Le plus grand danger de l’ennéagramme ?

 

C’est faire partie de la secte !

 

 

Plus sérieusement, l’ennéagramme est un modèle enrichissant, profond, qui peut nous apprendre énormément sur nous mêmes, notre fonctionnement automatique dans notre type de personnalité, nos possibilités d’évolution au niveau personnel, spirituel, collectif.

 

Comme tout outil, il y a des dérives possibles comme ça a été constaté dans les groupes de Gurdjieff et là, en effet, il y a danger.

 

Même avec un outil aussi anodin qu’un stylo, il est possible de tuer quelqu’un.

Pour autant, on ne va pas classer le stylo parmi les armes de catégorie B juste car un fou furieux a tué quelqu’un avec son bic.


L’intention de cet article est de partager les dérives et les dangers possibles (et courantes) qui découlent d’une utilisation inappropriée de l’ennéagramme, car on peut réellement se perdre soi-même dans une idéologie. 

C’est même un grand classique chez les humains en transe hypnotique.

Les 3 dangers principaux

 

Nous allons entrevoir 3 types de dérives :

1/ Pervertir le modèle : l’utiliser à des fins discutables, d’une façon incomplète voire erronée et donc dégrader le modèle. C’est un danger très courant.

2/ Être son propre bourreau et s’enfermer avec le modèle de l’ennéagramme. Le danger est de s’en servir “contre” soi au lieu de s’en servir “pour” soi.

3/ Enfermer les autres, les cataloguer et se couper de qui ils sont. Là aussi c’est un danger et ça peut porter atteinte à la vie sociale.

1. Pervertir le modèle

Pervertir vient du latin “pervertere” : mettre sans dessus dessous.

On parle ici d’une altération, d’une dénaturation de l’ennéagramme.

L'idéologie de l'ennéagramme

Le premier écueil est de faire de l’ennéagramme une idéologie avec des dogmes, des rituels, des clans, des prêtres, une vérité absolue.

 

Tu peux retrouver l’ennéagramme dans certaines dérives sectaires citées par la MIVILUDES (l’organisme gouvernemental censé relever les mouvements dangereux), aux côtés de la PNL (programmation neuro-linguistique), de l’analyse transactionnelle, de l’EMDR (technique de désensibilisation de traumas utilisant les mouvements oculaires) et même le massage Tui Na (branche de la médecine chinoise).

Comme critère d’une secte, on trouve sur le site officiel : la déstabilisation mentale, le caractère exorbitant des exigences financières, la rupture avec l’environnement d’origine, l’existence d’atteintes à l’intégrité physique, l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public, l’importance des démêlés judiciaires, l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels, les tentatives d’infiltration des pouvoirs public.

 

L’état ressemble plus à une secte que l’ennéagramme selon les critères de la MIVILUDES, m’enfin nous ne sommes pas ici pour parler politique.

Le problème, c’est l’usage qui peut être fait de l’ennéagramme, comme toujours.

Qui est le formateur ? Avec quelle éthique ? Quel est le cadre de la formation ? 

 
L’ennéagramme a bon dos pour être mal vu : une figure ésotérique, amener une connaissance fine de la psyché qui amène à se questionner sur soi et sur la société…

Avec certaines pratiques (groupe de Gurdjieff par exemple), ça peut donner mauvaise presse, comme les excès avec les psychédéliques des années 60 où les autorités ont pris peur tant il y avait de dérives.

Mais il ne faut pas jeter le bébé ennéagramme avec l’eau du bain de la connaissance de soi. (tout comme les psychédéliques dont il y a un regain d’intérêt depuis les années 2010 avec des applications formidables en thérapie).

Bref, l’ennéagramme n’est pas une religion ni une idéologie (même si certains peuvent le prendre comme tel, mais ça parle d’eux, pas de l’ennéagramme…).

 

Il n’y a pas un idéal de soi à atteindre, il n’y a pas de vocation à devenir un être “pur”.

Il n’y a ni prêtre, ni chaman, ni église, ni croyance à avoir. 

 

L’ennéagramme est un outil qui décrit les fonctionnements les plus profonds de la psychologie humaine (inhérents aux 9 types de personnalité) et il doit avant tout ramener à soi, à son être, à ses ressentis.

