Catégorie : Connaissance de soi

Mieux se connaître
Macron ennéagramme

Le type ennéagramme de Macron révélé

Tu regardes un discours d’Emmanuel Macron et il y a un truc qui te dérange sans que tu saches nommer quoi.

L’aisance, l’auto-persuasion, la capacité à retomber sur ses pattes après n’importe quel couac.

Tu te dis “il y croit vraiment ou il joue un rôle ?” Bonne question.

Et l’ennéagramme y répond mieux que n’importe quel commentaire politique, parce qu’il éclaire un profil de personnalité et sa dynamique interne, pas une opinion.

Précision tout de suite pour éviter tout malentendu : cet article ne parle pas de politique. Je n’ai aucune opinion à te vendre sur son bilan, ses réformes ou son second mandat.

L’ennéagramme n’est pas un outil pour juger quelqu’un, encore moins pour prédire ce qu’il va faire.

C’est une grille pour comprendre les motivations qui font tourner un fonctionnement psychique, une réalité humaine avant d’être une réalité politique.

Deux personnes du même ennéatype peuvent avoir des vies, des valeurs et des trajectoires complètement opposées. Rien de tout ça ne relève de la voyance.

Ceci dit, s’entraîner sur une figure publique, c’est justement ce qui rend l’ennéagramme concret. Sur toi-même, c’est difficile à cause de tous tes mécanismes de défense.

Sur quelqu’un d’exposé, avec des heures d’interviews et de discours disponibles, tu peux observer le mécanisme tourner à l’air libre, avec un peu d’attention et d’analyse. C’est un exercice pour s’entraîner plus qu’autre chose.

L’ennéagramme, en bref

L’ennéagramme décrit neuf structures de personnalité, chacune organisée autour d’une peur de base et d’un désir de base qui pilotent inconsciemment le comportement. Ce n’est pas une théorie qui appartient à quelqu’un : des dizaines de chercheurs, psychiatres et enseignants l’ont façonné au fil du temps, de Georges Ivanovitch Gurdjieff à Claudio Naranjo, en passant par Helen Palmer ou Fabien et Patricia Chabreuil, référence en France avec l’Institut Français de l’Ennéagramme et leur livre sur les ennéatypes.

C’est un outil de connaissance de soi utilisé aussi bien pour se comprendre soi-même que pour décoder la psychologie des autres, avec un ancrage dans la réalité des motivations humaines plutôt que dans un test qu’on remplit une fois et qu’on range.

Les neuf personnalités s’organisent autour de trois centres : instinctif (8, 9, 1), émotionnel (2, 3, 4) ou mental (5, 6, 7). C’est ce centre qui détermine où se loge le pilote automatique de la personnalité, et chaque type peut aussi réprimer l’un des deux autres centres, ce qui influence sa manière d’agir. Je ne vais pas dérouler les neuf profils ici, tu as l’article pilier sur l’ennéagramme et le panorama des 9 types pour ça. Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est un seul type : le type 3.

Le type 3 en ennéagramme

Le type 3 fait partie des ennéatypes émotionnels. Sa peur de base : être sans valeur. Son désir de base : avoir de la valeur.

Le mécanisme de défense du type 3 s’appelle l’identification. Il repère un idéal de réussite (familial, culturel, ou incarné par une figure admirée), s’y identifie, et fait tout pour y coller. Tant qu’il colle à l’idéal, il n’y a jamais d’échec à affronter, juste du feedback à intégrer. C’est un évitement compulsif redoutablement efficace : le type 3 ne perd jamais, soit il gagne, soit il apprend.

Sa fixation, c’est la vanité, au sens propre du mot : le vide. Pas la vanité “il se la raconte” au sens courant, mais une vanité existentielle, celle qui pousse à confondre le faire et l’être.

Sa passion, c’est le mensonge, mais pas le petit mensonge qu’on raconte aux autres. Le mensonge existentiel du type 3, c’est celui qu’il se raconte à lui-même en s’identifiant si fort à l’image de réussite qu’il finit par ne plus savoir où s’arrête le personnage et où commence son être.

Petite parenthèse : certains auteurs surnomment ce type “le battant”. Je n’utilise jamais ce genre d’étiquette sur Epanessence. Ça enferme dans un cliché, ça fait croire qu’on a compris quelqu’un en lui collant un mot, et surtout ça n’explique strictement rien du mécanisme réel. “Battant” décrit une image. “Besoin compulsif d’être identifié à la réussite pour exister” décrit un fonctionnement. Je préfère de très loin la deuxième version, même si elle tient moins bien sur une couverture de livre.

Cette compulsion à réussir a un revers : les travers du type 3 se logent souvent dans la répression de ses propres émotions, réprimées au profit du faire. Sur le plan des sous-types, le type 3 social se distingue par un instinct social dominant, tourné vers le statut et l’appartenance à des groupes prestigieux, quand le type 3 conservation ou sexuel exprimera les mêmes caractéristiques de façon plus intime.

Ses ailes, le type 2 et le type 4, viennent nuancer son fonctionnement : l’aile 2 le rend plus attentif aux relations et à l’impact qu’il a sur les autres, l’aile 4 lui donne plus de conscience de ses émotions et d’esprit créatif.

Et comme pour tous les ennéatypes, il existe une dynamique d’intégration, vers plus d’authenticité et d’essence, et de désintégration, vers plus de mensonge à soi et de dépendance au regard extérieur.

Pourquoi Macron est identifié comme type 3

On reconnait Emmanuel Macron dans beaucoup de traits du type 3 de façon assez nette, et c’est justement pour ça qu’il revient régulièrement en exemple dans les milieux de l’ennéagramme français, aux côtés de figures comme Idriss Aberkane ou Cyril Hanouna.

Le premier indice, c’est la vitesse de reframing face à l’échec ou à la critique. Un revers, une phrase qui tombe mal, un couac de communication : ça devient très vite un rebond, une occasion, un nouvel élan. C’est exactement la mécanique de l’évitement compulsif du type 3 : ne jamais rester dans la position de celui qui a perdu. Sur la durée d’une crise longue, comme la pandémie de Covid, ce même réflexe se lit dans la persévérance à maintenir un cap et une image de maîtrise malgré les critiques répétées, plutôt que de rester dans la posture de celui qui subit.

Autre exemple, celui de la phrase culte “Parce que c’est notre projet”, répétée pendant sa campagne et surtout l’énergie avec laquelle il la scande. Elle illustre bien le mécanisme d’identification : se présenter comme celui qui a un plan, une trajectoire claire, une réussite déjà tracée. C’est exactement ce que fait le type 3 avec son idéal de réussite, il s’y identifie et le porte comme un récit.

