La compatibilité dans l’ennéagramme est souvent mise sur la table…

 

Quel type ennéagramme est le plus compatible avec tel autre type ?

Quel type ennéagramme est le moins compatible avec tel autre type ?

 

On aimerait avoir un mode d’emploi tout prêt pour savoir avec qui on est compatible et avec qui on ne l’est pas. 

 

Avoue que ce serait pratique !

 

Ce qui t’intéresse est de savoir avec qui tu peux bien t’entendre, non ?

 

Mauvaise nouvelle :

 

Le type ennéagramme est peu pertinent pour prévoir avec quelle personne tu vas bien t’entendre.

 

La bonne nouvelle : il existe une façon plus pertinente pour connaître ta compatibilité dans une relation… 

 

Et nous allons voir pourquoi dans cet article.

Ennéagramme et compatibilité en vidéo

La compatibilité n'est pas une question de type ennéagramme

Beaucoup de sites sur internet proposent des tableaux de compatibilité entre tous les types ennéagramme

Ce que j’ai vu m’a dépité, ça n’a aucune pertinence.

Exemples :

– Le type 1 et le type 3 sont censés bien s’entendre : j’ai vu le contraire dans ma vie.

– Deux types 9 auraient tendance à ne pas être très compatibles : pourtant je connais des 9 qui s’entendent extrêmement bien.

 

Les tableaux de compatibilité en ennéagramme que tu peux voir sur internet sont aussi absurdes que les tests.

 

Comment serait-il possible de prédire la compatibilité de 2 individus à partir de leurs types ennéagramme ?

 

Voici pourquoi c’est complètement absurde :

 

1/ Le type de personnalité de l’ennéagramme ne dit pas comment chacun l’exprime.

Ton type de personnalité est comme le David de Michel-Ange : il est un potentiel que tu sculptes toute ta vie. Il n’est jamais figé et toujours en mouvement.

 

2/ Le type de personnalité ne renseigne pas le sous-type, ni l’aile dominante, ni la hiérarchie des centres.

Ainsi, un 3w4 sous-type social qui réprime le centre instinctif a d’énormes différences avec un 3w2 sous-type conservation qui réprime le centre mental.

L’ennéagramme étant un modèle poussé (tu peux passer des années à l’approfondir), on a tendance à vouloir le simplifier et ramener tout à 9 types clichés… C’est OK d’utiliser des archétypes, mais quand on fait ça, on ne fait pas de l’ennéagramme.

Or, toutes les finesses des types jouent un rôle non négligeable dans la relation, comme tu vas le découvrir dans un instant.

 

3/ Le type de personnalité de l’ennéagramme ne renseigne pas le niveau d’intégration ou de désintégration.

Savoir que quelqu’un est de type 2 ou de type 4 ne te renseigne en rien sur la relation que tu vas pouvoir entretenir avec lui.

Les types 7 ne sont pas plus agréables comme partenaire de vie que les types 6 ou les types 4. 

Le niveau d’intégration te renseigne beaucoup plus sur la personne que son type de personnalité.

 

4/ Le type de personnalité de l’ennéagramme ne renseigne pas sur le niveau de conscience.

Tous les types ont accès à tous les niveaux de conscience.

Qui se ressemble s’assemble et cela tend à se vérifier avec le niveau de conscience : des gens de milieux et de culture très différentes peuvent être en relation voire en couple, car leur niveau de conscience est proche.

 

5/ Le type de personnalité de l’ennéagramme ne dit rien de l’histoire, de la culture.

La culture peut jouer un grand rôle dans la compatibilité ou la non compatibilité entre des individus, tout comme l’histoire de la personne, sa famille, son enfance…

L’ennéatype ne nous renseigne pas sur tout cela.

Avec ces 4 éléments, comment peut-on croire sérieusement qu’il existe des types compatibles et des types non compatibles ?

Les types ennéagramme sont des potentiels que chacun sculpte à son image, un simple profil que chacun s’approprie.

 

Le risque est encore de mettre les gens dans des cases, de les limiter à leur profil, alors qu’ils sont bien plus que cela.

