L’ennéagramme est une superbe piste de développement personnel.

Il nous enseigne que chaque type de personnalité est unique, qu’aucun n’est meilleur qu’un autre, que chaque personnalité est nécessaire et qu’il est vain de vouloir être autre chose que ce qu’on est.

 

Le point de départ est le suivant : je me prends tel que je suis, avec ma beauté et ma laideur.

 

Dans ce guide, nous allons aborder l’ennéagramme sous l’angle du développement spirituel. 

La spiritualité, kézako ?

La spiritualité est parfois vue comme quelque chose de perché.

 

En effet, on oppose souvent le versant spirituel (très éthéré, “flyé” comme disent les québécois) au versant concret (très terre à terre).

 

Cette opposition n’est qu’apparente, car la spiritualité telle que nous allons l’évoquer ici avec l’ennéagramme est très concrète.

 

La spiritualité perchée est souvent l’apanage des personnes qui fuient la réalité parce qu’ils vivent trop de souffrance et cherchent refuge dans la spiritualité en se déconnectant complètement de la réalité (c’est une stratégie comme une autre, qui sommes-nous pour en juger ?).

 

Ce n’est qu’une fuite de l’ego pour éviter de faire face à la dureté du réel, ça n’a rien à voir avec une approche traditionnelle de la spiritualité incarnée, littéralement dans la chair.

 

Une spiritualité déconnectée de la réalité… n’est pas de la spiritualité.

Spiritualité vient du latin “spiro” qui veut dire souffle, respiration.

Dans nombre d’approches traditionnelles, l’élément central qui revient encore et toujours, c’est la respiration. Probablement parce que c’est la façon la plus simple de revenir dans notre corps, donc dans la réalité physique.

 

J’insiste sur ce point : la spiritualité incarnée est celle qui amène à une intégration de la personnalité, à la différence de la spiritualité perchée consistant à fuir ce monde qui ne fait que rendre la personne inadaptée à la vie quotidienne.

La voie de la non dualité

Si tu t’intéresses à la spiritualité tu as forcément entendu parler de la dualité et de la non-dualité/unité.

 

Au premier regard, l’objectif serait de sortir de la dualité et d’atteindre l’unité.

 

Tout le paradoxe de cette quête, c’est qu’en posant l’Unité comme un objectif, un état désiré, on en fait une expérience extérieure à nous qui nous maintient de facto dans la dualité.

 

Vivre sa spiritualité, ça commence déjà par sortir de la volonté d’un futur meilleur.

Pas un renoncement au sens “je suis dépité, je ne peux rien y faire”, mais bel et bien un abandon à ce qui est.

Prendre tendrement le réel dans les bras pour accueillir les choses telles qu’elles sont, comme nous l’enseigne la locution latine Amor Fati.

En nous prenant tel que nous sommes, nous “dé-splittons” notre psyché, nous entamons un processus de réunification intérieure.

(et c’est très exactement ça que je trouve pertinent dans la démarche spirituelle)

C’est là que l’ennéagramme prend tout son sens, comme nous allons en reparler plus bas.

 

Prenons une métaphore et imaginons notre esprit comme de l’eau.

 

Au plus nous sommes splittés, avec différentes sous-personnalités en conflit les unes avec les autres, au plus l’eau est séparée dans différentes bouteilles (ça peut aller jusqu’à la pathologie, cf le film Split).

Nous voyons les autres comme d’autres bouteilles d’eau : mon voisin l’Evian, mon ami la Salvetat, mon frère la Mont Roucous. 

 

Notre sentiment d’identité induit par l’ego crée l’illusion de séparation des autres êtres vivants. JE suis différent de toi.

L’idée de la spiritualité, c’est de vider ces bouteilles et de réunir toute l’eau dans l’océan, ce que nous appelons unité.

 

Quand tu regardes la figure de l’ennéagramme, c’est ce qu’elle signifie : le rond symbolise l’unité. Les 9 ennéatypes (9 bouteilles différentes et complémentaires) finissent par se retrouver dans le Un.