Il est avant tout une aide pour se voir et se prendre tel que nous sommes.

Si c’est pour en faire une idéologie avec un résultat à atteindre, autant rester dans le développement personnel de performance avec les objectifs, les plans d’action et tout le tralala.

L’ennéagramme permet le retour vers soi.

Il a vocation à ouvrir et pas à fermer.

 

C’est d’autant plus important de le préciser que certaines personnes utilisent  probablement l’ennéagramme à des fins d’endoctrinement, tout comme ils utilisent l’hypnose, la peur, la soumission…

D’où la nécessité de garder une lucidité sur l’auteur, le formateur, auprès duquel on apprend, pour savoir à qui on a à faire.

Il est clair que, même si une approche par un livre ou des articles comme ceux d’Epanessence peut apporter beaucoup d’informations, cela ne suffit pas. 

Rien ne remplace une formation les yeux dans les yeux, une formation dénuée de toute idéologie, via la transmission orale.

Une incompréhension de l'ennéagramme

Si l’on appréhende insuffisamment le modèle de l’ennéagramme, on va forcément se fourvoyer et le pervertir d’une façon ou d’une autre, involontairement.

D’où l’importance d’un formateur de qualité qui ne se réclame pas d’une chapelle particulière.

Il existe plusieurs incompréhensions classiques :

1/ Essentialiser les ennéatypes. Un “type de personnalité” ne dit rien d’autre que les motivations et les traumas de l’ego d’un individu ainsi que sa vision de monde. Il ne dit rien sur la façon dont il mène sa vie.

Cela peut s’exprimer de mille façons différentes.

C’est le plus grand risque dans l’utilisation dans l’ennéagramme et c’est pourquoi tu ne trouveras pas de “noms” associés aux types sur ce sujet. 

Etiqueter le type 2 d’altruiste, par exemple, colle tout de suite un tas de significations, d’émotions associées à ça, et ferme complètement.

Alors qu’en considérant le type 2 comme un centre émotionnel tourné vers l’extérieur, on comprend le fonctionnement automatique de la personne dans son ego, qui se confond avec les émotions des autres.

Ca n’a rien d’un altruiste, mais d’une personne qui cherche à apporter de l’amour, de l’aide et du conseil aux autres, pour recevoir de la reconnaissance et se sentir exister.

De plus, un ennéatype n’est pas figé dans son niveau de développement. Il peut se retrouver à différents niveaux de la spirale dynamique, ce qui donne un individu très différent s’il est à Bleu ou à Vert.

Les 9 types de personnalité de l’ennéagramme sont beaucoup nuancés qu’un cliché (même si, en terme de pédagogie, on commence en général par là).

2/ Attribuer des comportements à des ennéatypes :

Si quelqu’un est conférencier, alors on pense qu’il a une personnalité de type 3.

S’il est artiste, alors on pense qu’il a une personnalité de type 4.

S’il est écrivain, alors on pense qu’il a une personnalité de type 5.

Juste non, non et non.

Ca peut donner un indice, mais une lecture aussi réduite induit forcément dans une incompréhension de l’ennéagramme.

L’ennéagramme ne se résume pas à des comportements, il explique les comportements.

Il y a 9 raisons d’être entrepreneur, artiste ou écrivain.

L’ennéatype de quelqu’un ne dit rien sur comment il vit sa vie.

Cela dépend de son histoire, de son niveau d’intégration (ou de désintégration), de ses conditions de vie, de sa culture…

D’où le fait qu’un ennéatype s’exprime de 1000 façons différentes et même bien plus.

Hitler et Gandhi sont tous deux d’ennéatype 6. Le résultat n’a pas été tout à fait le même… 

Jean-Marie Le Pen et Nassim Taleb sont tous deux de type 8, le résultat n’est pas vraiment le même non plus…

Ainsi, quand on veut se former, il s’agit de prendre du recul sur la formation et le formateur : se réclame-t-il d’une chapelle en particulier ?

Une formation sérieuse permet d’éviter ce type d’incompréhension.

Une formation de qualité n’a rien à voir avec une déformation business de l’ennéagramme telle que souvent enseignée en entreprise.