Le deuxième indice, c’est le soin apporté à l’image et au récit de soi. Le type 3 sait qu’il est regardé et il ajuste. Costume, gestuelle, éléments de langage : tout est cohérent, maîtrisé, pensé pour renvoyer une image de réussite et de contrôle. Ce n’est pas un jugement moral, c’est une observation de fonctionnement. Le type 3 se construit une identité à travers ce qu’il montre, parce que c’est comme ça qu’il génère son sentiment d’exister.

Le troisième indice, c’est le rapport à la performance elle-même. Le type 3 a besoin d’être en mouvement, de faire, d’accumuler des preuves de réussite. Il ne tolère pas l’immobilité, encore moins l’échec assumé publiquement. Là encore, ça se retrouve dans le rythme, la manière de toujours avancer un projet, un chantier, une nouvelle initiative, sans jamais s’attarder sur ce qui n’a pas marché.

Dans mes analyses de personnalités publiques, j’ai déjà expliqué la différence entre un type 3 social, très visible, à l’aise devant les caméras, et un type 3 clandestin, discret, presque invisible, qui vit exactement les mêmes mécanismes intérieurs mais sans jamais les montrer.

Macron, comme Franck Nicolas, David Laroche ou Arnold Schwarzenegger, appartient clairement à la version sociale : celle qui prend de la place, qui a besoin d’être vue, qui construit son identité dans l’espace public plutôt qu’en retrait.

Ça se voit aussi dans sa manière de gérer les relations et la communication de crise. Un type 3 en désintégration serre le récit, verrouille l’image, et ne laisse presque jamais transparaître le doute. C’est une dynamique de contrôle permanent de la réalité perçue, bien plus qu’un choix politique isolé.

Il ne peut PAS se permettre d’être vu en situation d’échec dans le collectif, son noyau identitaire s’effondrerait.

Et quand la vanité ne fonctionne plus, il y a la contre-fixation d’abaissement, ou sa version plus douce, la retenue : se mettre en retrait, adopter une posture plus humble pour retrouver de la légitimité.

La séquence des Gilets Jaunes, avec un changement de ton et de posture publique en pleine tension sociale, ressemble à ce mouvement typique : quand l’image de force ne suffit plus à contenir la crise, le type 3 ajuste son registre plutôt que d’abandonner le contrôle du récit.

Ce que ça n’explique pas

Attention à ne pas transformer cette lecture en amalgame. Ce n’est pas parce que Macron est vraisemblablement type 3 que tous les type 3 lui ressemblent, ni que son ennéatype explique ses choix politiques. (Le vrai pouvoir n’est pas en politique)

L’ennéagramme donne accès aux motivations profondes d’un comportement, pas au comportement lui-même. Deux type 3 peuvent choisir des métiers, des valeurs et des combats totalement différents tout en étant animés par la même peur de fond.

Autre limite, essentielle : personne n’a fait passer de bilan de personnalité à Emmanuel Macron. Ce qu’on observe ici, c’est un faisceau d’indices comportementaux publics, pas un typage validé en entretien.

C’est un exercice pédagogique pour voir le modèle en action sur un cas concret, pas une vérité définitive sur qui il est vraiment.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’ennéagramme et comment fonctionne-t-il ? C’est un système qui décrit neuf structures de personnalité organisées chacune autour d’une peur et d’un désir de base. Il permet de comprendre les motivations inconscientes derrière un comportement, pas de le prédire.

Quels sont les traits spécifiques du type 3 de l’ennéagramme ? Besoin de valeur et de reconnaissance, mécanisme de défense par identification à un idéal de réussite, évitement compulsif de l’échec, fixation de vanité, tendance à confondre ce qu’on accomplit avec ce qu’on est.

Pourquoi Emmanuel Macron est-il considéré comme un type 3 ? Parce qu’il présente plusieurs marqueurs typiques du type 3 social : reframing rapide face à l’échec, soin permanent de l’image, besoin constant d’être en mouvement et de produire des preuves de réussite.

Comment le type 3 influence-t-il le comportement et les décisions de Macron ? Le type 3 ne dicte pas des décisions précises, il oriente une manière d’habiter la fonction : besoin d’avancer vite, de communiquer une réussite, de ne jamais rester associé à un échec. C’est un style de fonctionnement, pas un programme politique.

Quels sont les avantages et limites de cette analyse de personnalité ? L’avantage, c’est de rendre un modèle théorique concret et de développer une forme d’empathie même envers une personnalité qu’on ne comprend pas spontanément. La limite, c’est que ça reste une lecture à distance, jamais un diagnostic, et que ça n’explique jamais les choix eux-mêmes, seulement les motivations qui les sous-tendent.

Si cet article t’a donné envie d’aller voir ton propre fonctionnement plutôt que celui d’un président, Bas les Masques t’aide à faire ça sérieusement, dans les yeux, sans coller une étiquette à la va-vite.

Tout sur le type 4 aile 3 en ennéagramme (ou 4w3)

Tu crois que tous les 4 de l’ennéagramme planquent leur mal-être derrière un sourire poli ?

Pas moi.

Moi, quand je vis quelque chose de fort, tu le sais. Tu le vois. Je peux en faire une vidéo, un texte, une œuvre. Mon drame n’a pas vocation à rester entre moi et moi : il a besoin d’un public pour exister pleinement.

C’est ça, être un 4 aile 3.

Rappel : qui je suis en tant que type 4

Je suis mes émotions. Pas “j’ai” des émotions comme la plupart des gens : je suis mes émotions, elles constituent mon identité.

Le type 4 de l’ennéagramme, c’est ce profil qui a besoin d’intensité pour se sentir vivant. Ma peur de base : être quelconque, interchangeable, sans identité propre. Mon évitement compulsif : la banalité. Ma fixation : la mélancolie, ce sentiment permanent qu’il me manque un morceau, comme si j’étais tombé du paradis et que je cherchais à y retourner.

Jusque-là, rien qui distingue un 4 d’un autre. C’est là que l’aile entre en jeu.

Comment fonctionne une aile en ennéagramme

En ennéagramme, personne n’est un type “pur”. On développe toujours une aile, c’est à dire les caractéristiques d’un des deux types voisins sur le cercle, qui viennent se surajouter au type de base sans jamais le remplacer.

Le type 4 a deux ailes possibles : le 3 et le 5. Le type de base reste dominant, toujours. L’aile ne fait qu’y ajouter une coloration, une nuance, parfois un contrepoids.

