Le jargon de l'ennéagramme

Comme tout domaine, l’ennéagramme utilise son propre jargon qui peut être complexe pour les néophytes. 

Heureusement, pas besoin de tout comprendre pour utiliser le modèle de l’ennéagramme !

Si tu as déjà compris les centres et le fonctionnement d’un ennéatype, c’est déjà génial.

L’ennéagramme : figure ésotérique à 9 points. Le plus connu aujourd’hui est l’ennéagramme des personnalités qui décrit 9 familles de psychés.

Les 3 centres : ce sont 3 centres d’intelligence que nous avons tous à l’intérieur de nous. Il y a le centre mental, le centre émotionnel et le centre instinctif.

Le centre mental :

– Crée des plans pour appréhender le futur (structurer des projets par exemple)

– Filtre et agence les informations pour créer une carte (du territoire) dans une volonté de compréhension

– Jongle avec les concepts

– Pèse le pour et le contre, les avantages et inconvénients avant une décision

 

Le centre émotionnel :

– Vit au présent (l’émotion existe dans l’instant de façon très fugace)

– Apprécie la beauté et s’en émeut

– Est le siège d’émotions qui peuvent s’enchaîner sans cohérence 

– Entre en relation avec les autres et s’y adapte

Le centre instinctif 

– Assure la survie en réagissant à l’environnement présent

– Puise dans l’expérience passée pour connaître ses capacités et aptitudes (si j’ai déjà parlé en public, je peux le refaire)

– Concrétise des projets dans le monde, par l’action

– Crée le mouvement, l’activité physique et relatif au rapport au corps.

– A un fonctionnement binaire : ON/OFF. Il n’y a pas de nuance : j’aime/je déteste.

Le centre préféré : c’est LE centre que nous surutilisons en permanence, il est le filtre à travers lequel nous appréhendons le monde en priorité. Il tyrannise le reste du psychisme. Nous avons tendance à nous identifier à notre centre préféré, à croire que c’est nous.

 

La direction d’utilisation : chaque centre peut être utilisé vers l’intérieur, vers l’extérieur ou dans les deux directions. 

Un centre préféré dirigé vers l’intérieur donne les ennéatypes 1 (instinctif intérieur), 4 (émotionnel intérieur) et 7 (mental intérieur). 

Un centre préféré dirigé vers l’extérieur donne les ennéatypes 8 (instinctif extérieur), 2 (émotionnel extérieur) et 5 (mental extérieur). 

Un centre préféré dirigé vers l’intérieur et l’extérieur donne les ennéatypes 9 (insctinctif mixte), 3 (émotionnel mixte) et 6 (mental mixte) : on les appelle les “types du triangle” car ils sont porteurs d’un fonctionnement particulier appelé “co-répression du centre préféré”.

 

 

Le centre de soutien : c’est le centre assujetti au centre préféré, qui va l’assister dans son hégémonie, il en est le plus souvent tributaire. En clair on ne l’utilise pas pour lui-même mais aux fins du centre préféré.

 

 

Le centre réprimé : c’est le centre que nous utilisons le moins, dont nous évitons habilement l’utilisation. Il est le mal aimé de la bande, le centre que nous avons sacrifié entre 0 et 2 ans. Ca ne veut pas dire que nous ne savons pas nous en servir ou qu’il est de mauvaise qualité, simplement que nous ne voulons pas nous en servir. Cela nous coûte de l’énergie, demande un effort.

 

 

 

 

 

L’ennéatype (ou type de personnalité) : l’ennéatype se définit par la surutilisation d’un des trois centres dans une direction, appelé le centre préféré. 

Il conditionne seulement le centre préféré, pas le centre de soutien ni le centre réprimé (cf variantes alpha et mu). Il existe 9 ennéatypes.

Les ennéatypes 8, 9 et 1 ont un centre préféré instinctif ; les ennéatypes 2, 3 et 4 ont un centre préféré émotionnel ; les ennéatypes 5, 6 et 7 ont un centre préféré mental. 

L’ennéatype est déjà défini à la naissance et il ne change pas au cours de la vie, on en a un seul, d’où l’intérêt d’identifier ton type.

L’ennéatype ne décrit pas entièrement un individu.

L’ennéatype peut s’exprimer de millions de façons différentes, certaines personnes collent au cliché, d’autres pas du tout.

Le relation entre les types ne dépend pas que de l’ennéatype.

 

La hiérarchie des centres : elle décrit l’utilisation préférentielle et automatique de nos 3 centres. Le centre préféré est défini par l’ennéatype. Le centre réprimé dépend de la variante de l’ennéatype (voir ci-dessous).

Les variantes alpha et mu : chaque ennéatype peut réprimer l’un ou l’autre des centres qui n’est PAS son centre préféré. Un type 1 (instinctif) peut réprimer le centre émotionnel ou le centre mental. Les variantes apportent un fonctionnement différent au sein du même ennéatype.

L’ego : au sens de l’ennéagramme, l’ego est une entité inventée de toutes pièces et sacrifie l’un des centres d’intelligence.

 

 

L’essence : l’essence est l’individu en contact avec ses 3 centres. Il a réintégré le centre réprimé et tempéré l’usage du centre préféré. On se libère de la hiérarchie des centres et on fait usage des 3 centres de façon adaptée aux circonstances.

La compulsion ou évitement compulsif : c’est la portion de la réalité que l’ennéatype ne peut pas traiter. Comme la tâche aveugle de la rétine, il ne peut pas la voir.

Ce n’est pas qu’il en a peur ou qu’il ne l’aime pas : c’est un évitement compulsif. Tout est fait pour ne pas y être confronté. Les 9 compulsions sont, dans l’ordre : la colère, reconnaître ses propres besoins, l’échec, la banalité, le vide intérieur, la déviance du cadre, la souffrance, la faiblesse, le conflit.