Malheureusement, en entreprise la qualité reste très souvent à désirer, se cantonnant à une vision parcellaire et erronée du modèle de l’ennéagramme…

Pour bien comprendre l’ennéagramme, commence par creuser en détail les fondamentaux et en particulier les 3 centres (centre mental, centre émotionnel, centre instinctif).

Rester à une compréhension mentale du modèle

C’est une autre erreur classique qui travestit l’ennéagramme.

 

Rester à une compréhension mentale ne peut pas donner lieu à une utilisation pertinente.

 

A rester sur la sphère de la pensée, on en oublie de vivre.

(où est le centre émotionnel ? Et le centre instinctif ?)

 

 

L’ennéagramme demande d’être vécu pour être appréhendé en profondeur.

 

Ca demande de s’observer dans notre vie :

Partir du vécu de l’instant et tirer la pelote de laine.

 

Par exemple, ma compagne me critique sur un point et ça active quelque chose chez moi. 

Ou bien un client ne me rappelle pas et je me sens trahi.

 

A partir d’un événement, je peux questionner pour dérouler la pelote :

 

“Qu’est-ce que ça vient chercher chez moi ?”

“Qu’est-ce qui me met en colère ?”

 

Il est capital de partir du réel, et non d’une conception fantasmée de l’ennéagramme.

C’est le meilleur moyen de se planter à trouver son type de personnalité de l’ennéagramme

 

Là encore, une vraie formation à l’ennéagramme ainsi qu’un accompagnement digne de ce nom, permettent d’aller plus loin qu’une approche purement mentale.

2. Devenir bourreau de soi-même

Se tyranniser, le plus gros danger

Le plus gros danger de l’ennéagramme à mon sens, c’est se servir du modèle pour se tyranniser.

 

L’ennéagramme amène tout naturellement vers l’acceptation de soi quand on le prend comme tel mais il peut tout à fait renforcer un schéma égotique.

Ca pourrait ressembler à :

“Eh merde, quel nul, je tombe encore dans mes mécanismes égotiques”

“Pfff je me fais toujours avoir dans ce schéma, quel nul”

“C’est horrible, j’en ai marre de mon ego, je ne m’en sors plus”


Le plus cocasse, c’est que c’est encore l’ego qui parle et qui se gargarise.


Autrement dit, l’ego peut s’en nourrir pour se fouetter un peu plus et prendre encore plus de place, pour simplement exister. (cela équivaut à l’introjection d’un parent malsain qui tyrannise notre être, possiblement lié à notre enfance)


C’est LE danger sur lequel j’alerte le plus les gens.


Comme dit plus haut, l’ennéagramme a surtout pour vocation à se prendre tel qu’on est, à voir ses mécanismes et faire la paix avec ça pour amener à s’en libérer.

 

Il sert à se LÂCHER la grappe, sortir des injonctions de “je dois devenir comme ci” ou “je dois être plus comme ça”.

Connaître son ennéatype, c’est aussi développer une curiosité enfantine des mécanismes de son type de personnalité, une réelle ouverture, en s’intéressant vraiment à soi.

Alors, voyant à quel point on se tyrannise, à quel point on peut être dur envers soi, on sort d’une persécution auto-infligée.

Peu à peu, on sort de cette transe d’identification à l’ego, qu’on est persuadé d’être.

La clé de voûte de l’ennéagramme, c’est un accueil inconditionnel de qui je suis vraiment.

Ne pas chercher à me changer, à être mieux, à lâcher mes mécanismes égotiques.

Juste voir ce qui est et être en paix avec ça.

Et même si je ne suis pas en paix avec ça, être OK avec le fait de ne pas être en paix.

Il ne manquerait plus que ça, de se mettre la pression car on arrive pas à être en paix avec ses mécanismes, créant encore une boucle égotique d’auto-dépréciation.

S'enfermer soi-même

Lorsque je réalise que je suis de type 3, je peux m’enfermer dans une boucle infernale où je me conditionne à agir comme le décrit mon ennéatype.

 

En clair je crée ma prophétie auto-réalisatrice.

