L’ennéagramme est une boîte de Pandore, on ne sait pas à l’avance ce qu’on va y trouver et ça peut changer notre vie.

 

 

Comprendre et pratiquer l’ennéagramme sont deux phases indissociables et complémentaires.

 

Pour pratiquer l’ennéagramme, il s’agit de l’avoir bien compris au risque d’en faire n’importe quoi.

 

Ce modèle, simple en apparence, regorge de nuances.

 

 

Beaucoup de personnes me demandent :

 

 

Que faire une fois qu’on a trouvé son type ?

 

La question est pertinente tant le champ des possibles est vaste !

 

 

Dans cet article, tu vas découvrir tout ce que l’on peut faire avec l’ennéagramme, les applications possibles.

 

 

Juste avant, reprenons les bases de la compréhension de l’ennéagramme.

Comprendre l'ennéagramme

Comprendre l’ennéagramme, c’est comprendre :

– Les fondamentaux : les 3 centres (mental, émotionnel, instinctif), le centre préféré, le centre de soutien et le centre réprimé, l’intégration et la désintégration internes.

 

– Les 9 ennéatypes : l’architecture d’un ennéatype et les 9 profils dans le détail avec leurs mécanismes (compulsion, mécanisme de défense, passion/vertu, fixation/idée supérieure, peur de base/désir de base, problématique)

 

– Les notions plus avancées : l’intégration et la désintégration externes, les ailes, les sous-types.

 

On a toute la vie pour pratiquer l’ennéagramme, alors n’allons pas trop vite en besogne sur l’application concrète. 

 

 

Il est important de s’assurer d’avoir bien compris l’ennéagramme pour le pratiquer, sans quoi on tombe dans l’un des pièges, on l’applique de façon inadéquate à notre vie et on en paie le prix.

 

 

Pas besoin d’avoir lu 10 auteurs, des milliers de pages et suivi 4 formations (même si lire des livres aide à mieux comprendre le modèle, et qu’une formation sérieuse me paraît nécessaire).

 

 

Avoir compris en profondeur les 3 centres suffit déjà à avoir des applications concrètes dans la vie, même si on ne connaît pas notre ennéatype.

 

Par exemple, je sais que je réprime mon centre instinctif car il m’est difficile de me lever le matin, de me mettre en mouvement, de faire preuve de discipline, d’écouter mon corps pour m’arrêter de manger à satiété, pour me coucher quand je suis fatigué… 

Quand je manque de ressources, c’est le premier qui lâche : je reste chez moi, je bouge peu, je lâche mes habitudes…

 

J’ai donc énormément à gagner à nourrir mon centre instinctif en l’écoutant : me demander de quoi j’ai envie dans l’instant, me mettre en mouvement, écouter mon corps… En accordant du temps et de la présence à ce centre instinctif, ça va aider à son développement.

 

Je peux faire ça peu importe mon ennéatype, c’est déjà une application concrète du quotidien.

Trouver son type ennéagramme

Comprendre l’ennéagramme mentalement n’aide pas à trouver son type.

On peut se faire croire qu’on est autrement que ce qu’on est vraiment.

 

Et je sais de quoi je parle, car avec une approche mentale et superficielle de l’ennéagramme, je me suis reconnu surtout dans le type 7.

 

En regardant ma vie, j’y ai vu beaucoup d’éléments du 7 : je déteste les limites, j’ai du mal à m’engager, je suis curieux et j’ai plein d’idées et de projets que je partage, je suis beaucoup dans mon mental à faire des plans et à réfléchir à des théories, je suis facilement déconcentré et dispersé.

 

 

Dans la réalité émotionnelle de tous les jours, ma problématique est beaucoup plus émotionnelle : le regard des autres, la reconnaissance, la problématique identitaire… 

 

 

 

Et ce n’est pas du tout le type 7, alors que j’en étais convaincu.

Je me suis fourvoyé pendant des années, j’ai payé le prix de mon mensonge à moi-même et de ma connaissance superficielle de l’ennéagramme !

 

 

Je retrace tout le processus (utilisé dans les sciences) que j’ai suivi pour trouver MON type ennéagramme dans un autre article.

