Bienvenue dans un nouveau monde, celui de l’ennéagramme, cette terra incognita dans laquelle il est facile de se perdre.

 

Pour t’aider à appréhender au mieux le modèle de l’ennéagramme, je vais jouer le rôle de ton guide.

 

Commençons par le commencement :

– D’où vient l’ennéagramme ?

– Que sont les centres ? La hiérarchie des centres ? L’ego ? L’essence ? L’intégration ?

 

 

Nous allons mettre de la lumière sur ce lexique propre à l’ennéagramme.

 

Ensemble, partons à la recherche de son origine, posons les principes du code d’éthique et décrivons les briques de base pour comprendre de quoi on parle.

 

 

Grâce à l’ennéagramme tu vas découvrir pourquoi et comment les humains ne voient pas la réalité mais leur perception de la réalité grâce à une invention fascinante : l’ego.

Toutes ces bases sont nécessaires pour comprendre la suite.

Prêt pour ce fabuleux voyage dans cette figure à 9 points ?

Origine de l'ennéagramme

L’ennéagramme, c’est un peu comme l’univers :

Personne ne sait vraiment d’où ça vient…

On a des hypothèses, des récits, que je vais synthétiser ici.


L’ennéagramme a de multiples origines et il serait vain de l’attribuer à une personne. 

Nous trouvons une première trace de l’ennéagramme, vers 1500 av JC, en Chaldée.

Avant d’être un outil de connaissance de soi, c’est une figure ésotérique mystérieuse.


De là, cela passe chez Platon, Plotin et, par lui, vers certains milieux du judaïsme.  

Aux IIIe et IVe siècles après JC, les Pères du désert recherchaient avec persévérance le calme des passions (apatheia), la paix du cœur (hesychia) et la contemplation du divin (theoria) jusqu’à la transformation en Dieu. 

Ils ont dressé la liste des passions qui détournent l’homme de Dieu : la gourmandise, la luxure, l’avarice, la tristesse, la colère, l’acédie, la vaine gloire et l’orgueil.

Pour les Pères du désert, une solide connaissance de soi amène la reconnaissance de sa passion dominante et à ce moment l’homme peut entreprendre le chemin de libération de l’ego. 

 

Pour Évagre le Pontique, les vices ou « pensées tentatrices » nous empêchent d’accueillir Dieu en nous et d’avoir le cœur en paix, dépourvu de passion.

 

Ainsi parle-t-il en termes proches de l’ennéagramme :

 “Je dois identifier en premier lieu le type auquel j’appartiens, afin de vaincre mon vice. Je dois observer où s’écoule le courant de mon énergie, et ce qui m’arrête et m’entrave. La source de ma principale faiblesse est également la source de mon don le plus remarquable. C’est au travers de mes passions les plus violentes que je puis me frayer un chemin vers mon talent le plus sûr ; alors, ma passion sera transformée et je pourrai porter les fruits que l’Esprit de Dieu m’a accordés en partage.”

 

Dans les débuts du christianisme, on trouve des traces de l’ennéagramme dans les Églises chrétiennes de Perse au IIe siècle” 

 

 

Georges Ivanovitch Gurdjieff fréquente dans son enfance un de ces monastères où les travaux d’Évagre se sont perpétués. Il est le premier à mentionner l’Ennéagramme en Occident, à Saint-Pétersbourg, en 1917.

 

Gurdjieff a été fortement critiqué pour les méthodes discutables qu’il utilisait.

Il lui arrivait de pousser certains de ses étudiants dans leurs retranchements pour amplifier leur passion dominante et leur faire remarquer combien ils réagissaient de façon automatique… Question éthique on repassera !

 

Dans les années 1960, un philosophe bolivien, Oscar Ichazo, a l’idée brillante d’associer la symbolique du diagramme aux axes passions/vertus des Pères du désert. Il ajoute ainsi aux sept « péchés capitaux » catholiques deux passions : le mensonge et la peur.

C’est ainsi que chaque « péché capital » correspond à un ennéatype, qui représente la passion de chaque profil.

 

Dans les années 1960, notamment à cause de la guerre du Vietnam, l’État de Californie accueille des pacifistes de tous genres. 

Parmi eux, de nombreux « chercheurs en humanité », médecins, psychiatres, psychologues, philosophes… Abraham Maslow, Gregory Bateson, Fritz Perls, Carl Rogers, Wilhelm Reich en font partie. 

 

Plusieurs courants se développent, parmi lesquels trois principaux : la psychologie humaniste, l’école de Palo Alto et la psychologie transpersonnelle. 

 

C’est sur ce terreau que l’ennéagramme va ressurgir ; c’est parce que les chercheurs de ces différentes écoles ont commencé à révolutionner le regard sur l’autre qu’est apparue, un jour, la nécessité d’un outil de connaissance de soi. 