Concrètement, ça donne deux façons radicalement différentes de vivre la même mélancolie de fond :

  • Le 4 aile 3, moi, amplifie, met en scène, cherche à être vu dans sa différence.
  • Le 4 aile 5 fait l’inverse : il retient, protège, planque.

Moi, je suis dans la première catégorie.

Ce que l’aile 3 m’apporte

Patricia et Fabien Chabreuil le décrivent bien dans Le grand livre de l’ennéagramme : je veux éviter la banalité, mais que faire si ce que j’aime est aussi apprécié par tout le monde ? L’aile 3 me donne une réponse redoutablement efficace : jouer un rôle.

La recherche de ma différence devient alors une fin en soi, presque indépendante de mes goûts réels. Je me mets en scène. Ma différence est une fierté, et j’ai besoin qu’elle soit vue, reconnue, admirée.

Sauf que cette reconnaissance n’est jamais suffisante. Il en faut toujours plus. Et là où ça se corse, c’est que si je deviens trop apprécié, ça pourrait vouloir dire que je suis devenu banal. Alors je monte d’un cran. Puis encore un cran. Je peux me lancer dans une escalade d’excentricité sans même m’en rendre compte.

Le risque, à force, c’est de perdre en authenticité. D’être perçu comme quelqu’un d’apprêté, d’affecté, presque artificiel, alors que je suis persuadé de vivre quelque chose de profondément sincère.

Cette aile m’offre un vrai cadeau aussi : plus de ressources pour agir, pour me faire reconnaître, pour transformer mon intensité intérieure en quelque chose de concret, de créé, de montré au monde. Le prix, c’est une dépendance plus forte au regard des autres, et moins de recul sur ce que je vis vraiment.

Mon miroir inversé : le 4 aile 5

Le 4 aile 5, c’est mon négatif photographique.

Il vit la même mélancolie de fond que moi. Sauf que sa réponse à lui, c’est de se retirer, de protéger son monde intérieur de tout regard extérieur, de planquer son drame dans une pièce fermée à clé.

Moi je fais l’inverse exact. Mon drame a besoin d’une scène pour exister pleinement. Ne pas le montrer, pour moi, ce serait presque comme ne pas le vivre du tout.

Solange te parle, ou l’émotion mise en scène

Solange te parle est un bon exemple public de ce mécanisme. Dans ses vidéos, elle montre ses émotions, elle les met en scène, elle les transforme en récit, en image, en création. Son vécu personnel devient une matière artistique qu’elle partage ouvertement avec son audience.

Ce n’est pas de l’exhibitionnisme gratuit. C’est la manière dont un 4 aile 3 fonctionne naturellement : ce qui est vécu intérieurement demande à être façonné, esthétisé, puis montré. L’émotion brute devient une œuvre, et l’œuvre devient une preuve d’existence.

C’est tout le contraire du 4w5 qui range son drame dans un tiroir fermé. Ici, le tiroir est ouvert, éclairé, et il y a même un public invité à venir regarder dedans.

Comment ça se vit au quotidien

En amitié, je partage vite ce que je ressens, parfois même avant d’avoir fini de le comprendre moi-même. J’ai besoin que mes proches voient l’intensité de ce que je vis, sinon j’ai l’impression que ça n’a pas vraiment existé.

En amour, je peux dramatiser une relation pour la rendre plus intense, plus digne d’être vécue. Une rupture, une déclaration, un conflit : tout peut devenir une scène. Mes partenaires peuvent se sentir happés dans mon intensité, ou au contraire fatigués par cette mise en scène permanente.

Au travail, je m’exprime facilement, parfois trop, quitte à surexposer ce qui aurait pu rester privé. Je cherche à ce que mon travail reflète qui je suis vraiment, pas juste une fonction interchangeable.

Sur les réseaux sociaux, je publie volontiers, et souvent avec soin : mes contenus sont pensés, esthétisés, travaillés pour transmettre une émotion précise. Le vécu brut ne reste jamais longtemps dans le tiroir. Il est fait pour circuler.

Le piège du 4w3

Le prix à payer pour cette mise en scène permanente, c’est la dépendance au regard des autres.

Plus je cherche à être vu dans ma différence, plus j’ai besoin que cette différence soit validée de l’extérieur. Et cette validation n’est jamais suffisante longtemps. Je repars alors chercher plus loin, plus fort, plus original.

C’est un cercle qui se nourrit lui-même :

  • Je veux être vu dans ma différence
  • Je mets en scène mon intensité pour être remarqué
  • La reconnaissance obtenue ne suffit jamais longtemps
  • Je monte d’un cran pour retrouver cette sensation d’être unique
  • Je m’éloigne un peu plus de ce que je ressens vraiment

Mise en scène, reconnaissance insuffisante, escalade. Le cercle tourne, et plus il tourne, plus il devient difficile de savoir ce qui, en moi, est encore sincère et ce qui est devenu un rôle bien rodé.

Comment me reconnaître si tu es 4w3

Quelques signes qui reviennent souvent chez les 4 aile 3 :

  • Tu as besoin que les autres voient l’intensité de ce que tu vis, sinon tu as l’impression que ça n’a pas vraiment compté
  • Tu transformes facilement ton vécu en création, en récit, en contenu
  • Tu recherches activement la reconnaissance de ta différence, même si tu t’en défends
  • Tu peux dramatiser une situation pour la rendre plus digne d’être vécue
  • Tu as parfois du mal à savoir si ce que tu montres est encore sincère ou déjà un peu joué
  • Tu te sens vide ou éteint quand personne ne remarque ce que tu traverses

Comment communiquer avec un 4w3

Si tu veux te rapprocher d’un 4w3, commence par le voir vraiment, sans minimiser ce qu’il exprime. Ce serait la pire chose à faire : banaliser son intensité, c’est toucher directement sa peur de base.

En même temps, tu peux l’aider en le ramenant doucement à ce qui est réellement ressenti, sous la mise en scène. Pas pour lui reprocher de dramatiser, mais pour lui montrer que tu es intéressé par le fond, pas juste par le spectacle. C’est souvent là qu’un 4w3 se sent le plus profondément vu.

Ma piste d’intégration

Le chemin pour moi, ce n’est pas de devenir un 4 aile 5 et de tout garder pour moi. Ce serait trahir ce que je suis.