Le mécanisme de défense : il est le premier rempart égotique pour éviter d’être mis face à la compulsion. C’est une protection inconsciente et automatique qui se met en place. À moins d’un travail répété avec l’ennéagramme, les gens n’ont pas conscience de leur mécanisme de défense.

La passion / la contre-passion : la passion est ce qui emporte l’individu dans le centre émotionnel dans l’ego. La contre-passion est un mécanisme alternatif où l’ego se fait croire qu’il est plus évolué, alors qu’il n’en est rien.

La fixation / la contre-fixation : la fixation est l’idée fixe qui tourne dans le centre mental dans l’ego. La contre-fixation est un mécanisme alternatif où l’ego se fait croire qu’il est plus évolué, alors qu’il n’en est rien.

 

La vertu : la vertu est une caractéristique du centre émotionnel relative à l’essence, que vit l’ennéatype quand il quitte la passion de l’ego.

L’idée supérieure : l’idée supérieure est une caractéristique du centre mental relative à l’essence, que vit l’ennéatype quand il quitte la fixation de l’ego.

 

Le sous-type : le sous-type est le pendant instinctif de la passion du centre émotionnel et de la fixation du centre mental. Il existe 3 sous-types : conservation, social et sexuel. Le sous-type le plus “blessé” est celui qui est le plus visible chez un individu car cela va teinter toute sa vie.

Le centre intuitif : dans l’essence, le centre instinctif devient centre intuitif, l’ennéatype est alors capable de faire appel à son style particulier d’intuition.

L’intégration interne : on parle d’intégration quand l’individu lâche prise sur ses mécanismes égotiques, tempère l’usage de son centre préféré et récupère l’usage du centre réprimé. L’intégration est un travail inconfortable qui demande des efforts conscients, où la présence est un ingrédient clé. Ca reste à mon sens l’usage principal de l’ennéagramme.

La désintégration interne : on parle de désintégration quand l’ego est activé de plus en plus par la compulsion, ce qui augmente la hiérarchie des centres, ça augmente l’usage du centre préféré et ça réprime encore plus le centre réprimé. Le déséquilibre se creuse et l’individu est de moins en moins fonctionnel, allant jusqu’à la pathologie.

Les ailes : l’aile est une extension du type de base qui apparaît pour ajouter de la souplesse au fonctionnement égotique de l’individu. C’est systématiquement l’un des types voisins (un type 1 développe un aile en 9 ou une aile en 2). 

La première aile apparaît chez tout le monde suite à un événement majeur qui a lieu entre 16 et 24 ans, elle se manifeste très rapidement : en quelques jours le changement est perceptible.

La deuxième aile est optionnelle et résulte d’un travail sur soi. Très peu de gens la développent.

Une aile peut être très marquée comme elle peut être très subtile.

L’intégration externe : si l’intégration interne dure dans le temps, l’individu développe les traits de l’essence (idée supérieure, vertu) de son type d’intégration (la direction de la contre-flèche). C’est la conséquence d’un long cheminement.

La désintégration externe : si la désintégration interne dure dans le temps, l’individu développe les traits de l’ego (mécanisme de défense, passion, fixation) de son type de désintégration (la direction de la contre-flèche). L’individu est sur une pente égotique qui le mène à la pathologie.


Intégration et désintégration externe dépendent de la variante alpha ou mu et représentent des sujets plus avancés.


Pour t’aider à définir ton ennéatype, savoir qu’en faire dans ta vie voire cheminer avec l’ennéagramme, tu peux réserver un bilan de personnalité.

Les ressources de l'ennéagramme

Les auteurs en ennéagramme

Oscar Ichazo, philosophe bolivien, crée l’école d’Arica.

Claudio Naranjo, médecin psychiatre chilien.

Helen Palmer, enseignante en intuition.

Don Richard Riso a reçu l’ennéagramme des jésuites.

Russ Hudson est un enseignant connu en ennéagramme.

David Daniels, professeur clinique de psychiatrie et de sciences du comportement à l’école de médecine de l’université Stanford, enseignant majeur en ennéagramme.

Sandra Maitri, disciple de Claudio Naranjo dans les années 1970, a accentué l’aspect spirituel de l’ennéagramme.

Stephen Wolinsky, PhD et disciple de Sri Nisargadatta Maharaj, a fait le pont entre ennéagramme, transes hypnotiques et tradition de la non dualité. Il est le créateur de la “Quantum psychology”.

Fabien et Patricia Chabreuil, références francophones de l’ennéagramme.

John Luckovitch, artiste de Brooklyn, impliqué dans la 4ème voie de Gurdjieff

Eric Salmon, formé par Helen Palmer et David Daniels, créateur du CEE ennéagramme.

Les livres en ennéagramme

“Le grand livre de l’ennéagramme” de Fabien et Patricia Chabreuil : un livre très complet et très mental.

 

“The wisdom of enneagram” de Don Richard Riso et Russ Hudson : un livre profond qui propose des pistes de guérison pour chaque type. L’auteur est une référence.

 

“The instinctual drives and the enneagram” de John Luckovitch : un livre très spirituel, très différent de ce qui se fait sur ce sujet. Il est en passe de devenir mon livre préféré parmi tous les livres d’ennéagramme car l’auteur a une vision particulièrement profonde.

 

“The tao of chaos” de Stephen Wolinsky : un livre qui traite du sujet des transes hypnotiques en ennéagramme. L’auteur fait le pont entre ennéagramme et non dualité.

 

“The ennagram of society” de Claudio Naranjo : un livre qui va au-delà des personnalités des individus et qui parle en détail des passions. L’auteur est l’une des grandes figures du domaine.