 

Pour être pertinent, l’ennéagramme demande d’être pratiqué, vécu, de passer dans l’être tout entier.

 

Aller voir ses peurs les plus profondes, ses émotions, ses zones d’ombre, ses motivations sous-jacentes…

 

Tout cela nous informe grandement sur notre type.

 

Certaines personnes aiment se raconter des histoires et se faire croire qu’elles sont d’un type parce que ça les arrange… Ce n’est pas comme ça que tu trouves ton type !

 

Il est important d’utiliser une approche par la négative pour éviter le biais de confirmation d’hypothèse.

 

C’est ce qui s’est passé avec le type 7 : comme la description collait avec ce que je voyais de moi, je trouvais immédiatement tous les exemples pour valider ce que je croyais, grâce à mon biais de confirmation.

 

A un moment donné, comme dans les sciences, il est pertinent de passer par tous les ennéatypes pour les éliminer factuellement en trouvant des contre-exemples, des preuves de l’absence d’un des mécanismes-clés du type.

 

Il y a toute une méthode pour trouver ton ennéatype sans passer par un test dont la fiabilité laisse grandement à désirer pour un sujet aussi important.

 

Par exemple, je n’ai pas un mécanisme de “planification/futurisation” du type 7 qui fuit dans ses plans excitants futurs pour éviter la souffrance. Je fais globalement peu de plans dans le futur, ce qui invalide le type 7.

 

 

Et une fois qu’on a trouvé son type, qu’est-ce qu’on en fait ?

Pratiquer l'ennéagramme au quotidien

Une fois qu’on a trouvé son type ennéagramme, le plus croustillant commence.

Que faire avec ça ?

D’abord il s’agit d’orienter notre démarche.

On en revient toujours au fameux “pourquoi” !

Pourquoi veux-tu utiliser l’ennéagramme ?

Qu’est-ce qui est important pour toi ?

Quelle est ta priorité et pourquoi ?


Pratiquer l’ennéagramme n’est pas une démarche anodine : ça amène à plonger en plein dans ton intériorité, à te voir tel que tu es, à prendre conscience de tous tes mécanismes égotiques, aux transes hypnotiques de ton profil de personnalité (surtout la transe d’identification, au plus profond de chaque ennéatype).

 

La claque peut être violente selon le niveau de déni et de mensonge à toi-même.

Tu as donc tout intérêt à avoir un élan intérieur fort de te connaître réellement avant toute chose.

Toutes les approches utilitaristes de l’ennéagramme du type “comment améliorer mon couple grâce à l’ennéagramme”, “comment mieux convaincre grâce à l’ennéagramme” ou “comment être plus éveillé grâce à l’ennéagramme”… Passeront avant tout par aller voir vraiment qui je suis, quel est mon type et comment il se manifeste, au risque de rester en superficie et de ne pas récolter les fruits de l’arbre.

 

Ce serait comme pratiquer le yoga pour le stress ou pour mieux dormir, on perd l’essence de la discipline.

Ce n’est pas “mal”, il faut juste avoir conscience de ce qu’on fait.

L’ennéagramme commence par la compréhension du modèle puis par la compréhension (viscérale, émotionnelle) de soi-même.

Sans ça, honnêtement, inutile d’aller plus loin.

Une fois que tu es à peu près sûr de ton type, que tu vois tes mécanismes à l’œuvre de plus en plus, tu peux orienter ta pratique quotidienne selon ce que tu veux en faire.

Tu ne pourras pas travailler sur tous ces domaines à la fois car pour assouplir ton système, ça demande du focus.

La neuroplasticité demande de se concentrer même si le simple fait de t’observer au quotidien, de voir tes mécanismes, de te comprendre encore plus finement, d’apprendre à aimer ce que tu vois de toi… impacte TOUS les domaines de vie.


Quel angle principal souhaites-tu donner à ta pratique :


– Le bien-être intérieur ?

Comme dit ci-dessus, l’ennéagramme a avant tout, selon moi, une vocation à se connaître et à s’aimer tel qu’on est.

On est avec nous-mêmes tout le temps, 24h/24, 7j/7, 365 jours/an. 

Autant commencer par là ! 