Le chemin, c’est d’apprendre à distinguer ce que je vis vraiment de ce que je mets en scène pour être vu. Pas pour arrêter de créer, de partager, d’exposer : c’est ma façon d’exister au monde. Mais pour vérifier, de temps en temps, que je ne cours pas après une reconnaissance qui ne comblera jamais ce vide de fond.

Mon intensité n’a pas besoin d’un public à chaque instant pour être réelle. Elle est déjà réelle avant que quelqu’un la regarde.

(Tu te reconnais dans ce mélange de type 4 et de mise en scène ? On peut explorer ça ensemble avec le parcours Bas les Masques)

Pour aller plus loin

Tout sur le type 4 aile 5 en ennéagramme (ou 4w5)

Tu crois que le 4 de l’ennéagramme, c’est forcément l’artiste torturé qui pleure sa vie sur scène, qui poste ses états d’âme, qui fait du théâtre de son mal-être ?

Pas moi.

Moi, quand ça va mal à l’intérieur, tu ne vois presque rien. Je suis poli, je souris, je te réponds normalement. Et pendant ce temps il y a un ouragan qui tourne en moi, tout seul, sans témoin.

C’est ça, être un 4 aile 5.

Rappel : qui je suis en tant que type 4

Je suis mes émotions. Pas “j’ai” des émotions comme la plupart des gens : je suis mes émotions, elles constituent mon identité.

Le type 4 de l’ennéagramme, c’est ce profil qui a besoin d’intensité pour se sentir vivant. Ma peur de base : être quelconque, interchangeable, sans identité propre. Mon évitement compulsif : la banalité. Ma fixation : la mélancolie, ce sentiment permanent qu’il me manque un morceau, comme si j’étais tombé du paradis et que je cherchais à y retourner.

Jusque-là, rien qui distingue un 4 d’un autre. C’est là que l’aile entre en jeu.

Comment fonctionne une aile en ennéagramme

En ennéagramme, personne n’est un type “pur”. On développe toujours une aile, c’est à dire les caractéristiques d’un des deux types voisins sur le cercle, qui viennent se surajouter au type de base sans jamais le remplacer.

Le type 4 a deux ailes possibles : le 3 et le 5. Le type de base reste dominant, toujours. L’aile ne fait qu’y ajouter une coloration, une nuance, parfois un contrepoids.

Concrètement, ça donne deux façons radicalement différentes de vivre la même mélancolie de fond :

  • Le 4 aile 3 amplifie, met en scène, cherche à être vu dans sa différence.
  • Le 4 aile 5 fait l’inverse : il retient, protège, planque.

Moi, je suis dans la deuxième catégorie.

Ce que l’aile 5 m’apporte

Patricia et Fabien Chabreuil le décrivent bien dans Le grand livre de l’ennéagramme : ma tendance de 4 à me sentir mésestimé, jamais vraiment compris, me pousse, avec l’aile 5, à prendre du recul pour éviter la souffrance du rejet.

Et honnêtement, la logique se tient très bien de l’intérieur : à quoi bon me rendre disponible aux autres, puisque de toute façon ils ne vont pas comprendre et finiront par me repousser ? Autant m’économiser cette étape et me retirer directement.

La vie des autres me paraît souvent tellement lisse, tellement prévisible, que je préfère largement me réfugier dans mon monde intérieur. Il est plus riche que le leur. Plus beau aussi.

Ma mélancolie ne disparaît jamais. Elle se planque.

Elle se cache dès qu’elle ne correspond pas à l’image que je veux donner de moi. Résultat : de dehors, je peux passer pour quelqu’un de posé, de réservé, presque détaché des choses. De dedans, ça peut être un chaos permanent que personne ne soupçonne.

Cette aile m’offre aussi un vrai cadeau : plus de recul sur mes émotions, moins de dépendance au regard des autres qu’un 4 aile 3. Je suis moins susceptible de me perdre dans le jeu social pour exister. Le prix, c’est que je communique beaucoup moins facilement ce qui se passe en moi, et que je me retire plus que nécessaire.

Mon miroir inversé : le 4 aile 3

Le 4 aile 3, c’est mon négatif photographique.

Il vit la même question que moi : comment éviter la banalité si ce que j’aime est apprécié de tout le monde ? Sauf que sa réponse à lui, c’est de jouer un rôle. Il cherche la reconnaissance de sa différence, il veut qu’elle soit vue, admirée. Sa différence devient une mise en scène.

C’est le 4 qui va faire du théâtre, poster ses états d’âme, se lancer sur YouTube, chercher une scène, un public, une reconnaissance de son unicité. Le risque pour lui : perdre en authenticité à force de vouloir paraître différent, et finir par être perçu comme apprêté, presque artificiel.

Moi je fais l’inverse exact. Je vis la même intensité mais je la range. Aucune envie de scène. Une scène, pour moi, c’est un endroit où je pourrais être jugé, et jugé, ça veut dire confirmé dans l’idée que je ne conviens pas.

Mégane, ou l’intériorité qui ne sort jamais

Dans son interview pour la playlist “à cœur ouvert” d’Epanessence, Mégane, elle aussi 4 aile 5, le formule avec une justesse que je pourrais signer des deux mains :

“Il y a des petits dramas qui ne s’expriment pas forcément à l’extérieur, mais pour moi, énormément à l’intérieur.”

Pas de sortie de crise visible. Pas de scène. Le drame a bien lieu, mais en circuit fermé, entre elle et elle.

C’est exactement ce décalage qui sépare un 4w5 d’un 4w3. Le 4w3 fait du bruit avec sa tempête intérieure. Le 4w5 la range dans une pièce fermée à clé, où personne d’autre n’a le code. Ce n’est pas de la pudeur au sens classique du terme. C’est une stratégie de protection. Si mon monde intérieur ne sort pas, il ne peut pas être jugé, ni banalisé, ni rejeté.

Comment ça se vit au quotidien

En amitié, je peux sembler distant alors que je suis en réalité en train de vivre quelque chose de très fort à propos de la relation, sans jamais le dire. Je préfère observer, analyser, ressentir en silence, plutôt que de partager à chaud.

En amour, c’est souvent pire. Je peux idéaliser quelqu’un dans ma tête pendant des semaines sans qu’il en sache rien, ou au contraire me retirer d’une relation qui devient trop réelle, trop exposée, trop banale à mon goût. Le décalage entre ce que je vis intérieurement et ce que je montre peut créer une vraie incompréhension chez mes partenaires : ils me trouvent froid, alors que je suis en train de me noyer en dedans.

Au travail, je vais rarement me plaindre ouvertement ou faire un esclandre. Je vais plutôt me couper, me retirer intérieurement, ruminer, avant peut-être de finir par claquer une porte que personne n’a vue se fermer venir.

