L’ennéagramme paraît obscur quand on tombe dedans la première fois.

 

Il y a tout un jargon d’initiés : ennéatype (ou type de personnalité), centre, compulsion, passion, fixation, intégration, vertu…

 

La compulsion est au centre de chaque type de personnalité et elle figure parmi les points les plus importants pour comprendre le modèle de l’ennéagramme.

 

 

Peut-être que tu te demandes :

 

– Qu’est-ce que la compulsion en ennéagramme ?

– Comment s’exprime la compulsion chez chaque type de personnalité ?

– Qu’est-ce que ça implique pour l’ego et la personnalité de chacun ?

– Comment se servir de cette information et appliquer l’ennéagramme dans la vie ?

 

Ensemble, plongeons dans la compulsion afin de comprendre de quoi il retourne et de mieux comprendre l’ennéagramme.

Une histoire de rétine

 

Peu de personnes connaissent le fonctionnement particulier de la rétine.

 

Au niveau de l’œil, là où le nerf optique s’insère, il n’y a pas de photorécepteurs responsables de la vision.

 

On l’appelle la tâche aveugle : à cet endroit de la rétine, l’œil est complètement aveugle.

 

 

 

Nous devrions tous avoir 2 trous noirs en plein milieu de notre champ visuel.

 

Et pourtant…

Je ne sais pas toi, moi je vois niquel !

Le cerveau comble cet espace et nous donne l’illusion d’un champ visuel homogène.

(On parle alors d’hallucination positive, où le cerveau surajoute quelque chose dans sa perception du réel. On peut halluciner au niveau visuel, auditif, kinesthésique…)

 

 

La compulsion en ennéagramme est à la psyché ce que la tâche aveugle est à l’œil.

 

 

À cet endroit de sa psychologie, l’ego ne voit pas et pour autant on a pas l’impression qu’il y a un endroit du réel que l’on évite compulsivement…

Jusqu’à découvrir l’ennéagramme !

La compulsion en ennéagramme

Dans l’ennéagramme, la compulsion (ou évitement compulsif) est la partie de la réalité que l’ego ne peut pas gérer et évite de façon automatique et totalement inconsciente.


Dans la construction de l’individu, c’est présent dès la naissance et ça concerne 
chaque profil de l’ennéagramme !

 

 

A peine sorti du ventre de sa mère, le bébé a déjà son type de personnalité. 

Son centre préféré et sa direction d’utilisation sont déjà figés.

 

Quand et comment ça a lieu ?

Mystère. 

 

Il y a une piste génétique car les vrais jumeaux seraient de même type de personnalité alors que ce ne serait pas le cas des faux jumeaux.

 

Toute la personnalité de l’individu se construit autour de cette compulsion, comme une muraille.

 

 

Comme l’ego ne peut pas gérer ce pan du réel, il a créé des mécanismes pour éviter d’y être confronté, comme l’œil comble l’endroit du champ visuel où on ne voit pas.

 

Nous allons reparler de ces mécanismes de l’ennéagramme plus bas.

 

Il y a juste un problème : ce pan du réel existe.

 

 

Si je suis en forêt et qu’un ours fonce vers moi, j’ai beau fermer les yeux, le réel me rattrapera toujours.

 

De la même façon, ce n’est pas parce que chaque type de personnalité a une compulsion qu’elle n’existe pas.

 

La compulsion n’existe pas… pour lui. Les autres voient ça comme un élément du réel normal, ils peuvent ne pas être à l’aise avec, ils n’ont pas pour autant tous les mécanismes de l’ennéatype qui cherche à éviter à tout prix cet élément.

 

Ainsi, dès que l’individu fait face à ce pan du réel qu’il ne peut pas gérer, tous les mécanismes égotiques s’activent pour éviter de le vivre. 

 

Voilà pourquoi c’est extrêmement compliqué à mettre en lumière chez soi. 
(Un bilan de personnalité peut t’aider à t’éclairer sur tes mécanismes et mieux te connaître.). 

 

 

Tout comme dans une famille ou dans une société qui se fondent sur des tabous, la personnalité de l’individu se fonde sur cet évitement compulsif.

 

Tu sens le malaise ? C'est ça un tabou

La compulsion n’est pas une peur ou une difficulté.