Il est intéressant d’être curieux de tous nos mécanismes égotiques, de voir nos centres en action, de connaître dans les moindres détails comment nous fonctionnons pour mettre de la souplesse dans notre système psychique.

L’acceptation radicale de qui nous sommes mène nécessairement à l’amour de soi.

Cela me paraît être une démarche saine de “développement personnel” (je mets des guillemets car ce n’est pas pour moi du développement personnel, on ne cherche pas à développer son ego, c’est plutôt l’épanouissement de l’essence). 

 

– La spiritualité et l’éveil ?

L’ennéagramme a une dimension ésotérique et mystique affichée dont, paradoxalement, peu d’auteurs parlent vraiment.

Les auteurs modernes l’ont dépouillé de toute dimension ésotérique pour le populariser : il est devenu un outil qui décrit 9 personnalités clichés avec toutes les dérives qu’on connaît.

 

Sauf qu’on ne peut pas parler d’ennéagramme sans parler d’essence et d’éveil, puisque dans le principe même de l’ennéagramme (tel que je l’ai compris) il y a l’idée de la libération des mécanismes égotiques, de nourrir l’Essence et d’intégrer sa personnalité, pour terminer le processus d’individuation… tout un programme !

Cela peut aussi aller avec le développement du centre intuitif.


– Le business et le domaine professionnel ?

 Utiliser l’ennéagramme pour mieux vivre ton travail actuel, pour travailler là où tu es naturellement bon, ou pour te reconvertir, voire développer ton activité si tu es déjà entrepreneur, en voyant où l’ennéagramme peut t’aider.

L’ennéagramme peut t’aider à orienter ton activité professionnelle pour qu’elle soit plus juste et plus épanouissante pour toi.


– Les relations sociales ?

L’ennéagramme a un immense champ d’applications dans le domaine relationnel.

Lorsqu’on connaît notre ennéatype, qu’on connaît celui de nos amis, de nos proches, ça aide énormément.

L’ennéagramme permet de développer plus d’empathie, de compréhension, il nous aide à réaliser à quel point nous sommes tous logés à la même enseigne.

Tout le monde va se rapatrier sur ses mécanismes égotiques en fonction de son type, dès qu’il n’a plus les ressources, qu’il est fatigué, stressé.

C’est comme un élastique qui nous ramène au même endroit lorsque l’ego s’active.

L’ennéagramme peut amener beaucoup de souplesse dans les relations inter-personnelles.


– Le couple ?

Ce qui vaut pour les relations sociales en général sont valables a fortiori dans le couple.

L’ennéagramme peut aider à comprendre notre partenaire, ses peurs, ses désirs, ses réactions.

L’ennéagramme nous donne une grille de lecture, il ne nous informe pas ce qu’on va en faire.

On peut tout à fait utiliser l’ennéagramme pour tyranniser l’autre et le manipuler, tout comme on peut l’utiliser pour le comprendre davantage et chercher à vraiment se relier.

L’outil ne détermine pas l’usage qu’on en fait.

Avec une voiture, je peux rendre service à quelqu’un que j’aime en l’emmenant tout comme je peux écraser des gens.

Une fois au clair avec ton intention principale avec l’ennéagramme, je vais te proposer 4 pistes possibles pour aller plus loin.

Appliquer l'ennéagramme à soi

On l’a dit, l’ennéagramme est avant tout un outil de connaissance de SOI, même si ce n’est pas du développement personnel pour moi.

 

La tentation est grande de l’utiliser pour les autres, repérer LEURS mécanismes, LEUR ego, LEURS failles, car ça permet de ne pas mettre la focalisation sur soi.

 

Gardons à l’esprit le vieil adage de “balayer devant sa porte”.

 

 

Il y a moult façons d’appliquer l’ennéagramme à soi.

 

On peut voir les centres en action et réaliser quand notre réaction égotique automatique est inappropriée.

 

Par exemple, quand quelqu’un est dans une émotion forte et qu’il a besoin d’écoute et de présence, le centre instinctif va donner des directives, des conseils “tu devrais faire ci, ou faire ça”, inciter l’autre à l’action, à se bouger et le centre mental va poser des questions, chercher à comprendre, à analyser.