Sur les réseaux sociaux, si je poste, c’est rarement du vécu brut : c’est déjà retravaillé, esthétisé, mis à distance. Le vrai matériau reste dans le tiroir.

Le piège du 4w5

Le prix à payer pour cette protection, c’est l’isolement.

Plus je me retire pour me protéger, moins les autres peuvent voir ce qui se joue vraiment chez moi. Et je confirme alors ma croyance de départ : “de toute façon, personne ne peut me comprendre”, sauf que je ne leur en ai jamais vraiment donné la chance.

C’est un cercle qui se nourrit lui-même :

  • Je me sens incompris
  • Je me retire pour me protéger
  • Personne ne voit ce qui se passe en moi
  • Je me sens encore plus incompris
  • Je me retire encore plus

Retrait, incompréhension confirmée, retrait plus profond. Le cercle tourne, et plus il tourne, plus il devient difficile d’en sortir de l’intérieur.

Comment me reconnaître si tu es 4w5

Quelques signes qui reviennent souvent chez les 4 aile 5 :

  • Tu passes pour quelqu’un de calme ou réservé, alors que ton monde intérieur est loin de l’être
  • Tu préfères observer une situation avant d’y participer, surtout en groupe
  • Tu ressens un vrai soulagement dans la solitude, presque un besoin vital de t’y retirer
  • Tu as du mal à demander de l’aide, même quand tu en aurais besoin
  • Tu détestes qu’on force la porte de ton monde intérieur sans y être invité
  • Tu trouves les échanges superficiels épuisants, voire douloureux

Comment communiquer avec un 4w5

Si tu veux te rapprocher d’un 4w5, ne force jamais la porte. Ce serait la meilleure façon de la voir se refermer davantage. L’invitation fonctionne, l’intrusion jamais.

Montre-lui que tu es capable de recevoir ce qu’il vit sans le juger ni le banaliser, et attends qu’il te tende la porte de lui-même. Ça peut prendre du temps. Ça vaut le coup d’attendre : ce qu’il y a derrière cette porte est souvent d’une richesse rare.

Ma piste d’intégration

Le chemin pour moi, ce n’est pas de devenir un 4 aile 3 et de me mettre en scène. Ce serait trahir ce que je suis.

Le chemin, c’est de laisser sortir un peu de ce qui se passe à l’intérieur, avec les bonnes personnes, sans attendre que ce soit parfaitement formulé ou digne d’être montré.

Mon monde intérieur n’a pas besoin d’être exposé à tous. Mais il a besoin d’être partagé à quelques-uns.

Sinon, il devient une prison plutôt qu’un refuge.

(Tu te reconnais dans ce mélange de type 4 et de retrait ? On peut explorer ça ensemble avec le parcours Bas les Masques)

Pour aller plus loin

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Le Grand Bleu : analyse et explication de la fin

Le Grand Bleu n’est pas un film de plongée.

Non, non, non.

Ce monument du cinéma français qui a bercé notre adolescence, qui a fait fantasmer pas mal de monde sur ce Jacques Mayol jeune et ténébreux. Ce n’est pas non plus une compétition entre deux hommes qui cherchent à savoir qui a la plus grosse (capacité pulmonaire, on se calme).

Le vrai sujet du Grand Bleu, c’est l’histoire d’un homme qui fuit ses propres traumas.

Un homme qui refuse de faire face.

Et si tu cherches l’explication de la fin du Grand Bleu, ou une analyse un peu plus fine que “beau film sur la plongée avec des dauphins”, tu es au bon endroit. On va décortiquer ça ensemble.

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Le trauma originel de Jacques Mayol

Jacques Mayol est un homme traumatisé.

Sa mère part on ne sait où, on ne sait pourquoi. Son père meurt noyé sous ses yeux d’enfant. Et personne, jamais, ne l’aide à faire ce deuil.

Alors il fait comme il peut.

Il n’a pas eu de figure paternelle pour l’aider à grandir, pour lui construire un cadre sécure. Il reste cet enfant qui n’a jamais appris à parler, à demander, à poser une émotion. Un enfant qui n’a tissé de lien qu’avec les dauphins : c’est une photo de dauphin qu’il garde dans son portefeuille, pas une photo de sa mère ou d’un ami.

Un homme qui n’a pas eu de parents pour l’aider à grandir va chercher, avec la seule stratégie qu’il a, à recréer ce qui lui manque.

Pour lui, cette stratégie, c’est l’eau et les dauphins.

L’eau comme fusion, l’ego contre la fusion

Regarde la différence de rapport à l’eau entre Enzo et Jacques, elle dit tout.

Pour Enzo, l’eau est un combat d’ego. Une façon de prouver qu’il a réussi, qu’il est capable, que ce soit dans l’arnaque où il sauve un touriste pour l’oseille, ou dans sa course au record du monde. Il plonge, il plonge, il plonge, et à chaque fois il montre au monde entier à quel point il est doué.

Jacques, ce n’est pas du tout ce délire. Lui, il est dans un rapport de fusion avec l’eau. Il se laisse couler telle une enclume, pas pour gagner un record, mais pour retrouver une connexion perdue avec son père. Pour retrouver un sentiment d’unité qu’il a perdu depuis longtemps.

C’est cette quête d’harmonie qui le fait aller toujours plus profond. Et qui lui fait, au passage, battre le record du monde. Dans le film comme dans la vraie vie.

Le film nous vend ça comme un appel mystique, une quête de transcendance. Les couleurs sont sublimes, la musique t’enveloppe, les dauphins sont magnifiques.

C’est là le piège : le film rend enviable un homme qui est en train de fuir sa vie.

Parce qu’en apparence, ça a l’air de lui faire du bien. En réalité, la profondeur ne lui apporte rien d’autre qu’une paix artificielle. Elle lui offre juste un endroit sans demande, sans perte possible, sans risque d’abandon. Ce n’est pas de la transcendance. C’est une fuite, très habile, déguisée en exploit.

Johana, la vie qu’il refuse de vivre

Johana veut tisser un lien avec Jacques. Elle veut fonder une famille, faire un enfant, vivre avec lui. “I wanna live with you” lui dit-elle.

Elle représente tout ce qui pourrait le ramener à l’incarnation : la matière, le temps qui avance, la promesse d’une suite. Le dauphin, lui, ne demande rien. Il n’attend rien, ne propose aucune continuité. Il accompagne juste le passage, sans jamais rien exiger en retour.