Et je peux aussi tomber dans une forme de complaisance qui m’incite à m’enfermer dans ma névrose.

 

“Je suis 3 c’est pour ça que je suis menteur, je peux pas faire autrement.”

“Qu’est-ce que tu veux que je te dise, je suis de type 7, c’est normal que je sois addict à des substances.”

 

L’ennéagramme ne parle pas de TOUTE notre psyché, elle dépeint les mécanismes principaux de notre ego et de notre essence.

 

Nous avons une histoire, une culture, un environnement, des croyances, un métier, qui façonnent notre type, qui le nuance.

 

 

Un individu n’est PAS son ennéatype, il est bien plus vaste que cela.

Il y a un vrai danger à s’enfermer dans notre type.

 

 

Au moment où ça se passe, je peux voir en moi que je glisse dans ma pente et juste ne pas le faire.

 

C’est une question de lucidité et de présence à soi au moment où ça arrive.

Il n’y a pas de bon ou de mauvais comportement, simplement un choix lucide sur la direction que je prends.

Valider un typage foireux à coup d'explications capillotractées

 

Quand on s’est fourvoyé sur son type de personnalité, grâce au biais de confirmation et à une bonne dose de déni, on peut se convaincre qu’on est de ce type-là par tous les moyens possibles.

Pour ce faire on peut tirer du capillaire à fond.

 

C’est exactement ce que j’ai fait en me croyant de type 7 pendant des années (puis pareil avec le type 6).

 

“Je suis curieux, hédoniste, j’aime les plaisirs de la chair et j’ai du mal à me concentrer, c’est du type 7 tout craché.”

 

“J’aime apprendre des trucs, élaborer des théories, car je m’intègre dans le type 5. C’est vrai, d’ailleurs quand je vais bien je sais prendre du recul sur les choses.”

 

“J’ai un côté sceptique et j’ai du mal à faire confiance aux gens, c’est mon aile en 6 ça.”

 

Bref, il est facile de partir de n’importe quel ennéatype et de bricoler pour rendre le tout cohérent.

(on en revient à la mauvaise compréhension du modèle)

 

La seule personne qu’on trompe, c’est soi-même.

 

 

Je pourrais très bien partir de la personnalité de type 9 et dire “c’est vrai que j’aime pas les conflits et quand je ne vais pas bien je me narcotise”.

Ou partir de la personnalité de type 4 et me raconter que “parfois je fais du drame, je me sens différent et j’aime bien ce qui est beau.”

 

Et faire tenir ma théorie en me justifiant avec un raisonnement bancal sur mes ailes et mes flèches.

 

Une telle utilisation de l’ennéagramme est simplement merdique.

Ca ne vaut rien !

 

Le type de base suffit à expliquer et à comprendre une personne, sans avoir besoin de faire appel à autre chose.

 

 

Pourquoi ?

 

Car l’ennéagramme décrit les motivations et alors les comportements s’expliquent. Tout devient cohérent.

 

Tout colle en fonction de son ennéatype.

 

La case s’emboîte parfaitement, c’est d’ailleurs ça qui fait peur à certains (par exemple les types 4 qui réalisent avec effroi qu’ils ne sont pas si uniques…).

 

C’en est perturbant tellement ça explique avec une précision d’orfèvre pourquoi chaque type agit.

 

 

Tout le propos est justement de réaliser cette case dans laquelle on est enfermé (le type de personnalité) pour la transcender et en sortir.

 

 

Une fois déterminé le type de base, alors on peut s’amuser avec l’aile, la hiérarchie des centres, les sous-types qui apportent de la nuance.

 

Un ennéatype est en fait lié à 4 autres types : les 2 ailes et les 2 flèches.

 

Ne soyons pas dupes de nos histoires à dormir debout, à chercher à tout expliquer en bricolant une hypothèse foireuse.

 

Si tu dois bricoler pour justifier ton type, c’est que tu t’es planté. Point.

 

Et c’est pas grave, trouver son ennéatype est un processus qui demande de la patience, du courage et de la persévérance.

 

Il n’y a pas de résultat à atteindre, pas de notation.

 

Même si cela prend du temps, trouver ton type de personnalité sert pour tout le reste de ta vie.