 

Alors qu’il serait plus pertinent pour nourrir la relation de faire appel au centre émotionnel pour amener une simple écoute.

 

 

Le travail sur les centres est fondamental et extrêmement puissant :

 

On peut agir sur le centre de soutien en l’utilisant pour lui-même et pas aux fins du centre préféré (car dans l’ego le centre de soutien est l’esclave du centre préféré).

 

On peut aussi nourrir le centre réprimé, ce qui va demander beaucoup de patience, de douceur et de persévérance, car c’est LE centre que nous ne voulons pas utiliser dans l’ego. 

On ne lui fait pas confiance, on fait tout pour éviter de s’en servir… Alors qu’il est absolument nécessaire pour être un individu unifié (pléonasme).

 

Essaie donc de t’asseoir sur un tabouret à 2 pieds…

 

Tout cela aura pour effet de tempérer l’usage du centre préféré : tout est question de proportion.

 

Dans un même temps, tu peux t’occuper de tes mécanismes égotiques en commençant par bien les connaître (cf la partie “comprendre l’ennéagramme”) puis en les repérant dès qu’ils surgissent dans ta vie.

 

 

Attention, il y a un raccourci fréquent d’étiqueter comme “mal” ou “mauvais” les mécanismes égotiques.

 

Ca n’est pas le cas : ils sont nécessaires à l’ego pour se protéger quand il manque de ressources et qu’il ne peut pas faire autrement.

 

Il s’agit plutôt de les chérir pour ce qu’ils sont : une incapacité à faire différemment, permettant de survivre.

 

Partant de ce constat, on peut leur dire merci : sans eux, on ne serait pas là.

 

Ta mission est de les repérer, de les voir en action, de te voir avec honnêteté sans émettre d’avis.

 

Avoir une opinion, juger le mécanisme égotique, l’étiqueter de “mal”, c’est très fort… Parce que c’est l’ego qui se flagelle lui-même (comme dans Fight Club), ce qui le nourrit encore.

 

Simplement, on le remarque, on le voit, on s’en amuse, on se détend, on respire.

 

Amuse-toi de ton fonctionnement, ça va t’aider à mettre beaucoup de souplesse dans ton système.

 

La douceur est la clé !

L’auto-empathie nourrit l’Essence.

 

 

C’est avec cet amour, cette douceur, que le mécanisme égotique peut s’interrompre et laisser place à autre chose.

 

 

Ne sois pas pressé avec tout cela, tu as toute la vie.

Il n’y a pas d’objectif, pas d’urgence : toute hâte dans ce domaine se solderait pas un effet contraire à celui rechercher.

 

Pour ma part, je fais en sorte chaque jour d’être un peu plus présent à moi, à ce que je vis et à ce que je ressens vraiment.

Ca m’aide à débusquer mes mécanismes égotiques de plus en plus rapidement, jusqu’à les voir dans l’instant par moment.

 

Affûter ce qu'on connaît de l'ennéagramme

Avoir lu ce site ou des livres ne suffit pas.

Suivre une formation ne suffit pas.

 

 

La théorie de l’ennéagramme, c’est très intéressant, mais rien ne change tant que ce n’est pas appliqué concrètement.

 

 

Quand tu estimes avoir assez de base (et sans formation ou sans accompagnement ça me paraît illusoire), va dans le monde !

 

Confronte ta vision de chaque type avec des gens que tu connais, va voir la richesse, le florilège d’expressions que peut revêtir un ennéatype.

 

L’ennéatype c’est comme un arbre : le mot unique “arbre” parle de plus de 100 000 espèces différentes dans la réalité.

 

Pour un ennéatype, c’est pareil : il y a environ 800 millions de personnes pour chaque ennéatype, ça laisse de quoi t’entraîner…

 

Tu te doutes bien que 800 millions de personnes n’ont pas exactement la même personnalité, tout comme 2 arbres ne se ressemblent pas du tout, même s’ils ont des racines, un tronc, des branches et des feuilles.

 

En discutant avec les gens sans a priori, en les questionnant, en t’intéressant sincèrement à eux, non seulement tu crées des relations agréables, et en plus tu peux enrichir tes références en terme d’ennéagramme.