 

L’ennéagramme est revenu au goût du jour parce qu’une révolution était en marche : un besoin impérieux de mieux comprendre la nature humaine et de retrouver l’Essence de l’être. 

 

Les trois principaux pionniers de l’Ennéagramme d’après-guerre – Oscar Ichazo, Claudio Naranjo et Helen Palmer – le considèrent d’abord comme un moyen d’élargir la conscience.

 

Ischazo, Palmer et Naranjo

Le médecin psychiatre Claudio Naranjo associe au développement du système certains concepts de la psychologie transpersonnelle.

 

 

Par ailleurs, il établit les correspondances entre les passions et les pathologies de la psychologie contemporaine, dans l’ordre de 1 à 9 : l’obsessionnel, l’hystérique, le type A, le dépressif, le schizoïde, le paranoïaque, le narcissique, le sociopathe et le passif agressif, dont la typologie est établie dans la « bible » de la psychiatrie moderne, le DSM.

 

Dans les années 1960, Helen Palmer crée un centre de développement de l’intuition, avec une certaine notoriété, plusieurs participants étant de hauts fonctionnaires du gouvernement. 

 

Elle répertorie 9 modes d’intuition différents. 

 

Quand sa route croise celle de l’Ennéagramme, elle constate avec surprise que les différents modes d’intuition sur lesquels elle travaille correspondent étroitement aux types de l’Ennéagramme. 

 

Helen associe l’Ennéagramme à ses recherches sur l’intuition, l’enrichissant de données plus subtiles permettant de mieux comprendre les 9 états du centre mental supérieur (l’idée supérieure).

 

 

En 1988, David Daniels, professeur en médecine spécialisé en psychologie clinique au département des sciences comportementales de l’université de Stanford, s’associe à Helen Palmer pour créer le programme de formation professionnelle à l’Ennéagramme. 

L’implication de David s’avère décisive dans la connaissance de celui-ci : non seulement Daniels est reconnu comme une personnalité éminente dans sa profession, mais il va s’arranger pour que le campus de Stanford héberge la première conférence internationale sur le sujet en 1994, qui réunit mille cinq cents participants provenant de vingt-sept pays. 

 

 

Grâce à lui, l’Ennéagramme gagne soudainement en légitimité et en crédibilité. 

Plus récemment, David Daniels s’est associé aux recherches du Dr Jack Killen sur les liens entre l’Ennéagramme et les neurosciences, qui semblent cautionner l’hypothèse des trois centres d’intelligence en les reliant aux trois émotions aversives de base : la colère, la peur et la détresse. 

 

De plus, ces recherches semblent établir que la prise de conscience de notre fonctionnement et nos automatismes sont des vecteurs de neuroplasticité.

 

 

Source : “Bible et ennéagramme”

Éthique de l'ennéagramme

L’ennéagramme est un outil vraiment puissant pour comprendre l’âme humaine.

Comme le disait ce grand philosophe, l’oncle de Peter Parker :

“Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.”

 

 

L’ennéagramme donne une connaissance précise du fonctionnement psychique et émotionnel des humains, il donne donc un certain pouvoir.

 

 

En soi c’est neutre, tout dépend l’usage. 

 

L’ennéagramme peut être utilisé pour construire des personnes de fictions pour un scénario, pour mieux se connaître soi-même, pour communiquer avec les autres, pour s’élever spirituellement, pour adapter son activité professionnelle à qui on est… Et aussi pour manipuler et appuyer sur les boutons de quelqu’un pour arriver à ses fins.

 

Comme le couteau peut servir à couper de la viande ou à planter son pire ennemi. 

 

L’outil ne détermine pas l’usage, c’est à celui qui tient l’outil de l’utiliser en conscience.

 

Respecter l’éthique de l’ennéagramme est primorial pour éviter les dérives et dangers les plus fréquents.

 

 

Quelques remarques importantes :

 

1/ Il est impossible de typer quelqu’un avec une absolue certitude. Mieux vaut laisser chaque personne se typer elle-même, éviter d’induire quoi que ce soit.

 

 

2/ L’ennéatype ne décrit pas entièrement l’individu. Il y a 800 millions de façons d’exprimer un ennéatype. L’histoire de chacun, l’éducation, la culture, rend unique chaque profil. Gardons-nous bien des généralités du genre “les types 1 sont comme ceci” ou “les types 5 sont comme cela”, d’où le fait que tu ne trouveras pas de nom correspondant aux numéros, ce que font beaucoup d’auteurs.

 

 

3/ Appliquer l’ennéagramme à soi-même avant de l’appliquer aux autres est un principe de base.

 

Le code d’éthique est primordial tant l’ennéagramme peut être mal utilisé, avec des conséquences pouvant être dramatiques !