Il y a cette scène, en apparence anodine, qui dit tout du film. Après une nuit visiblement torride avec sa copine, Jacques se lève et va plonger. Toute la nuit, avec les dauphins. Plutôt que de rester au lit, en lien, dans une nuit normale avec elle.

Chaque fois que Johana s’approche pour de vrai, chaque fois qu’elle exprime un désir, un besoin, il se barre sous l’eau. Il esquive. Il ne répond pas.

Il refuse sans cesse la confrontation avec le réel. Que ce soit la confrontation égotique avec Enzo (qui a la plus grosse capacité pulmonaire), ou la confrontation adulte : je m’engage, je fonde une famille, je construis quelque chose qui dure.

Dans les deux cas, il refuse de jouer.

Le Grand Bleu, explication de la fin

C’est le moment où je spoile la fin du Grand Bleu.

À la fin, Jacques descend une dernière fois en pleine nuit parce qu’il doit “aller voir”.

Johana l’attend en surface. Il a une bonne raison de remonter : elle, l’enfant qu’elle porte, une vie qui commence. Mais cette raison terrestre ne suffit pas. Quand le dauphin apparaît dans les profondeurs, Jacques choisit de le suivre plutôt que de remonter.

Il se laisse couler.

Ce n’est pas un accident de plongée. C’est un choix basé sur son histoire.

La phrase clé du film, celle qui explique tout, c’est celle qu’il prononce sur le sens de la descente : c’est comme si je glissais sans tomber, le plus dur c’est une fois en bas, il faut une bonne raison pour remonter, j’ai parfois du mal à en trouver une.

Voilà l’explication de la fin du Grand Bleu : Jacques ne meurt pas en martyr d’une passion pour l’océan. Il meurt parce qu’il n’a jamais réussi à trouver, en lui, une raison suffisante de rester du côté des vivants. La mort d’Enzo, ce grand frère de substitution, ce père de rechange, réactive le trauma originel. Et à partir de là, plus rien ne le retient vraiment en surface.

Le fond, pour Jacques, ce n’est pas un absolu à atteindre. C’est un endroit où on ne lui demande jamais rien. Il n’a pas à résoudre ses traumas, à faire face à ses pires peurs, à devenir adulte.

Ce qu’il aurait fallu traverser

Si j’avais Jacques Mayol en accompagnement, ce n’est pas vers son trauma que je l’emmènerais en premier.

Je ne lui dirais pas frontalement “va faire face à la mort de ton père”. J’irais chercher plus doucement, en reconnexion avec son corps, parce que ce bonhomme est complètement anesthésié. Il s’est déconnecté de lui-même, de ses émotions et sensations.

Je lui demanderais : “Jacques, quand tu te lèves après avoir fait l’amour avec ta copine et que tu te barres dans l’eau pendant des heures, qu’est-ce que tu sens dans ton corps à ce moment-là ? Quand Johana te dit qu’elle veut faire un enfant avec toi, il se passe quoi pour toi ?”

Ce n’est pas une psychanalyse qu’il lui fallait. Ce n’est pas non plus quelqu’un pour le consoler.

C’est quelqu’un qui l’empêche de fuir vers le fond. Quelqu’un qui l’aide à plonger à l’intérieur de lui, dans ses émotions, dans ses sensations, plutôt qu’à 120 mètres sous l’eau à la recherche d’une pseudo-paix qui n’existe pas là-bas.

Là où il va chercher ses profondeurs, ce ne sont pas les bonnes profondeurs.

Le miroir : à quel endroit tu fuis, toi ?

Je ne suis pas critique de cinéma, c’est juste mon plaisir personnel. Ce qui m’intéresse dans le Grand Bleu, c’est ce que ça nous raconte de nous.

Une fiction, ce n’est jamais qu’un miroir. La mise en scène d’un archétype.

Jacques, c’est cette part de nous qui préfère l’anesthésie et la fuite à la friction du réel. Qui confond la profondeur intérieure avec l’esquive.

Et ce qui rend cette fuite dangereuse, c’est qu’elle est habile : elle se déguise en quelque chose d’enviable. Comme quelqu’un qui devient accro au travail, au sport, à la méditation, à l’énergétique, à une quête spirituelle complètement désincarnée.

De l’extérieur, ça ressemble à quelqu’un de volontaire, qui performe, qui gagne des médailles. Ou qui est en paix, qui semble bien dans sa vie.

Notre société adore glorifier ce genre de quêtes, des addictions qui paraissent saines.

Ce sont pourtant des fuites du réel, des fuites de nos propres ombres.

Alors la vraie question n’est pas “qu’est-ce que Jacques aurait dû faire ?”

La question, c’est : à quel endroit toi, tu es en train de te fuir ?

À quel endroit tu fuis tes responsabilités ? Tes émotions, tes sensations, ton incarnation ? À quel endroit tu fuis la confrontation avec tes propres traumas ?

Il y a aussi ce détail qui en dit long : à aucun moment du film Jacques ne saisit une main tendue. Il ne demande jamais d’aide, il ne croit jamais que quelqu’un puisse le sortir de son marasme. Il se débrouille tout seul, encore et toujours, jusqu’à ce que ça le perde.

C’est un mécanisme que je retrouve très souvent : apprendre à ne jamais demander, à tout faire seul, à se construire seul, parce qu’on n’a jamais appris qu’on pouvait compter sur quelqu’un.

Une fin de film qui a rejoint la réalité

Un dernier détail, glaçant.

Le vrai Jacques Mayol est mort en 2001, treize ans après la sortie du film. Il s’est suicidé par pendaison, n’ayant jamais fait le deuil de sa femme.

Des années plus tôt, le film racontait déjà, dans l’énergie de son personnage, quelqu’un qui ne sait pas faire le deuil. Quelqu’un qui renonce à la vie plutôt que de la vivre, faute d’outils, de ressources, d’un endroit où déposer ce qu’il traverse.

Ce n’est pas une fatalité. On peut faire autrement.

Faire face, ce n’est pas plonger plus profond dans l’eau. C’est accepter d’aller voir dans ses propres profondeurs, avec quelqu’un qui ne te laisse pas filer vers le fond quand ça devient inconfortable.

C’est ce qu’on fait sur Epanessence. Si tu veux passer à la prochaine étape, rendez-vous dans la vidéo privée “Le syndrome du hamster” qui va t’aider à comprendre pourquoi t’es encore bloqué.e dans les mêmes schémas malgré toutes tes tentatives.