 

De la même façon, les livres de fiction, les films, les interviews sont des mines d’or pour enrichir ta connaissance des ennéatypes.

 

Ca va t’aider à entraîner ta démarche scientifique pour ne pas sauter tout de suite aux conclusions avec un biais de confirmation qui va valider ton intuition.

 

Personnellement, les films m’ont énormément apporté pour comprendre les ennéatypes.

 

Quand les personnages sont bien construits, ils sont cohérents et collent parfaitement avec un ennéatype en particulier.

 

La série Kaamelott est un excellent entraînement, ça m’a personnellement beaucoup aidé à m’entraîner.

 

Tout cela œuvre au développement du modèle dans ton esprit.

 

Ca aide à sortir d’une vision trop sérieuse, c’est comme des mini-jeux !

Dans les films, les livres, comme dans les débats politiques, tu peux observer les jeux de l’ego, les jeux de pouvoir, les jeux d’influence, les jeux familiaux, les jeux dans le couple… (cf les jeux psychologiques en analyse transactionnelle).

Grâce aux arts (cinéma, littérature, en particulier), tu as accès à une bibliothèque de ressources quasi-infinie pour t’entraîner !

Continuer de creuser le modèle

"Toi, tu creuses."

T’entraîner sur le terrain c’est génial, ça va te permettre de concrétiser tes connaissances et de rendre pratico-pratique la chose.

 

Ensuite, selon tes envies, tu peux continuer à creuser sur le modèle de l’ennéagramme.

 

Au-delà du type de base, il y a énormément de finesse à aller chercher dans les sous-types (conservation, social, sexuel), la hiérarchie des centres (variantes alpha et mu), les ailes et bien évidemment tout le panel d’intégration et désintégration qui fait la diversité des êtres humains de cette planète.

 

Les humains vont du plus désintégré au plus intégré, tous les fonctionnements sont dans la nature, ce qui rend d’ailleurs obsolète toute idéologie prônant une vérité unique.

 

Cela peut te donner l’occasion d’observer comment un individu manifeste un ennéatype quand il est déprimé, quand il est sous l’emprise de ses mécanismes égotiques, quand il va super bien, quand il lâche prise sur ses mécanismes égotiques…

 

Je suis vraiment fasciné de voir toute cette diversité d’expression !

 

Tu peux aussi creuser les relations entre ennéatypes, voir quelles sont tes affinités naturelles avec quels types, quels sont tes points d’accroche avec d’autres… Même si cela dépend plus du niveau de conscience que de l’ennéatype (on en reparle juste en dessous).

 

Tu peux voir le type de communication de chaque ennéatype.

 

Comme toutes les sciences, ça va te demander de passer par la pratique.

 

Compléter avec d'autres modèles

L’ennéagramme n’est pas la réalité, c’est un modèle.

Comme tout modèle, il ne pourra jamais appréhender un individu dans son intégralité, seulement s’en approcher.

 

Connecter l’ennéagramme avec d’autres modèles permet de l’enrichir, de le nuancer, de le compléter.

 

Le modèle qui complète le plus l’ennéagramme à mon sens est la spirale dynamique.

 

 

La spirale dynamique décrit des niveaux de conscience de l’humanité, autant à l’échelle sociétale (un pays, une société) qu’à l’échelle individuelle (une personne).

 

Là encore, cela demande de bien comprendre le modèle avant de l’appliquer.

 

Même si l’ennéagramme est un modèle qui inclut le processus dynamique des individus (avec l’intégration et la désintégration), prendre en compte la spirale dynamique dans un ennéatype permet d’ajouter une autre dimension au modèle et de le faire passer de la 2D à la 3D.

 

On pense souvent qu’une personnalité de type 1 est quelqu’un qui est ordonné, qui aime la structure, qui respecte les codes moraux de la société…

 

C’est vrai… Pour un 1 qui est dans un niveau de conscience Bleu dans la spirale dynamique.