 

Mais ce n’est pas quelque chose qui s’atteint, qui se ferait par la volonté conscience.

Il n’y a pas de but, il n’y a pas d’objectif, rien de tout ça n’est sérieux.

Si nous entrons là-dedans, il s’agit d’un appel intérieur et cela se fait “tout seul”.

 

L’interventionnisme ne peut aboutir qu’à un effet pervers qui arrive à l’opposé de l’intention initiale. (pense à la dernière fois que tu as voulu à tout prix dormir par exemple)

La démarche spirituelle est surtout une démarche de déconstruction de nos schémas, de notre identité narrative, de nos certitudes, ancrées pendant de nombreuses années.


Pour cela, certains utilisent des symboles comme les animaux totems.

La transe hypnotique la plus forte

Fuuuuuuuu...sion !

Il y a une transe hypnotique plus forte que toutes les autres. 

Mais jute avant d’en dire plus, qu’est-ce qu’une transe hypnotique ?

 

“Hypnos”, c’est le sommeil : la transe hypnotique, c’est un état dans lequel une part de nous qu’on pourrait appeler la conscience, s’endort, perd de sa lucidité.

 

Un film suffisamment captivant te met en état de transe hypnotique, tu oublies complètement ton identité l’espace de 2 heures, tu deviens le personnage, tu vis ses émotions, tu as peur pour lui… Tu vis une transe d’identification. Par contre, au bout de deux heures, tu réintègres ton “toi”, tu ne restes pas bloqué sur le personnage du film.

 

Où je veux en venir ? La transe hypnotique la plus puissante, celle que nous vivons TOUS en permanence depuis des lustres :

 

C’est la transe hypnotique d’identification à l’ego.

 

Être certain que je suis “moi”, ce personnage bien spécifique que j’ai créé de toute pièce.

 

Depuis tout petit, nous filtrons la réalité pour la voir toujours avec le même angle de vue, de sorte de nourrir notre personnage (grâce à un partie de notre cerveau appelé le système réticulé activateur, qui nous montre toujours plus de la même chose)

 

Plus jeune, je n’osais pas aller vers les autres, je me mettais à part des groupes : j’ai filtré le réel en tirant la conclusion que j’étais différent des autres. 

Mon sentiment d’identité s’est fondé entre autres là-dessus et j’ai mis longtemps à comprendre que j’avais créé ce personnage de toute pièce.

 

Les événements nous arrivent et nous les interprétons pour garder toujours la même vision de la réalité, ça nous rassure, ça nous donne un sentiment de stabilité de notre identité.

 

 

 

 

Il y a un juste un problème :

Plus je suis identifié à quelque chose, plus je suis déconnecté de la réalité (puisque je suis dans une transe).

 

 

 

Voilà comment nous en arrivons à interpréter la réalité pour nourrir notre personnage à chaque minute de notre existence :

– Quelqu’un ne vient pas à un RDV et tu l’interprètes comme un manque de respect ou tu penses qu’il ne t’aime pas.

– Ton partenaire de vie te fait une remarque et tu l’interprètes de façon à te considérer comme “pas assez bien”

– Tu vois un fait divers à la TV et tu te dis que le monde est vraiment dangereux, qu’il faut se protéger et que c’était quand même plus sûr avant.

 

 

Quand on est dans une transe, on ne vit pas dans la réalité, mais bien dans la transe.

 

La première fois que je l’ai réalisé, j’ai été pris de vertige.

 

 

J’ai compris que la matrice, c’était mon propre ego, ma certitude d’être ce personnage en quête de reconnaissance, de succès et de réussite sociale.

Et au-delà de ça, qu’y a-t-il ?
La nature essentielle de tout : la vacuité. Rien.

La transe nous protège de cette peur de la dissolution, de cette vacuité.

 

Cette peur de n’être rien, c’est la peur d’être tout, qui renvoie à notre pouvoir de création.

 

 

Dans une transe, nous nous perdons nous-mêmes, nous perdons le contact avec notre être pour en sélectionner juste une partie.