 

Ce n’est simplement pas concevable, ça n’existe PAS !

 

Tout le système fait comme si ça n’existait pas, comme la tâche aveugle.

 

Et c’est bien là le problème !

C’est un déni du réel et ça finit par causer du préjudice, pour chacun des 9 types de personnalité.

 

L’ego comble le vide avec ses mécanismes automatiques.

 

 

Par exemple, je suis de type 3 de l’ennéagramme (centre émotionnel intérieur & extérieur) donc mon système ne peut pas gérer l’échec.

 

 

Mentalement, je dis facilement que l’échec est source d’apprentissage, que c’est important d’échouer pour se relever…

 

 

D’où ces citations de 3 : 

“Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends” Nelson Mandela

“Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas.” Thomas Edison 

“Il n’y a pas d’échec, il n’y a que du feedback”. présupposé de PNL

 

 

 

En fond de ces citations, il y a la volonté d’esquiver complètement l’échec, de ne pas vouloir le vivre, de le recadrer avec un autre regard sur la réalité.

 

 

J’ai beau savoir mentalement que l’échec existe, dans la pratique je ne vois pas l’échec car mon système ne peut pas le vivre.

 

 

 

Et pour cause :

 

La compulsion est le mécanisme le plus inconscient car, on l’a dit, TOUTE la personnalité égotique s’est construire autour.

 

Chaque compulsion est à remettre dans le contexte du centre préféré de l’ennéatype : le type 3 surutilise son centre émotionnel à l’intérieur et à l’extérieur.

Il a tellement besoin de reconnaissance extérieure et intérieure qu’il va s’identifier à une image idéale extérieure, lui permettant d’obtenir cette reconnaissance et fuir l’échec comme la peste.

 

Le mot parle de lui-même : c’est un évitement compulsif, l’ego ne peut pas faire autrement pour exister.

 

 

 

Tout comme tu ne vois pas la tâche aveugle de ta rétine.

 

 

 

Les autres peuvent le pointer du doigt, car ils la voient, c’est même souvent évidemment pour eux !

 

Seul le type 3 de l’ennéagramme a la compulsion de l’échec.

 

Pour les 8 autres types de personnalité, leur système peut traiter l’échec.

 

 

Autrui peut jouer ce rôle de miroir pour éclairer nos mécanismes égotiques, c’est à faire doucement car ce système de protection est très efficace et il est coûteux pour le psychisme d’aller voir au fond ce qui se cache.

 

 

Alors, comment repérer un mécanisme aussi inconscient que la compulsion ?

 

Là encore l’ennéagramme nous éclaire.

La cascade de la compulsion

 

“Il n’y a pas de fumée sans feu” dit l’adage.

 

Eh bien, il n’y a pas de compulsion sans mécanisme de défense, passion et fixation.

 

 

Si le réel me montre exactement ce que je ne veux pas voir, je vais déployer automatiquement ces 3 mécanismes de l’ennéagramme :

 

Le mécanisme de défense, la passion et la fixation.

 

 

C’est d’ailleurs comme ça qu’on peut typer chaque type de personnalité de l’ennéagramme.

 

Pas par les comportements, pas par le physique, pas par la façon de parler,…

 

On repère un ennéatype en repérant chacun de ses mécanismes.

 

 

Le mécanisme de défense est comme une emplâtre sur une jambe de bois, il permet de ne pas voir ce qu’il y a dessous.

 

Il protège ainsi la tâche aveugle de l’ego et préserve son sentiment d’exister.

 

En ce sens, on dit souvent de l’ego qu’il est une illusion.

 

Nous y reviendrons plus bas.

La compulsion de chaque ennéatype

Chacun des 9 types de l’ennéagramme a sa propre compulsion, liée à la surutilisation du centre préféré (et à la sous-utilisation du centre réprimé, car quand nous sommes en contact avec nos 3 centres, les mécanismes égotiques s’apaisent et l’essence se déploie)

 

La compulsion du type 1 est : la colère.

Le paradoxe du type 1 c’est que c’est le seul type de l’ennéagramme a avoir la même compulsion ET passion. Donc il ressent la colère autant qu’il l’évite compulsivement. Ainsi, à chaque fois que l’ego s’active, la colère sort et il la réprime aussitôt, car son système ne peut pas la gérer.