 

Le type 1 ne parle pas d’ordre, de structure, de moralité…

Le type 1 parle de “contrôle sur soi”, de poursuivre SES idéaux à travers l’action, de rapport à la colère, de la fixation de perfectionnisme… Ce qui peut tout à fait amener un type 1 à se construire CONTRE (formation réactionnelle, son mécanisme de défense) une société qu’il rejette, si le type 1 développe Orange par exemple.

 

Le type 1 suit ses idéaux, c’est le plus important pour lui, quel qu’en soit le prix.

 

Ainsi, la spirale dynamique nous fait prendre conscience de la diversité de formes que peut prendre un ennéatype.

 

Dans le film Gladiator, certains auteurs mettent Commode (le fils de Marc-Aurèle) en type 8.

Or, nous sommes à une époque où le niveau Rouge est très présent.

 

Commode n’est pas de type 8, c’est un type 4 qui a un niveau Rouge très présent.

 

La nuance est de taille, car le psychisme de l’individu, ses motivations, les caractéristiques de son ego et son essence son décrites par l’ennéagramme… 

Tandis que son niveau de conscience est décrit par la spirale dynamique, et définit les conditions de vie, la vision du monde, le systèmes de valeurs.

 

 

Cela est fin et nuancé, les deux modèles s’entremêlent, ça prend des années à développer cette finesse.

N’allons pas trop vite en besogne, prenons le temps d’explorer, d’abord sur soi puis sur les autres.

 

Tu peux aussi creuser l’analyse transactionnelle : ce modèle développé par Eric Berne nous parle des 3 états du moi (parent, adulte, enfant), qui décrit les jeux psychologiques. Parmi les jeux psychologiques, on retrouve le bien connu triangle de Karpman (persécuteur, sauveur, victime).

 

Oui, tout ça prend du temps, c’est le prix à payer pour connaître et pratiquer l’ennéagramme. Il n’y a aucune obligation !
Quand on s’amuse, quand ça nous intéresse, on le fait simplement.

Un chemin sans but

Une dernière précision : l’ennéagramme n’a pas de but, pas de finalité.


On l’a dit, il peut nous aider à être plus éveillé à nos propres mécanismes, à chérir des relations plus profondes et respectueuses, à faire un métier plus cohérent avec notre fonctionnement…

Pour autant, l’ennéagramme n’a pas de finalité.

Il n’y a pas de but, ni de lumière au bout du tunnel.

Il n’y a pas d’endroit où aller, une finitude, un accomplissement, un diplôme.

C’est un chemin qui mène vers nulle part, comme la vie.


Le seul but, si tant est qu’il y en ait un, c’est que l’ennéagramme t’aide à vivre ta vie plus en te connaissant mieux et en connaissant mieux les gens qui t’entourent.

Et c’est déjà extraordinaire, car c’est une porte vers plus d’amour, plus de compréhension et plus d’empathie.


Si tu souhaites aller plus loin avec l’ennéagramme, tu peux réserver un bilan de personnalité dès maintenant.

Livres pour aller plus loin

Les livres pour creuser l’ennéagramme sont nombreux.

 

Voici ma sélection de 4 livres fort recommandables (la plupart en anglais) :

– Le grand livre de l’ennéagramme : un livre très complet et très mental.

– The wisdom of enneagram : un livre profond qui propose des pistes de guérison pour chaque type. L’auteur est une référence.

– The instinctual drives and the enneagram : un livre très spirituel, très différent de ce qui se fait sur ce sujet. Il est en passe de devenir mon livre préféré parmi tous les livres d’ennéagramme car l’auteur a une vision particulièrement profonde.

– The tao of chaos : un livre qui traite du sujet des transes hypnotiques en ennéagramme. L’auteur fait le pont entre ennéagramme et non dualité.

– The ennagram of society : un livre qui va au-delà des personnalités des individus et qui parle en détail des passions. L’auteur est l’une des grandes figures du domaine.

 

Tous ces livres, aussi géniaux soient-ils, ne se substituent pas à une formation, dont la tradition orale ne peut être remplacée, ni par ces lignes, ni par des milliers de pages.

 

Chaque auteur parle de sa vision personnelle, d’où l’intérêt de multiplier les livres et les points de vue pour le développement de ta propre carte du monde.

 

Une image vaut mille mot, une transmission orale vaut dix mille pages.