Tu peux bien t’entendre avec les 9 types, bonne nouvelle hein ? 🙂

 

Se baser sur le type ennéagramme de quelqu’un pour connaître ta compatibilité avec cette personne reviendrait à se baser sur l’aspect extérieur de ton corps pour prédire ton niveau d’études ou tes performances sportives : oui ça peut donner un indice, mais c’est tellement dérisoire qu’il y a plus de risques d’induire en erreur qu’autre chose.

Définitivement, il existe des couples heureux avec tous les types et des couples malheureux avec tous les types également.

Ce qui compte vraiment pour une relation saine : les 3 critères de compatibilité

Il y a 3 critères bien plus pertinents que les types ennéagramme pour savoir si tu vas bien t’entendre avec une personne. Quels sont ces 3 critères ?

1/ Le niveau d'intégration :

En ennéagramme, plus quelqu’un est désintégré, plus l’ego est présent, avec tous les mécanismes du type : compulsion, mécanisme de défense, passion, fixation. Ca fait partie des basiques à connaître.

 

Quand tu es en relation avec quelqu’un de très désintégré, quel que soit le type ennéagramme de cette personne, c’est compliqué à vivre.

 

Pour faire simple, tous les types bien désintégrés sont insupportables et “non compatibles” et tous les types bien intégrés sont agréables à vivre et “compatibles”.

 

Ca dépend bien de leur niveau d’intégration et pas de leur type…

 

Bien sûr, un type 8 désintégré est beaucoup plus rentre dedans et provocateur (par sa fixation de vengeance et sa passion d’excès) qu’un type 9 désintégré qui s’efface encore plus (par sa fixation d’oubli de soi et sa passion de paresse). Sauf que le 9 qui explose est extrêmement dangereux aussi…

 

Il te sera difficile de créer une relation épanouissante avec quelqu’un, quel que soit ton type ennéagramme ou le sien, s’il est/tu es en phase de désintégration, en proie aux mécanismes de l’ego…

 

En terme relationnel, il est plus nourrissant de t’entourer de personnes intégrées qui sont conscients de leur ego, de leurs mécanismes, de leur type… et qui “bossent” dessus, que de personnes en pleine désintégration.

 

C’est bien normal, plus tu t’intègres plus tu connais tes émotions et tes besoins, plus tu peux les exprimer et écouter les émotions et les besoins de l’autre.

 

La nature étant bien faite, ça s’attire naturellement.

 

Sans être parfaitement intégré moi-même (loin s’en faut), aujourd’hui je suis entouré de personnes relativement intégrées dans ma vie.

 

NB : Le sous-type joue un rôle non négligeable.

Un type blessé au niveau du sous-type conservation va avoir des problématiques permanentes autour de la nourriture, de l’argent, de la sécurité immédiate… 

Au plus un sous-type est blessé, au plus cela revient dans les discussions et parasite considérablement toutes les relations de la personne.

 

L’intégration d’un sous-type consiste à lâcher prise sur les problématiques de celui-ci et rend les relations plus pacifiques.

 

Quand tu vis avec quelqu’un qui a toujours peur de manquer de nourriture ou qui se met en colère si la voiture n’a pas toujours le plein d’essence… Ca part mal.

2/ Le niveau de conscience :

Un décalage de niveau de conscience est probablement LE facteur qui crée le plus de dissonance dans une relation.

Par niveau de conscience, j’entends par là niveau dans la spirale dynamique.

 

La compatibilité a ses limites quand il y a un grand écart en terme de niveau de conscience.

 

Si tu as une vision transrationnelle de la vie, capable de multiples points de vue, que tu es conscient de tes besoins et que tu les exprimes… Ca va être compliqué d’être en lien avec un partenaire qui a une vision prérationnelle, empêtrée dans le bien et le mal, qui n’est pas vraiment conscient de qui il est.

 

Rien n’est impossible, mais c’est compliqué pour se comprendre et communiquer de cœur à cœur.