Chap 3 cherche clés lampadaire

Type 3 clandestin : une vision à contre-courant

Plus tu comprends, moins tu changes : le piège du type 3 clandestin

Depuis 2016 que j’explore l’ennéagramme, j’ai lu à peu près tout ce qui existe sur le type 3 : Riso-Hudson, Naranjo, Almaas, Luckovich, Wolinsky, Ichazo.

Tous décrivent les mêmes symptômes : trop ambitieux, trop dans l’image, trop dans le faire.

Et tous ratent l’essentiel.

Parce que moi, Fabien, type 3 aile 4, centre mental en soutien — je n’ai jamais été le commercial qui vendrait sa mère. Je suis le mec qui prend des notes sur son propre fonctionnement à 23h dans Obsidian, qui achète un énième livre de psychologie en se disant que celui-là va enfin débloquer quelque chose, et qui produit du contenu sur la prison intérieure depuis cette même prison.

Si tu te reconnais là-dedans, cet article est pour toi.

Et il va te mettre mal à l’aise.

Le vide que personne ne décrit correctement

Wolinsky, dans le Tao of Chaos, écrit quelque chose de dévastateur sur le type 3 : même quand il est toujours en train d’agir, subjectivement, il a le sentiment de n’avoir rien fait.

Relis ça lentement.

Le type 3 a un vide intérieur qu’il a étiqueté — avant les mots, dans le corps — comme une incapacité à faire. Et contre ce vide, il compense par l’action permanente. L’action ne vise pas la réussite. Elle vise à ne jamais s’arrêter. Parce que s’arrêter signifie tomber dans le vide. Et tomber dans ce vide, selon la conviction la plus profonde du type 3, prouve qu’il n’y a rien en dessous.

Ichazo a posé le diagnostic avec une précision chirurgicale. Le trauma originel du type 3, c’est la perte de l’essence. L’enfant perçoit — dans le corps, dans le système nerveux, bien avant le langage — que son environnement ne reflète pas qui il est mais ce qu’il produit. La reconnaissance est conditionnelle. Le holding est performance-dépendant.

Conclusion pré-verbale, imprimée dans la chair : je n’ai pas de signification en moi-même.

De là naît l’avatar. Une réponse de survie, pas un choix. Et de là naît la fixation de vanité — loin de l’arrogance vulgaire. Les Facettes de l’Unité la décrivent comme un effort agité, désespéré, réactif : l’imitation de la volonté divine par la volonté égotique. Le type 3 ne cherche pas à réussir. Il cherche à prouver qu’il est l’auteur de sa propre existence.

C’est pour ça qu’Ichazo dit que le type 3 cherche à prendre la place de Dieu.

Tom Condon résume la terreur en une phrase : l’ego confond le vide avec la mort physique. Les “mini-vides” que Perls appelait des “trous dans la personnalité” — ces zones sombres qu’on n’approche jamais — le type 3 les contourne depuis toujours par le mouvement.

L’antifragilité de l’avatar

Voilà où ça devient vraiment vicieux — et où je n’ai jamais lu personne formuler ce qui suit.

Taleb distingue le fragile (ce qui casse sous le stress), le robuste (ce qui résiste) et l’antifragile (ce qui se renforce sous le stress).

L’avatar du type 3 clandestin est antifragile.

Plus tu souffres, plus l’avatar se renforce.

Une relation qui échoue ? L’avatar en tire un insight, une note Obsidian, un chapitre de livre. Une nuit d’angoisse existentielle ? L’avatar la convertit en contenu, en profondeur, en preuve de travail intérieur. Chaque douleur nourrit la machine à comprendre. Ce qui se renforce, c’est toujours l’avatar — jamais l’être.

C’est exactement ce que Wolinsky décrit quand il dit que les mensonges ne peuvent pas être absorbés dans l’Essence. L’Essence ne peut absorber que la vérité. Or la vérité du type 3 clandestin, c’est que comprendre son fonctionnement est devenu le dernier et le plus sophistiqué de ses mensonges.

“Je travaille sur moi.” Nouveau stroke de reconnaissance. Nouvelle preuve de valeur. L’ego a coopté le travail intérieur.

Moi, j’ai passé des centaines d’heures à synthétiser Porges, Van der Kolk, Schwartz, Wolinsky — et chaque synthèse nourrissait l’avatar qui comprend, qui cartographie, qui maîtrise. Je me croyais en chemin. J’étais sous le lampadaire en train de chercher mes clés.

L’attachement à la déconnexion

C’est là que Luckovich fait exploser le cadre.

Il a identifié ce qu’il appelle l’attachment bias : la quasi-totalité des descriptions du type 3 sont écrites depuis la logique des types d’attachement — multifacette, adaptable, caméléon. Ce qui capture une partie de la réalité, mais efface précisément le mécanisme le plus destructeur.

Car le type 3 fixé ne cherche pas inconsciemment un attachement qui réussit. Il cherche un attachement qui échoue.

Czander Tan a nommé ça “l’attachement pour se déconnecter”. L’ego recherche un objet auquel il ne peut pas s’attacher — parce que c’est l’échec de l’attachement qui lui donne quelque chose à faire. Une direction. Une fausse identité. L’ego sans activité, pour le type 3, c’est l’ego mort.

Traduit concrètement : tu te choisis inconsciemment des situations, des personnes, des contextes qui ne peuvent pas vraiment te voir. Si quelqu’un te voit vraiment, l’ego n’a plus rien à faire. Et ça, c’est insupportable.

Je le sais parce que je l’ai vécu. Pendant des années, j’ai été attiré par des contextes professionnels où la reconnaissance était structurellement impossible — pas assez visibles, pas le bon public, pas le bon positionnement. Quand quelqu’un me voyait vraiment, je trouvais une raison de m’éloigner. Je croyais que c’était de l’exigence. C’était de la survie : l’avatar avait besoin d’un mur contre lequel pousser.

La fenêtre par laquelle le type 3 peut recevoir de la valeur est très petite et très spécifique. Il est addict au regard des autres — mais il ne peut pas le recevoir quand il arrive.

Si tu te reconnais dans ce que je raconte, dans le livre Lâche Les Chevaux, je te dévoile le frein qui t’empêche d’atteindre les résultats que tu veux malgré tout ce que tu as essayé.

La position concave

Taleb distingue deux types de positions face au risque : convexe et concave.

En position convexe, l’exposition produit des gains disproportionnés par rapport aux pertes. Le petit coût de l’exposition est largement compensé par le gain potentiel.

En position concave, c’est l’inverse : chaque petite exposition produit une douleur disproportionnée.