 

En utilisant l’ennégramme, nous pouvons justement prêter attention aux mécanismes égotiques de chaque ennéatype pour sortir de nos transes préférées.

 

Chaque personnalité de l’ennéagramme vit dans des transes hypnotiques dont les principales sont :

 

1/ Changement de personnalité : Identification & Dissociation 

 

• Identification : avoir l’impression d’être quelque chose ou quelque chose d’autre, un peu comme les acteurs.

Le type 3 s’identifie à ses objectifs et ses succès, le type 4 s’identifie à ses émotions changeantes, le type 1 s’identifie à ses idéaux élevés.

 

 

• Dissociation : avoir l’impression d’être séparé de soi-même, s’observer de l’extérieur sans rien ressentir.

Le type 5 vit la dissociation de son corps et de ses sensations quand son ego est activé.

 

2/ Voyage dans le temps : Régression en âge & Progression en âge 

 

• Régression en âge : voir, entendre et ressentir ce que nous avons déjà vécu dans le passé.

Le type 4 vit la régression en âge avec sa fixation de mélancolie, le type 3 pour revenir sur ses succès antérieurs.

 

• Progression en âge : voir, entendre et ressentir ce que nous espérons ou sommes persuadés de vivre dans une situation à venir

Le type 7 vit la progression en âge avec sa fixation de futurisation, le type 6 également en imaginant les scénarios terribles qui pourraient survenir, le type 4 pour ressentir les émotions liées à ses fantasmes.

 

3/ Modification de souvenirs : Hypermnésie & Amnésie

• Hypermnésie : se souvenir d’un épisode de notre vie avec une multitude de détails

Le type 8 vit l’hypermnésie en se rappelant d’un maximum de détails pour nourrir sa fixation de vengeance.

• Amnésie : tout ou partie d’un moment de notre vie est complètement oublié

Le type 7 vit l’amnésie pour éviter de se rappeler les moments de souffrance et oblitérer tout le négatif de sa vie.

 

4/ Distorsion des sensations : équivalent kinesthésique des hallucinations visuelles et auditives.

• Création de sensations 

Le type 2 peut créer toutes les sensations dans son propre corps en s’identifiant aux émotions d’un proche à lui.

• Suppression de sensations

Le type 9 peut supprimer sa colère, son ressentiment, pour éviter de créer un conflit.

 

Faut-il à tout prix sortir de ces transes ? Bien sûr que non.

Comme expliqué plus haut, il n’y a pas d’objectif.

Par contre, si une transe cause trop de souffrance, on veut souvent en sortir.

La transe pète quand on arrête d’y croire, comme un fusible.

Tu l’auras compris, la transe la plus omniprésente est l’identification.

C’est une sorte de méta-transe car elle implique toutes les autres, c’est donc la plus difficile à faire disparaître.

L'ennéagramme spirituel & le paradoxe de l'éveil

L’ennéagramme nous apprend à évoluer spirituellement, avant tout en nous prenant tel que nous sommes ici et maintenant.

Le processus est en 3 phases : la phase mentale, la phase émotionnelle et la phase instinctive.

 

1. La première phase mentale est l’observation de soi.

Elle consiste à s’observer en train de vivre. Observer quoi exactement ? 

Nos pensées, nos émotions, nos actions, nos paroles, nos sensations, nos peurs, nos doutes, nos jugements, nos certitudes…

 

Cette observation est dénuée de tout jugement : il s’agit simplement de regarder le réel tel qu’il est.

Si tu es familier de la méditation Vipassana, c’est exactement ce que ça signifie “voir les choses telles qu’elles sont”.

 

Comme dans la communication non violente, tu distingues bien l’observation (les faits) des sentiments (ton interprétation de ces faits).

 

 

2. La deuxième phase émotionnelle est l’accueil (amour) inconditionnel.

 

Il s’agir de revenir dans son corps, dans son cœur, dans ses tripes et ressentir.

La peur de ne pas être aimé, de ne pas être suffisant, d’être seul.

La tristesse d’avoir perdu un être cher, d’avoir été dur envers soi.

