses.
Maintenant, voyons comment concrètement comment mieux communiquer.
Mieux communiquer : 2 modèles et 5 clés
La communication interpersonnelle est un moyen d’augmenter les chances de vivre des relations plus authentiques, plus épanouissantes, plus harmonieuses… Avec moins de conflits, moins de jeux de pouvoir, moins de non dits.
Quand je parle “d’augmenter tes chances”, je parle bien de probabilités, car il n’y a aucune certitude dans les relations : tu ne contrôles pas l’autre, tu n’as pas de pouvoir sur lui.
Il s’agit bien de différencier ta responsabilité (ce qui dépend de toi, ce que tu dit, ce que tu fais) de la responsabilité de l’autre.
Sur Epanessence, tu vas découvrir 2 modèles éclairants sur les relations : l’analyse transactionnelle et la communication non violente.
Si, comme moi avant, tu as des a priori sur ces modèles, je t’invite à vider ta tasse afin d’avoir un regard neuf, car ces modèles mettent sur la table les éléments primordiaux de toute relation :
– Le cadre de référence, la posture, l’intention, la corde relationnelle
– Les émotions, les besoins, les envies, les limites, les demandes
– Les jeux de pouvoir, les scénarios de vie, le triangle de Karpman
Mieux communiquer avec la communication non violente (CNV)

La communication non violente ou CNV est un modèle clé pour mieux communiquer avec les autres popularisé par Marshall Rosenberg.
Il y a des années, lorsque je l’ai découvert, je l’ai trouvé rigide et sans saveur à cause de ces tournures de phrases robotisées :
“Robert, tu es arrivé à 10h40, je me suis senti vexé car j’ai besoin de respect. Es-tu d’accord d’arriver à l’heure la prochaine fois ?”
Ca peut faire rire mais certains s’expriment réellement ainsi !
J’avoue avoir jeté le bébé avec l’eau du bain car j’avais pris la CNV au premier degré.
Puis j’y suis revenu en ayant compris à un autre niveau qu’il s’agissait non pas d’une méthode protocolaire de communication mais d’un modèle dynamique favorisant des relations authentiques.
Il est facile de se cacher derrière la trame de la CNV pour continuer de critiquer l’autre et prendre le pouvoir sans assumer… Cela ne m’étonnerait pas que ce soit même l’usage principal qui est fait de cet outil.
Par exemple : “Madeleine, j’observe que tu me manques de respect dans cette discussion et j’ai besoin que tu arrêtes de me prendre pour une conne.”
La CNV se base avant tout sur l’intention (ce sur quoi insiste toute bonne formation en CNV)
Il y a des thèmes importants en CNV : OSBD, la girafe et le chacal, demande et exigence, expression des limites.
Aussi importants soient-ils, ils deviennent superflus dès que l’intention sous-jacente de se relier vraiment à l’autre est présente.
À la manière d’une béquille, la trame de la CNV est juste là pour se rassurer pendant l’apprentissage.
Toute conversation est l’occasion de t’entraîner à clarifier ton intention vis-à-vis de ton interlocuteur.
Note : Epanessence n’a pas pour but de se substituer à une formation CNV car le format ne s’y prête pas : vois-le comme l’introduction à une formation.
Mieux communiquer avec l'analyse transactionnelle

L’Analyse transactionnelle a été créée en 1958 par Eric Berne, psychiatre et psychanalyste.
L’analyse transactionnelle postule 3 états du moi (parent, adulte, enfant) et modélise autant la relation interpersonnelle qu’intrapersonnelle. Les relations sont appelées “transactions”.
Plusieurs thèmes sont connus : les états du moi, les scénarios de vie, les drivers, les jeux psychologiques, les signes de reconnaissance (stroke)…
C’est une approche beaucoup plus mentale qui permet d’appréhender les relations sous un prisme complémentaire à la CNV ou à l’ennéagramme.
Comme pour la CNV, toute conversation est aussi un terrain d’entraînement pour observer tes émotions et sentiments, les émotions de l’autre, sans pour autant perdre le fil de la discussion.
Ca peut aussi être n’importe quelle discussion dans un film, une série…
Une formation en analyse transactionnelle t’aidera à appliquer ce modèle à ton propre cas. Tout comme la CNV, vois ces articles comme l’introduction à une formation.
Dans tous les cas, une formation est nécessaire si tu désires vraiment approfondir.
Dans la communication, une formation apporte une véritable plus-value pour t’entraîner à mieux communiquer, au départ sans enjeu car tu ne connais personne.
5 basiques pour mieux communiquer