 

Le niveau de conscience étant étroitement lié au niveau de complexité que tu es capable d’appréhender, s’il y a trop d’écart, l’un de deux va clairement s’ennuyer comme un rat mort dans la relation car certains besoins ne seront pas nourris.

3/ L'énergie dégagée :

Tu sais, cette énergie extrêmement attirante qui te fait naturellement aller vers une personne ? 

 

C’est quelque chose d’inexplicable qui compte beaucoup plus que le type ennéagramme, même si ça peut être lié.

 

 

Son énergie dépend énormément de son état d’esprit, de sa posture, de son mode de vie, de ses passions, de ses projets et même des 2 premiers points (niveau de conscience et niveau d’intégration)…

 

Quand tu as des atomes crochus avec quelqu’un, tu te fiches de son type ennéagramme pour savoir s’il y a oui ou non compatibilité selon un tableau créé par on ne sait qui.

 

Tu le sais parce que tu le sens. Point.

 

Ceci étant, le type ennéagramme est utile plus tard dans la relation comme nous allons le voir dans quelques instants.

La compatibilité amoureuse et l'ennéagramme

Là où le type ennéagramme est pertinent à connaître et à utiliser, c’est au sein même de la relation (il s’agit déjà de connaître le tien).

 

La compatibilité amoureuse n’a aucun rapport avec l’ennéagramme, c’est au-delà du type. Tous les types forment des couples, y compris les personnes de même profil.

 

Décides-tu qui t’attire et qui ne t’attire pas ?

Non car l’attirance est totalement inconsciente.

 

Les critères plus pertinents à regarder sont les 3 vus plus haut.

 

Au sein de la relation de couple, tu peux utiliser ton type ennéagramme et celui de ton amoureux/se.

 

En connaissant ton type, tu connais ta pente glissante, tu sais où tu galères, comment tu vas réagir et ça te permet de t’en rendre compte et ne pas foncer tête baissée dans tes mécanismes.

Ca te permettre de prévenir ton/ta partenaire sur ton fonctionnement automatique et inconscient, afin que ça ne le surprenne pas.

 

En connaissant le type de l’autre, tu connais sa pente glissante et tu sais exactement les mécanismes auxquels tu vas avoir à faire face.

 

Là où c’est intéressant, c’est qu’en connaissant les deux types dans la relation, tu connais le point de tension principal et cela va t’aider à l’anticiper et/ou à le gérer au mieux. 

 

Par exemple, dans un couple où l’homme est de type 5 (mental extérieur) et la femme de type 2 (émotionnel extérieur), la femme a tendance à deviner les émotions et les besoins de son partenaire (quitte à les inventer), avant même que lui en soit conscient.

 

Le type 5, qui chérit son intimité et n’aime pas voir son espace vital envahi, a tendance à se renfermer dans son monde, car il a du mal avec l’intrusion, un thème récurrent chez le 2 (par l’aide constante qu’il cherche à apporter).  

 

Dans ce couple type 5 – type 2, il serait intéressant que le type 5 livre ce qu’il ressent vraiment (et ainsi dépasser sa passion d’avarice où il ne parle pas de lui) et que le type 2 laisse la possibilité à l’autre d’avoir sa bulle pour vaquer à ses propres occupations (et ainsi nourrir son idée supérieure de liberté).

 

Dans leur pente glissante, s’ils ne font pas attention, leur point d’accroche va toujours être le même : le type 2 reproche au type 5 de ne pas être assez présent, pas assez démonstratif ni affectueux ; le type 5 reproche au type 2 d’être trop émotionnel, trop envahissant.

 

Quand tu connais ton type et le type de ton partenaire, cela vous donne la possibilité de sublimer ce point de tension et le transformer en quelque chose de constructif pour le couple.

 

Chaque type de personnalité de l’ennéagramme étant régi par ses mécanismes égotiques, ce qui compte réellement dans une relation est leur fréquence d’apparition.

 

Un type 2 qui serait en permanence dans son ego à étouffer ses besoins et à vouloir à tout prix prendre soin des autres, aura tendance à les envahir et il sera très difficile à vivre, quelle que soit l’ennéatype avec qui il sera en couple.  