 

 

Une formation peut t’aider, mais ne t’attends pas à trouver absolument à la fin de la formation. Ca peut demander de mûrir la chose, d’en discuter avec quelqu’un qui te pose des questions (comme on peut le faire ensemble).

3. Devenir bourreau des autres

"Tu vois, dans ce monde, il y a deux catégories de personnes, amigo : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses."

Essentialiser les gens et se couper de qui ils sont

On l’a dit plus haut, un des grands risques d’un usage idéologique de l’ennéagramme, c’est voir les autres de façon unidimensionnelle.

 

En réduisant un humain à son type de l’ennéagramme, on le met dans une case, on voit ce qu’on veut voir et on est pas vraiment présent à l’autre.

 

 

Si on est pas vraiment présent, il n’y a pas d’altérité et donc il y a impossibilité de vivre une relation authentique.

 

L’ego fait son supermarché avec l’ennéagramme en se disant :

 

“Je veux pas avoir à faire aux types 8, ils sont trop méchants.”

“Les types 6 sont tellement pessimistes, ils me gonflent, je vais les fuir.”

“Les types 4 sont lourds avec leur drame, on dirait qu’ils jouent.”

 

Avec ce genre de raisonnement, c’est un coup à finir misanthrope toute sa vie, seul et dépressif…

 

 

Le cerveau limbique aime les raccourcis, les équations simples, qui permettent de penser le monde simplement en une dimension. 

 

Ca simplifie la vie, certes… Mais si on a un néocortex, c’est justement pour nuancer ce fonctionnement automatique, ajouter des couleurs à un fonctionnement binaire en noir et blanc. 

En clair, c’est faire appel à son système 2 pour avoir de la pensée plus nuancée et complexe que “les types 8 sont des gros cons”.

 

 

Ce genre de raccourci témoigne surtout d’une émotion forte associée à ce que représente les types 8 chez la personne qui exprime ça.

 

 

Quand tu as conscience de ton cerveau limbique, tu peux observer tes préférences émotionnelles ET utiliser ton néocortex pour comprendre ce que ces préférences émotionnelles disent de toi, de ta vision du monde, des ta peur la plus profonde.

 

 

Cela nous permet d’interagir avec des gens que notre cerveau limbique avait étiqueté comme “danger”, pour aller au-delà de la première impression et de la zone d’ombre que ça vient éclairer chez nous.

 

 

La seule chose que ça demande, c’est de la présence.

(peu de personnes en sont réellement capables, car ils sont obsédés par leur vision du monde, leur peur, leur ego… Ils ne peuvent donc pas être présents à l’autre)

 

Cette présence qu’on a à soi pour se trouver soi-même, on peut aussi l’offrir à l’autre, pour créer un espace dans lequel une relation profonde peut émerger.

(car ça demande déjà d’en être capable pour soi, personne ne peut donner à l’autre ce qu’il est incapable de faire pour lui dans sa propre vie)

 

 

Dans cet espace, il y a n’est plus question d’ennéatype ni d’ennéagramme.

 

Il y a un être humain, un individu indivisible (pléonasme), avec des émotions, un cœur, des besoins, des envies, avec lequel on relationne.

 

Et ça, aucun modèle, pas même l’ennéagramme, ni personne, ne peut le faire à ta place.

Il est question d’une qualité d’être.

Etiqueter les gens à l'arrache (et leur dire leur type de personnalité)

Déjà, typer les gens devrait se faire stricto sensu pour son propre plaisir personnel, pour en apprendre plus pour l’ennéagramme ou pour améliorer les relations.

 

C’est pour soi avant tout !

 

Quand on découvre l’ennéagramme, on a tôt fait d’utiliser notre cerveau limbique pour étiqueter à tour de bras tout ce qui a 2 bras, 2 jambes et qui parle.

 

“Il a crié fort, ça c’est un 8.”

“Lui il ne se met jamais en colère, c’est un 9.”

 

Attention à la facilité de notre système 1 de catégoriser, juger et classer les gens.

 

On est JAMAIS sûr du type de quelqu’un.

On peut avoir une hypothèse très forte, très probable et très solide, sans connaître réellement la personne, on peut complètement se planter.