Clarifions quelques principes

Les 3 centres

Il est monnaie courante de présenter l’être humain avec 3 fonctions : l’action (instinct), l’émotion et la pensée.

L’ennéagramme reconnaît ces 3 fonctions à travers 3 centres d’intelligence :

Le centre mental crée des représentations pour comprendre le réel, réaliser des projets, prendre une décisions ou juste pour le plaisir. Quelques caractéristiques :

– Modeler le futur

– Ordonner les informations pour créer une carte de la réalité

– Discerne avantage-inconvénient pour faire des choix

 

 

Le centre émotionnel crée un mouvement intérieur consécutif à une interaction avec nous-même, avec une personne ou avec notre environnement. L’émotion a un impact moteur, physiologique, comportemental, qui influence notre communication avec les autres. Quelques caractéristiques :

– Apprécier ce qui est beau

– Vivre au présent (l’émotion n’existe que dans l’instant)

– Entrer en relation avec autrui, s’y adapter en temps réel

 

Le centre instinctif assure la survie physique et psychique à travers l’action ou l’inaction (la fameuse inhibition comme réponse au stress). Cet instinct ne demande aucune émotion ou pensée pour agir. Quelques caractéristiques :

– Réagir à l’environnement présent.

– Concrétiser les projets dans le monde.

– Activité physique, mouvement, rapport au corps, incarné.

– Relié au passé car puise dans l’expérience vécue : “si j’ai déjà fait, je peux le refaire” 

– Fonctionnement binaire : je fais ou je fais pas, OUI/NON.

 

Attention :

1/ Les 3 centres sont d’importance égale, aucun n’est mieux ou moins bien.

2/ Les 3 centres sont à la fois dépendants et indépendants : ils interagissent en permanence. Quand ces centres divergent, ça peut générer un conflit interne à cause de friction. Par exemple je veux lancer un projet (centre mental) qui me met en joie (centre émotionnel), mais je n’arrive pas à le mettre en action (centre instinctif).

3/ Les 3 centres sont présents chez les 9 ennéatypes, dans différentes proportions.

 

Naissance de l'ennéatype

Quand le bébé naît, il n’est pas fini, il est dit néoténique. 

Dans un monde complexe où il lui est impossible de réagir par excès de chaos, le bébé va faire 2 choses :

1/ Surutiliser un des trois centres pour simplifier le réel.

2/ Sacrificier une partie de lui (l’un des centres) entre 0 et 2 ans. 

Ca lui donne un semblant de contrôle dans un monde complexe, ce qui est nécessaire à cause du stress généré par cet excès de stimuli. De fait, il colle une étiquette positive ou négative sur une partie de lui (son centre réprimé)

 

Ainsi, dans la vie de l’individu, il y aura une hiérarchie dans l’utilisation de ces centres.

C’est la surutilisation d’un des centres (et sa direction d’utilisation) qui va définir l’ennéatype.

La hiérarchie des centres

Nous valorisons tous un centre plus que les autres, nous le considérons comme meilleur, plus utile, plus efficace : c’est le centre préféré.

Nous l’utilisons automatiquement en permanence, avec excès.

 

Vient ensuite le centre qui est assujetti au centre préféré : le centre de soutien.

 

Enfin, en bon dernier, vient le centre réprimé que l’enfant a sacrifié entre 0 et 2 ans (en général nous l’étiquetons négativement et l’utilisons à reculons).

Cet “ordre d’utilisation” est ce qu’on appelle la hiérarchie des centres.

Selon le centre préféré, l’ennéagramme définit trois grandes familles :

1/ Centre préféré instinctif : 8, 9 et 1.

2/ Centre préféré émotionnel : 2, 3 et 4.

3/ Centre préféré mental : 5, 6 et 7.

 

 

Direction d'utilisation du centre

Chacun des centres peut être utilisé vers l’intérieur ou vers l’extérieur : je peux vouloir agir pour moi ou bien sur les autres ; je peux m’intéresser à mes émotions ou à celles des autres ; je peux penser pour planifier ma vie ou pour comprendre le monde.

Là aussi il y a une préférence pour l’une des deux directions.

Il existe une troisième option : des personnes qui aimeraient avoir une balance entre l’utilisation intérieure et extérieure de leur centre préféré.

 

Malheureusement pour elles, l’équilibre permanent entre extérieur et intérieur est une utopie. Souvent, ils n’arrivent plus à conjuguer les 2 directions (à cause d’une surstimulation) et leur centre préféré s’éteint (comme un disjoncteur qui fait sauter le courant) et devient alors réprimé. Cette complexité concerne les ennéatypes du triangle : ennéatype 3ennéatype 6 et ennéatype 9 (ce qui peut les rendre plus difficile à identifier que les autres).


Pour résumer :

Si le centre préféré est utilisé vers l’extérieur, ça donne les ennéatypes 8 (instinctif extérieur), 2 (émotionnel extérieur) et 5 (mental extérieur).