Quel que soit le modèle employé pour mieux communiquer et avoir des relations saines, il y a 5 basiques à toujours garder en tête (ne les vois pas comme des conseils à appliquer bêtement) :
1/ Intention
On en a déjà parlé plus haut.
Être au clair avec ton intention fait 80% du boulot : pourquoi es-tu en relation avec cette personne ? Quel type de relation ? En attends-tu quelque chose ?
Tu peux avoir une intention de résultat OU de relation, mais pas les deux en simultané car l’une exclut l’autre.
2/ Se connaître
Pour communiquer avec l’autre, ça aide de connaître ton type de personnalité, tes besoins, tes envies. Tu peux aussi creuser tes 5 langages de l’amour.
Sinon, qu’est-ce que tu vas partager ?
3/ Prendre soin de la corde relationnelle
La corde relationnelle est le lien qui unit les deux personnes, il forme la trinité : toi, l’autre, le lien.
Il est primordial d’en prendre soin car c’est ce lien qui permet au message de passer.
Si la corde est effilochée, aucun message ne passe et il est urgent de réparer cette corde relationnelle.
Ca passe entre autre par accueillir l’autre tel qu’il est, l’écouter vraiment pour nourrir son besoin d’importance.
4/ L’écoute en présence
L’écoute est tellement importante et pourtant vraiment négligée : je connais peu de personnes qui sont capables d’une réelle écoute.
Par “écoute”, j’entends quelqu’un qui ne t’interrompt pas pendant la conversation, qui ne réfléchit pas à sa réponse mais qui s’imprègne de ton propos, tes idées, tes émotions, tes besoins et qui est vraiment LÀ !
Se taire et écouter est un prérequis dans toute communication pour être capable d’embrasser la vision de l’autre quelques instants et réellement comprendre sa situation.
Créer cet espace de silence en toi te permet d’entendre les mots, d’entendre le message implicite (s’il y en a un) et l’intention sous-jacente.
Ce type d’écoute est de l’or pour créer une confiance et une profondeur dans la discussion.
5/ Communiquer simplement et clairement
J’aime la simplicité.
Au plus tu es simple, clair et direct dans ta communication, au plus tu as de chances d’être entendu.
Les tournures alambiquées, les critiques indirectes et autres flous sont des tueurs de relation qui risquent de créer de la confusion et du conflit.
D’où l’importance de te connaître, tes besoins, tes envies et de savoir les communiquer.
De la projection à l'altérité

Tu n’es pas en relation avec les autres, mais avec le fantasme que tu as d’eux.
En effet, tu ne peux pas accéder à la totalité de l’autre, tu n’en perçois qu’un petit morceau à travers tes lunettes étriquées.
C’est ta perception qui compte le plus. Regarde comme le moindre comportement de quelqu’un peut énerver : un bruit de bouche, un tic de langage, une mimique, une expression… Alors que tu ne connais pas la personne, ça peut quand même activer de la colère chez toi.
L’idée centrale est de sortir de la projection pour entrer vraiment dans une relation d’altérité.
Cela demande de renoncer aux schémas relationnels névrotiques où on alterne entre parent et enfant. Il y a 2 changements de paradigme majeurs à opérer :
1/ Passer d’une relation verticale à une relation horizontale.
Dans la relation verticale, tu mets l’autre au-dessus ou en dessous de toi.
Dans les deux cas, c’est déjà un fantasme. Dans la réalité, les deux individus touchent le sol, personne n’est supérieur, personne possède plus de valeur intrinsèque que les autres.
Dans le domaine professionnel il y a très souvent ce jeu hiérarchique (la société est fondée dessus), d’où le respect le cadre au risque de te faire éjecter, mais ne sois pas dupe de ces petits arrangements.
Dans le réel, il y a des humains qui coexistent et c’est tout.
Certains se vêtissent avec des costumes cravates, d’autres avec des toges, aucun n’est supérieur à l’autre.
Sinon cela impliquerait un absolu où, par exemple, tel individu a plus de valeur que tel autre car il a plus d’argent, ou plus de pouvoir, ou plus de terre. La ségrégation, ça commence par là !
2/ Passer d’une relation d’objet à sujet.
Dans beaucoup de relations, l’un ou l’autre dans la relation est l’objet (pas que sexuel !).
Objétiser l’autre est rarement une stratégie gagnante pour être dans une relation saine.
Cela demande d’apprendre à traiter l’autre comme une entité indépendante de toi. Même si à un niveau spirituel nous sommes tous liés, l’autre est l’autre et toi c’est toi.
Cette différenciation est primordiale pour certains profils de personnalités qui fusionnent avec les autres et ont tendance à se perdre dans la relation.
L’autre n’est pas l’objet de mes désirs, il n’a pas à m’obéir.
Si je le considère comme un être, alors je n’ai aucun pouvoir sur lui.
(ou alors je joue à des jeux de pouvoir, ce qui est possible aussi)
C’est la grosse différence entre une demande et une exigence : on peut répondre “non” à la première sans réprimande.
Ca demande de renoncer au contrôle, aux petits jeux mesquins, aux demandes implicites.
Dans une relation d’altérité, tu écoutes vraiment l’autre sans attendre quelque chose de lui (ou alors tu lui exprimes ta demande), tu ne veux pas le changer, tu le prends tel qu’il est ici et maintenant.
Ca fait peur de changer de paradigme, c’est normal.
Dans ce modèle, tu vis dans des relations consentantes où les deux partis désirent la relation et ne sont pas dupes des supercheries de l’ego pour se sentir dépendant (j’ai besoin de toi, tu es à moi et autres)
Même si c’est dur à avaler pour certains, garde à l’esprit que :
Tu n’as pas le pouvoir de rendre l’autre heureux ou malheureux.
L’autre n’a pas le pouvoir de te rendre heureux ou malheureux.
Simplement car ça n’est pas dans le spectre de ta responsabilité.
Si tu crois que l’autre te rend colérique ou joyeux (ou réciproquement), alors il y a un angle mort dans ton système.
Ce n’est pas l’autre qui décide ta réaction, c’est ton filtre de perception qui, automatiquement, interprète l’information émanant de l’autre et crée une réaction égotique.
Pour en savoir plus sur les mécanismes égotiques, tu peux te reporter au guide ennéagramme.
Concernant la communication, il n’y a pas de conseils à donner, seulement ces grandes lignes, car je ne connais pas ta situation, ton interlocuteur, ta personnalité, ni le “problème” s’il y en a un.
Si tu désires passer au stade discussion pour avoir un interlocuteur de confiance et disposer de cette “écoute”, tu peux réserver un bilan de personnalité.