 

La certitude est une façon de se rassurer et se donner l’illusion qu’on contrôle le réel.

 

Il est sain de garder toujours une petite part de doute pour éviter toute certitude limbique qui nous enfermerait dans une rigidité mentale, garder en tête la possibilité de se tromper.

 

La dérive classique est de se planter dans le typage de quelqu’un en étant allé trop vite, en ayant suivi un pré-sentiment basé seulement sur des affects.

 

Or, la seule façon d’être (presque) sûr d’un type, est une approche scientifique rigoureuse pour vérifier dans les faits notre intuition, en regardant la compulsion, le mécanisme de défense, la passion/vertu, la fixation/idée supérieure, éventuellement les sous-types et les ailes.

 

Pour cela, ça demande de prendre le temps, d’observer les indices, en discuter avec la personne, de questionner, d’écouter vraiment.

 

Bref, d’être en relation, totalement ouvert à l’autre en laissant les cases de côté.

 

Un autre écueil, c’est de typer l’autre ET de lui dire.

 

Même si c’est demandé, c’est maladroit et contraire au code d’éthique de l’ennéagramme.

 

Et il y a des bonnes raisons pour ça :

– En lui disant son type, on lui dévoile la fin du film, on le coupe le plaisir de la recherche et surtout tous les effets psychologiques du fait de chercher son type de l’ennéagramme

– On peut se tromper (grand scoop, trouver le type de personnalité de quelqu’un peut être une sacrée épreuve, surtout pour les types 3, types 6 et types 9 de l’ennéagramme)

– On se pose en sachant, on sait mieux que l’autre et on lui impose notre perception.

 

Pour ces 3 raisons, je me refuse à dire un type à quelqu’un et je te recommande de ne pas le faire.

 

 

On est personne pour gâcher une aventure aussi importante que la quête de la connaissance de soi via l’ennéagramme.

Comment éviter ces écueils ?

 

Si tu observes ces critères sur d’ennéagramme :

– Pas de remise en question

– Vision absolue et dogmatique

– Séparation et classement des individus

– Essentialisation des ennéatypes, les réduire à des mots ou des comportements grossiers 

 

 

Danger, danger ! C’est autant de signaux d’alerte à bullshit.

 

 

Ue pratique traditionnelle de l’ennéagramme inclut une honnêteté envers soi, une ouverture d’esprit, dénuée de dogme, qui invite à la bienveillance et l’humilité.

 

Ceci étant dit, le plus gros danger est de ne pas se rendre compte qu’on est tombé dedans.
Il y a de grandes chances que tu tombes dans l’un de ces travers et je ne vais pas de jeter la pierre, je suis tombé dans tous ces pièges et ça me permet de t’en parler.

 

 

 

 

L’ennéagramme n’est qu’un modèle et, aussi pertinent et passionnant soit-il, il n’est pas une finalité en soi.

 

Tout dépend ce que tu en fais dans ta vie.

 

Il peut être utilisé pour mieux te connaître et te libérer des transes hypnotiques de ton ennéatype, pour améliorer ta communication et tes relations, pour être plus fonctionnel dans le monde, pour te sentir plus en adéquation dans ta vie…

 

Et il peut être aussi utilisé du côté obscur de la force pour manipuler, pour enfermer les autres, pour trier les gens et les enfermer,…

 

A toi de décider quel usage tu souhaites faire de l’ennéagramme.

 

Personnellement, avec la spirale dynamique, l’ennéagramme est le modèle qui a le plus impacté ma vision du monde et ma vie à titre personnel.

 

Cela reste des modèles, ils ont donc des limites et à un moment donné vient le temps de les lâcher. En attendant d’en arriver là, l’ennéagramme peut être un allié de poids dans notre développement personnel et spirituel.

 

 

Pour t’aider à trouver ton type de l’ennéagramme, tu peux réserver un bilan de personnalité offert.

Bien évidemment, pas d’injonction, pas de typage à l’arrache.

 

Forcément, en 30 minutes ce n’est pas une formation mais un simple questionnement bienveillant, pour t’aider à te connaître et à trouver ton type de personnalité à ton rythme.