Pour éviter la colère, l’ennéatype 1 déploie la formation réactionnelle, il se forme CONTRE l’objet de sa colère.

 

La compulsion du type 2 est : reconnaître ses propres besoins.

Pour recevoir de l’amour et de la reconnaissance de l’extérieur, le type 2 ne reconnaît pas ses propres besoins, de sorte de laisser toute la place pour prendre soin des besoins des autres. 

C’est LE manipulateur émotionnel de l’ennéagramme, capable d’halluciner les besoins des autres et de les “forcer” à en prendre soin, pour recevoir la reconnaissance qu’il ne se donne pas.

Pour éviter de reconnaître ses propres besoins, l’ennéatype 2 va simplement les réprimer et les considérer comme illégitimes.

 

La compulsion du type 3 est : l’échec.

Pour recevoir de la reconnaissance de toute part, le type 3 oblitère l’échec de sa réalité, de sorte de cumuler un maximum de succès.

C’est LE profil de l’ennéagramme obsédé par son image, par la réussite sociale.

Pour éviter l’échec, l’ennéatype 3 va s’identifier à un idéal du soi et chercher à y coller le plus possible.

 

La compulsion du type 4 est : la banalité.

Le type 4 ne peut pas exister s’il est comme tout le monde, il va donc tout faire pour être différent.

Ca l’amène à croire que quelque chose cloche chez lui et qu’il dysfonctionne.

Avec le 7, il est le type le plus centré sur lui-même (et surtout sur ses émotions) de l’ennéagramme. C’est lié au centre préféré qui est dirigé vers l’intérieur.

Pour éviter la banalité, l’ennéatype 4 introjecte et sublime ses émotions, c’est-à-dire qu’il va s’approprier les émotions des autres et intensifier tout ce qu’il vit.

 

La compulsion du type 5 est : le vide intérieur.

Le type 5 ne peut pas imaginer que sa carte du monde ait une faille, il va donc chercher une exhaustivité et une précision maximale pour ne jamais y faire face.

Pour éviter le vide intérieur, l’ennéatype 5 s’isole et se retire du monde pour combler les potentielles failles de sa carte du monde. 

Il veut absolument comprendre tout du monde qui l’entoure, c’est un centre mental extérieur.

 

 

La compulsion du type 6 est : la déviance (du cadre).

Le type 6 se protège des dangers du monde grâce à son Cadre, c’est la forteresse idéologique qui le maintient en sécurité. Il fait donc TOUT pour être loyal envers son cadre. Il anticipe automatiquement tous les dangers possibles et imaginables, même les plus improbables.

Pour éviter la déviance du cadre, l’ennéatype 6 projette ses zones d’ombre à l’extérieur, histoire que tout le négatif soit hors de lui, loin, loin, loin.

 

La compulsion du type 7 est : la souffrance.

Pour le type 7, la souffrance n’est pas envisageable, son système se construit donc autour du plaisir, ou devrais-je dire, des plaisirs. 

C’est LE manipulateur mental de l’ennéagramme, il aime faire tourner les autres en bourriques pour arriver à ses fins.

Pour éviter la souffrance, l’ennéatype 7 intellectualise et rationalise, renvoie la faute sur les autres. Avec son centre mental tourné vers l’intérieur, il peut rester concentré sur ce qui l’amuse, ce qui peut le faire jouir mentalement.

 

La compulsion du type 8 est : la faiblesse.

Le type 8 veut contrôler tout son monde extérieur. Dans un monde hostile et dangereux, il ne peut donc pas se permettre d’être faible ou vulnérable.

C’est le type de personnalité le plus reconnaissable de l’ennéagramme car il est très direct, excessif, dur à cuire, souvent colérique et ne se cache pas de son tempérament.

 

Pour éviter la faiblesse, l’ennéatype 8 entre en déni pur et simple : elle n’existe pas. Logique.

 

La compulsion du type 9 est : le conflit.

 

C’est le profil qui se connaît le moins dans l’ennéagramme, c’est pour ça qu’il est souvent vu comme lisse, sans personnalité. Il a tendance à être apprécié par tout le monde. Logique, là encore.