La colère d’avoir été manipulé, trompé, par un proche, par l’état, par un associé.

 

Dans cette phase il s’agit de s’autoriser à ressentir tout ce qui nous traverse.

 

 

 

3. La troisième phrase instinctive est le mouvement.

Il s’agit de sortir de l’illusion, de passer un niveau de conscience.

Elle consiste à emprunter la voie du moindre effort.

Il s’agit de se mettre en mouvement sans pour autant faire d’effort car il n’y a rien à “faire” en tant que tel.

Dans le Taoïsme, on parle de Wu-Wei : le non agir. 

C’est souvent mal compris, il ne s’agit pas de ne rien faire, mais de ne pas forcer.

 

Le corps va dans l’action sans faire intervenir la pensée consciente.

 

Lorsque j’ai commencé à écrire cette page ce n’était pas une volonté consciente, c’était un appel intérieur à écrire sur ce thème. 

Je n’ai pas à me forcer ou à me discipliner, j’ai envie d’écrire et ça se fait tout seul.

 

Le meilleur exemple est le sommeil : au plus tu veux dormir, au moins tu dors.

Parce que ce n’est pas dans la volonté que ça se fait.

 

On s’endort quand justement on lâche la volonté de s’endormir.

 

La vie est pleine de paradoxes et c’est ce qu’on va retrouver aussi dans l’éveil spirituel.

Au plus tu voudras t’éveiller, au plus tu resteras enfermé dans tes mécanismes égotiques.

C’est, paradoxalement, sans rien faire, en t’observant et en accueillant ce que tu ressens, que tu vas te mettre en mouvement, exprimer ton Essence (au sens de l’ennéagramme) pour peu à peu vivre l’Unité.

Ennéagramme et spirale dynamique

La spirale dynamique est un modèle qui nous aide à intégrer notre ego et unifier notre être.

 

La spirale dynamique est une représentation imagée de l’évolution par stades successifs de la conscience humaine et des systèmes de valeurs développés par les humains tout au long de l’évolution. 

 

 

L’évolution spirituelle provoque une expansion de niveau de conscience dans la spirale dynamique, en suivant les 3 phases détaillées plus haut.

L’individu est de moins en moins splitté, il sort de la pensée absolue et dogmatique, il développe ses propres opinions tout en remettant en question ce qu’il croit, il écoute et comprend le point de vue de chacun en considérant que chacun a raison et il tempère lui-même à terme ses propres paradigmes, il sait se satisfaire d’un “je ne sais pas”. 

Il ressent de plus en plus faire UN avec le tout, tout en gardant sa propre individualité, comme un arbre qui appartient à la forêt mais qui reste unique.

 

Tu peux en découvrir plus sur la spirale dynamique sur la page éponyme.

Sortir d'une transe hypnotique

"Vous êtes une illusion les mecs"

Selon ton ennéatype, les transes les plus fortes diffèrent.

Pour connaître ton profil de personnalité, tu peux te rendre sur cette page.

 

L’humain est rarement un individu (au sens indivisible), que ce soit avec lui-même ou avec son environnement, il est souvent complètement coupé.

 

Plus haut nous parlions de l’identification à l’ego, mais l’ego n’est pas une entité seule et unique, c’est juste un vécu derrière lequel on a mis un mot.

 

Nous sommes tous plus ou moins splittés : plus on l’est, plus on souffre…

 

Il a à l’intérieur de nous, différentes parts, comme un royaume avec de multiples sujets qui sont plus ou moins en conflit les uns avec les autres.

 

 

 

 

Comment ça se manifeste ?

Prenons un exemple personnel caricatural : 

Il y a en moi la partie A (qu’on va appeler Arnold) : l’entrepreneur désirant travailler, accomplir des objectifs, avoir des clients et faire tourner son business, pour avoir de la reconnaissance et de la réussite sociale..

Il y a aussi la partie B (qu’on va appeler Calimero) : le petit enfant triste qui a besoin d’attention, d’amour et d’être rassuré, il n’a pas du tout envie de bosser mais juste de manger du chocolat et recevoir un câlin.