 

À l’inverse, un type 2 plus souvent dans son essence qui a apaisé son ego, sera plus présent à lui-même et saura laisser les autres tranquilles, sans être en permanence sur leur dos à vouloir leur rendre service alors qu’ils n’ont rien demandé : son aide et son amour seront alors les bienvenus lorsque ce sera sollicité.

 

La communication en ennéagramme : comment améliorer tes relations

Pour améliorer tes relations avec les autres, il y a quelques pistes que tu peux creuser.

Avant de les détailler, sache qu’il n’est ni possible ni souhaitable d’être aimé de tout le monde (j’ai aimé y croire, j’ai testé… mais non).

Certains êtres humains sont faits pour être ensemble, d’autres pas, cela dépasse largement le cadre de cet article et de l’ennéagramme : tout est parfait tel que c’est.

 

Ne te force pas à entrer en lien avec quelqu’un avec qui ça ne colle pas. Tu le “sens” de toute façon. Si tu te forces, ça va créer des tensions, de la colère, de la peur… et ça part tôt ou tard en sucette.

 

Ceci étant dit, tu peux te rendre plus agréable avec n’importe qui avec ces 3 points :

1/ Identifier ton intention dans la relation.

La manière la plus constructive est de nourrir une intention de relation et non de résultat.

Considérer la relation comme une finalité et non comme un moyen d’atteindre un résultat est le plus souhaitable.

Si tu attends sans cesse quelque chose de l’autre, que tu as des projets implicites, que tu veux le contrôler,… les jeux de pouvoir vont s’enchaîner et ça va entacher la qualité du lien.

Tant que tu gardes une intention bienveillante à l’égard de l’autre, ça a toutes les chances de bien se passer (même si ça ne dépend pas que de toi).

 

2/ Apaiser ton ego.

Pour minimiser les accrocs dans une relation, tu peux commencer par te détendre et apaiser ton ego, en particulier en lâchant prise sur ton centre préféré. 

La tendance de l’ego est de vouloir toujours tout régler avec le centre préféré, c’est ce qui crée du désordre.

Tu tireras énormément de bénéfices à nourrir ton centre réprimé.

Cela t’aide à nourrir ton essence et à cheminer vers l’intégration.

 

3/ Apaiser l’ego de l’autre

Quand tu connais l’ennéagramme, tu peux travailler avec même si l’autre ne connait pas ce modèle : le couple est une excellente façon de pratiquer.

La BASE, c’est déjà de ne pas activer l’ego de l’autre volontairement.

Quand tu connais son type, tu sais ce qui l’active…

Par exemple, si tu es en relation avec un type 1, veille à éviter de critiquer la façon dont il fait les choses en lui disant que c’était pas assez bien ou perfectible.

Sinon tu risques d’activer la compulsion de colère et le mécanisme de défense de formation réactionnelle… et rentrer dans une boucle égotique qui ne rend pas service à la relation.

Tu ne peux pas être parfait, souvent nous activons l’ego de l’autre sans faire exprès, c’est normal et ça fait partie du jeu. Moi le premier.

Je t’invite alors à prendre les devants pour présenter tes torts et à faire preuve d’indulgence envers toi-même.

 

Le reste est au-delà de l’ennéagramme, c’est du bon sens : apaiser l’ego de l’autre, ça commence avant tout par l’écouter vraiment, en se taisant et en le laissant parler, en le rassurant quand il est dans ses insécurités… Ce sont les bases de la communication.

 

En clair :

– Quel que soit l’ennéatype, il n’y a aucune incompatibilité a priori.

– La compatibilité est bien plus une question d’énergie globale, de niveau de conscience et de niveau d’intégration que de type ennéagramme.

– Connaître les types ennéagramme (le tien et celui de ton partenaire) permet de connaître la zone de tension prioritaire entre deux types et ainsi préserver la relation.

– Tout part de l’intention sous-jacente à toutes tes interactions.

 

Pour aller plus loin, tu peux réserver un bilan de personnalité.