Si le centre préféré est utilisé vers l’intérieur, ça donne les ennéatypes 1 (instinctif intérieur), 4 (émotionnel intérieur) et 7 (mental intérieur).

Si le centre préféré est dirigé dans les 2 directions, ça donnera les ennéatypes du triangle : le 9 (instinctif intérieur et extérieur), le 3 (émotionnel intérieur et extérieur) et le 6 (mental intérieur et extérieur)

 

L'ego

 

L’ego est très souvent un sujet de discussion dans le développement personnel.

 

Mais qu’est-ce que l’ego exactement ?

 

Un jeu de construction (pas seulement réservé aux enfants !).

 

Pour le définir simplement, l’ego est un personnage de fiction qui résulte d’un assemblage de mythes donc n’ayant pas d’existence réelle (en dehors de notre propre perception).

 

Ce personnage est tellement ancré en nous à un niveau inconscient que nous avons un “sentiment d’identité”, nous sommes dans ce qu’on appelle une “transe d’identification” c’est-à-dire que nous nous identifions à l’histoire que nous avons nous-mêmes créé !

Tout cela n’a aucune réalité tangible. L’ego ne peut pas être observé, mesuré ou analysé.

 

L’ego relève de l’hypnose la plus puissante que nous connaissons, il est très difficile de s’en détacher vraiment. D’ailleurs, est-ce vraiment utile de chercher à le faire ?

On pourrait vite arriver à une dérive du développement personnel du type “tuer l’ego”.

Ce qui peut avoir du sens, c’est prendre du recul sur ce fonctionnement égotique pour sortir de transe.

En ennéagramme, l’ego sacrifie un des centres, le centre réprimé. Il est un tabouret sur 2 pieds : ça peut tenir mais ça reste instable et névrotique.

 

De base, nous sommes plus souvent en contact avec notre ego, c’est lui que nous connaissons le mieux et que nous vivons au quotidien. 

Tout simplement car ça coûte moins d’énergie, il suffit de se laisser aller à nos travers.

Dans l’ego, nous sommes déconnectés du réel, nous faisons l’expérience de notre personnage.


C’est l’omniprésence de l’ego qui rend les relations plus difficiles, comme cela est expliqué sur l’article de la compatibilité entre ennéatypes.

L'essence

Dans l’essence, le centre réprimé est réintégré et l’être humain est en contact avec ses 3 centres. Il se libère alors de la hiérarchie des centres.

 

À moins d’un travail spécifique, nous sommes peu en contact avec notre essence et c’est pourquoi l’approche de l’ennéagramme commence par une cartographie précise de notre ego.

 

Une fois en contact avec notre Essence, nous sommes beaucoup plus en relation avec le réel.

De plus, nous lâchons du lest sur nos mécanismes égotiques, ils sont beaucoup moins visibles.

 

Intégration et désintégration

On peut imaginer ego et essence comme les deux extrêmes d’une réglette.

Quand l’ego prend de plus en plus de place du fait de nos mécanismes qui s’activent, l’ennéagramme parle de désintégration de l’ennéatype : c’est un cercle vicieux où l’ennéatype vit encore plus ses mécanismes égotiques, allant jusqu’à la pathologie.

Nous avons une zone tampon où nous restons dans une forme d’équilibre puis au-delà c’est la désintégration.

À l’inverse, quand l’Essence prend de plus en plus de place à force d’un travail sur soi, on parle d’intégration de l’ennéatype, l’être transcende ses mécanismes égotiques.

Ci-dessus il est question de l’intégration et la désintégration internes.

 

Il existe aussi l’intégration et la désintégration externe où nous allons retrouver les aspects de l’ego et de l’essence des ennéatypes auxquels on est lié (par le sens des flèches).

Ces sujets, plus complexes, seront abordés dans les pages spécifiques.

Intégration et désintégration sont des sujets clés lorsqu’on parle de développement personnel et de développement spirituel.

Et maintenant ?

 

Bravo d’être arrivé jusqu’ici ! Tu as désormais les bases pour creuser chaque ennéatype.

Continuons notre ennéavoyage en allant voir :

– Comment se définit un ennéatype ? Quelles sont ses caractéristiques ?

– Qui sont les 9 ennéatypes dans le détail ?

 

Tu peux aussi avoir envie d’approfondir l’ennéagramme.

 

Faire un bilan de personnalité

 

A l’aide de la page concernée, quand tu connaîtras les 9 ennéatypes tu pourras te trouver toi-même.

 

L’observation de soi est complexe et sujette à de nombreux biais.

Le regard extérieur, en particulier celui d’un coach le plus neutre possible, peut apporter de l’eau à ton moulin.

 

Si tu le désires, tu peux profiter d’un bilan de personnalité offert.