Il y a également la partie C (qu’on va appeler le Singe) : l’enfant joyeux, plein de vie, qui veut s’amuser, rigoler, jouer et vivre plein d’expériences amusantes.

Il y a la partie D (qu’on va appeler Dieu) : c’est une sorte de méta-part de moi, l’observateur intérieur, la conscience d’arrière-plan, qui voit tout ça se dérouler sous ses yeux.

 

 

 

 

Vice versa, film somptueux

Avant, Arnold prenait beaucoup de place chez moi, réprimant Calimero et le singe.

Plus le temps passe, plus je nourris Dieu et je crée de l’harmonie dans ce Royaume intérieur joyeux et bordélique.

Je tempère Arnold qui veut travailler tout le temps, je suis présent à Calimero, je joue avec le singe, et ces parts tendent à s’unifier, créant un tout harmonieux.

 

Ca paraît bizarre dit comme ça, et pourtant ça se passe en permanence en chacun de nous.

Au plus ces parts sont polarisées, au plus on est splitté, au plus on souffre et on vit un combat permanent.

 

Cet exemple est imagé, ces différentes énergies n’ont pas d’existence propre, ce sont différentes transes d’identification et c’est ce qui les rend réelles.

Ne prenons pas ça trop au sérieux, car c’est justement ça qui nous splitte.

 

Attention à ne pas prendre ce discours du point de vue de la dualité, il n’est pas question de bien ou de mal ici.

 

Revenons aux transes qui concerne chaque profil de personnalité.

 

 

 

Une transe a de bonnes raisons d’être, elle protège notre système psychique de la peur de la dissolution.

 

Avec une transe hypnotique qui saute, il y a généralement un “saut quantique” derrière, un flot d’émotions, et surtout une réintégration d’une part de soi.

 

Une transe hypnotique qui pète, c’est la bouteille d’eau qui se vide dans l’océan.

 

 

Prenons un exemple personnel : il y a quelques années, j’écoutais une vidéo de Franck Lopvet, un enseignant spirituel connu pour son franc parler.

Une phrase m’a particulièrement percutée : “La vie ne peut pas être réussie tout comme elle ne peut pas être échouée. La vie est juste faite pour être vécue.”

Pour quelqu’un d’autre cette phrase sonne comme une évidence.


Mon psychisme étant prêt à entendre ça, la transe d’identification “je dois réussir ma vie” très présente chez moi a pété subitement.


Pendant plusieurs semaines j’étais complètement perdu : si la vie ne doit pas être réussie, qu’est-ce que je dois faire ? Pourquoi je fais tout ça ? Où je vais comme ça ?


Cette transe protégeait mon système, me permettait de croire à l’idée d’un sens dans la vie, avec un idéal de réussite et tout le tralala des coachs de développement personnel. J’étais convaincu qu’il fallait absolument vivre sa vie sans regret, se dépasser, impacter le monde.

 

C’est juste quelque chose auquel je croyais, pas la réalité.

Je pouvais tout aussi bien aller à la plage et siroter un virgin colada en toute décontraction (surtout que j’habitais à la Réunion à l’époque).

Cette simple phrase a fait voler en éclat cette certitude, je me suis alors dit “merde, mais c’est vrai.”


Dans l’ennéagramme, mon profil de personnalité est le profil de personnalité 3, qui se définit justement par ses succès (transe d’identification aux objectifs et aux succès) et qui construit son ego tout autour de l’évitement compulsif de l’échec.

Forcément, la punchline de Franck Lopvet a ébranlé mon système, un bon 9.5 sur l’échelle de Richter de l’ego.

“Attends, mais si le succès est une illusion et qu’il n’y a rien à atteindre, qu’est-ce que je fous là ? Qui suis-je ?”

 

Ca a remis en cause tout mon ego, tout mon édifice identitaire.