Pour éviter tout conflit, le type 9 va s’anesthésier et se narcotiser, se couper de son corps… Pour ne pas se connaître. Car s’il se connaît, il connaît ses émotions, ses besoins, ses limites et ça créerait du conflit à un moment donné.

Tout est bon pour se narcotiser : les réseaux sociaux, les jeux vidéo, les cryptomonnaies, la drogue, la nourriture, les livres…

Le type 9 est capable de rompre une relation pour ne pas entrer en conflit. 
Il peut inhiber sa colère et ses émotions pendant des années (mais attention au retour de flamme).

Et si j'ai plusieurs compulsions ?

Certaines personnes croient avoir plusieurs profils de personnalité de l’ennéagramme.

 

“Je me reconnais dans le 3, le 7 et le 8” ou même “je me reconnais dans tous les types, c’est n’importe quoi cet ennéagramme !”.

 

C’est normal de se reconnaître dans plusieurs types !

 

L’ennéatype 9 n’a pas le monopole de la narcotisation, l’ennéatype 6 n’a pas le monopole de la projection et l’ennéatype 3 n’a pas le monopole de l’identification.

 

Quand on doute entre plusieurs types, ça dit déjà quelque chose de nous.

 

Nous avons chacun les 3 centres présents dans toutes les directions, d’où le fait qu’on puisse se reconnaître dans plusieurs personnalités.

 

 

Seulement, il y en a UN SEUL dans lequel TOUS les mécanismes sont présents : notre ennéatype.

 

 

Pour valider un ennéatype, nous devons voir tous les mécanismes : compulsion, mécanisme de défense, passion et fixation. 

 

(il est plus simple d’identifier quelqu’un de désintégré que quelqu’un d’intégré, car dans l’essence, tous les mécanismes égotiques s’apaisent).

 

 

Tu peux ne pas être à l’aise avec le conflit, tu n’es pas pour autant d’ennéatype 9.

 

Ce genre de raccourci est classique et pourtant faux.

 

 

Pour le 9, il n’y a pas de conflit, ça n’existe pas, il fait tout pour éviter de le vivre.

 

La compulsion est totalement inconsciente, ton système ne peut pas le gérer, donc tu ne le vois même pas !

 

 

On a une seule compulsion, car notre ego s’est construit autour de cet évitement.

Et par conséquent, on retrouve les autres mécanismes systématiquement.

Une voie d'intégration

 

Maintenant que tu connais la compulsion de chaque type de personnalité, que faire avec ça ?

 

L’ennéagramme est une voie incroyable pour s’intégrer, déployer son essence et arpenter un chemin spirituel, pour qui en ressent l’appel.

 

C’est le chemin de toute une vie. 

 

 

Déjà, ça commence par connaître ton type de personnalité.

 

Pour cela, rendez-vous sur la page concernée.

Tu peux le faire seul ou avec mon aide.

 

 

Même en connaissant l’ennéagramme, tu risques de ne pas voir ta compulsion car, comme dit plus haut, elle est totalement automatique et inconsciente.

 

Par contre, tu peux voir la passion et la fixation beaucoup plus facilement : même si ce sont des mécanismes automatiques, en musclant ta métacognition, tu seras vite capable de les repérer car ils sont plus “à la surface”.

 

Du plus profond au moins profond : compulsion, mécanisme de défense, passion/fixation

Tu pourras aussi voir le mécanisme de défense à force de t’entraîner, même s’il est déjà plus profond.

 

Dès que tu vois des mécanismes de l’ego à l’œuvre, tu as déjà amorcé le processus de désidentification.

 

Si tu vois ton ego à l’œuvre, qui est le “tu” qui voit ?

C’est bien que tu n’es pas QUE ton ego.

L’ennéagramme est d’une aide précieuse dans ce processus.

 

Je t’invite à garder beaucoup de douceur et de légèreté dans ce travail, car tu retomberas encore et encore dans tes mécanismes égotiques et c’est complètement OK.

Ca fait partie de toi, il n’y a pas à lutter contre au risque de les renforcer encore plus.

Dans un cheminement spirituel, ça fait partie des basiques.

 

Pour faciliter ta recherche et aller plus loin, tu peux aussi réserver un bilan de personnalité offert.