Ayant pris bien deux ans pour intégrer le fait que ma vie ne peut pas être réussie ni échouée, qu’il n’y a pas de but en soi, j’ai pu arrêter de sacrifier des parties de moi, en particulier Caliméro et le Singe, que je sacrifiais sur l’autel du succès. 

Je les ai réintégré dans mon Royaume et leur laisse désormais une place de choix. 

Autrement dit, j’ai vidé deux bouteilles dans l’océan.

 

Maintenant, je suis moins splitté et plus unifié, j’ai moins de comportements, de pensées et d’émotions névrotiques. 

Je suis plus en paix avec moi-même. Jusqu’à la prochaine transe qui pètera.

Toute transe qui saute nous rapproche peu à peu de la vraie nature de la réalité, le vide.

Quelques précautions

Sortir d’une transe n’est pas une fin en soi. 

Comme je l’ai dit, il n’y a pas d’objectif, pas d’endroit où aller, pas de finalité.

Tu es déjà arrivé, puisque tu es là où tu es.

 

Là où tes fesses sont posées, c’est exactement l’endroit où tu dois être.

 

Sortir de transe et s’éveiller, ça va se faire naturellement dès lors que tu vas voir des parties de toi souffrantes.

C’est plus une démarche de non faire que de faire.

 

Quand tu vois des symptômes (frustration, phobies, compulsions, addictions…) grâce à la phase mentale, tu peux passer à la phase émotionnelle pour aller rencontrer et libérer les émotions qui stagnent en toi en les ressntant.

Nous avons des biais, des tâches aveugles qui rendent extrêmement difficiles voire carrément impossible le fait de tout faire seul.

C’est là qu’un thérapeute, un accompagnant, un enseignant spirituel, peut t’aider.

 

Ca demande d’être prêt : “quand l’élève est prêt, le maître apparaît.”

Il s’agit de créer l’écosystème idéal pour que la transe pète en toute sécurité, donc de nourrir ton attention, ta présence par quelque moyen que ce soit (méditation, arts martiaux, cuisine, marche, ou ce que tu veux) et ton auto-empathie.

 

Tant que la transe a de bonnes raisons de rester, elle restera, donc pas de pression.

Laissons-nous le temps et ayons foi en la vie !

Des livres pour aller plus loin

Les livres sur l’ennéagramme sont nombreux. Les livres sur la spiritualité aussi.


Concernant l’ennéagramme spirituel, tu peux te référer aux 2 livres suivants qui sont des perles selon moi :

• The wisdom of enneagram de Don Richard Riso et Russ Hudson

Dans ce livre de Hudson et Riso, tu vas trouver le chemin spirituel pour chaque personnalité. Ces auteurs sont vraiment une référence dans le lien entre ennéagramme et spiritualité.


• Le grand livre de l’ennéagramme des Chabreuil :

Dans ce livre, tu retrouveras chaque profil de personnalité en détail, les différentes transes, les 3 phases et quelques mots sur la spirale dynamique.

Ces auteurs sont de grands experts en ennéagramme et, pour moi, ce livre est LA référence de tous les livres en ennéagramme en français.



Tu peux aussi creuser d’autres auteurs et livres sur des sujets connexes qui ne parlent pas directement d’ennéagramme mais font un lien quand même :

• Observation de soi de Red Hawk

Comme son nom l’indique, ce livre va t’aider à développer l’observation de soi, brute et non jugeante, pour apprendre à te voir tel que tu es.

Cet auteur apporte beaucoup de clarté sur la “phase mentale” du processus.


• Le processus de la présence de Michael Brown

Dans ce livre, tu vas vraiment nourrir le processus en 3 phases, c’est un livre concret qui propose une pratique quotidienne sur 12 semaines.

Cet auteur est vraiment pertinent dans son approche de la présence.


• Les 1001 visages du bonheur de Byron Katie

Dans ce livre, Byron Katie transmet des enseignements en lien avec le Tao. 

Il se lit en ouvrant une page au hasard, il y a seulement à se laisser imprégner par ce qu’elle exprime.

Byron Katie est l’auteur très connu dans la philosophie “d’accepter ce qui est”.