Le type 3 clandestin est en position concave avec l’exposition émotionnelle.

Montrer un article ? Douleur anticipée massive. Être vu tel qu’on est, sans narratif préparé, sans avatar en place ? Terreur existentielle. Le coût perçu de chaque micro-exposition est démesuré — alors on repousse, on peaufine, on attend d’être prêt.

Pendant ce temps, le coût de ne pas changer reste artificiellement bas. Pourquoi ? Parce que l’avatar fonctionne comme un amortisseur égotique. Il absorbe la souffrance avant qu’elle atteigne l’être. Chaque douleur est recyclée en compréhension, chaque échec en matériau. Tu ne touches jamais le fond — et l’avatar te renvoie dans la boucle.

Sans skin in the game réel — exposition sans filet, sans narratif préparé, sans possibilité de repackager l’expérience en contenu — rien ne bouge.

Le piège dans toute sa géométrie

La structure complète mérite d’être vue d’un seul regard.

Le vide est réel. Il est là depuis l’enfance. Il est la marque de la perte d’Essence.

Le type 3 le perçoit. Il le fuit par l’action — mais aussi par la compréhension. Chaque souffrance renforce l’avatar au lieu de le fissurer (antifragilité). L’ego cherche des attachements qui échouent pour avoir quelque chose à faire (attachement à la déconnexion). Chaque exposition réelle est vécue comme une menace existentielle (position concave). Le coût de ne pas changer reste bas parce que l’amortisseur égotique absorbe tout.

Et par-dessus tout ça, le centre mental en soutien fournit l’illusion la plus dangereuse : je comprends, donc je progresse.

Les Facettes de l’Unité nomment ça l’espérance égotique : l’activité frénétique qui imite le mouvement de la vie sans jamais s’y abandonner. L’avatar du 3 clandestin a remplacé le faire classique par le comprendre — mais la structure est identique. Le mécanisme de défense protège exactement contre ce qui guérirait.

Un piège d’une élégance terrible — d’autant plus terrible qu’il ressemble à du travail intérieur.

Ce qui retourne la terre

Le Sacred Enneagram est sobre là-dessus : la pratique pour le type 3, c’est l’engagement dans la solitude. Faire face à sa vérité intérieure et la vivre. Se retrouver seul, sans production, sans feedback, sans contenu à générer. Et survivre à l’expérience que le vide ne tue pas. Que quand tu ne fais rien, tu n’es pas anéanti. Qu’il y a quelque chose en dessous de l’avatar.

Wolinsky dit quelque chose de radical : le vide perçu est une porte d’entrée vers l’Essence. La “gnawing emptiness” — ce vide qui ronge — est un rappel constant de l’Essence. Le type 3 l’a étiqueté comme un manque. C’est une invitation.

Mais pour franchir cette porte, il faut un skin in the game que l’amortisseur égotique ne peut pas absorber. Quelque chose d’irréversible. Quelque chose qui ne peut pas être converti en note, en insight, en contenu.

Pour moi, ça a été un stage résidentiel de six jours en silence. Pas de téléphone, pas de notes, pas de synthèse. Juste le vide, le corps, et l’impossibilité de fuir dans la compréhension. Les premières heures, l’avatar hurlait. Il voulait observer, catégoriser, transformer l’expérience en matériau. Et puis il n’a plus eu de quoi se nourrir. Et j’ai découvert que le vide ne m’avait pas tué.

C’est une expérience du corps — répétée, accumulée — qui réécrit lentement la conviction imprimée à trois ans. Les livres, les modèles, les heures de synthèse préparent le terrain. Rien de tout ça ne retourne la terre.

Le paradoxe final, c’est que je te dis tout ça dans un article. Je le sais. L’avatar sait que tu le sais. Et cette lucidité-là aussi, il sait la recycler.

La seule chose qu’il ne peut pas recycler, c’est le silence.

Pour commencer, tu peux explorer le livre Lâche Les Chevaux qui te montre précisément le frein qui t’empêche d’avoir les résultats que tu veux.

bouc émissaire IA

Bouc émissaire et psychologie : le sacrifice chez Girard

Ah le sacrifice !

Un mécanisme vieux comme le monde et si méconnu des humains. Le Christ est mort de l’avoir révélé à la lumière, aux yeux de tous. Le but de cet écrit est de te montrer :

  • Où est le sacrifice (surtout là où tu ne le vois pas)
  • Comment le repérer à tous les coups
  • Comment sortir de ce mode de fonctionnement aussi omniprésent que malsain chez nous autres humains.

Ton système nerveux ne veut pas creuser ce sujet et fera tout pour l’esquiver. Tu es prévenu.e.

Pourquoi le sacrifice ?

Le sacrifice a une fonction capitale depuis des millénaires.

L’humain vit dans une double contrainte depuis très longtemps :

  • Le monde est chaotique, imprévisible et dangereux
  • Nous devons nous grouper pour survivre.

Nous savons très bien que l’humain lui-même peut être la menace. Mais pour survivre, nous devons refouler cette peur de l’autre, sans quoi il serait impossible de faire groupe.

Cette tendance au sacrifice est imprimée très profondément en nous. Consciemment, nous résistons contre cette idée, nous la trouvons au mieux naïve, au pire grotesque.

Pourtant, les faits le prouvent encore et encore.

Pour faire société, nous nous coupons de notre agressivité, refoulant nos pulsions de violence et de mort… Cette énergie contenue doit trouver un chemin pour s’exprimer.

C’est ainsi que collectivement, nous désignons des bouc émissaires, projetant sur eux tout ce qui a été refoulé, les rendant responsables de tous nos maux.

Le mécanisme sacrificiel fonctionne très très bien, puisqu’il continue d’avoir lieu chaque jour dans notre “société moderne”.

TOUS les groupes humains se fondent sur le sacrifice d’un bouc émissaire : ce n’est pas un choix conscient mais une structure fondatrice des cultures, présent dans tous les mythes, comme l’a prouvé René Girard.

Le choix du bouc émissaire

Dans ses thèses, René Girard a mis en lumière ce mécanisme universel à travers 2 théories :

  • La théorie mimétique : notre désir est mimétique, c’est-à-dire qu’il naît toujours en relation avec un autre. Nous désirons ce que l’autre désire. Ce mimétisme engendre la rivalité mimétique, qui pousse les individus à se battre pour le même objet de désir (un partenaire potentiel, un téléphone dernier cri, du pétrole…). Quand cette rivalité se généralise, elle dégénère en crise mimétique.
  • La théorie du bouc émissaire : pour sortir de la crise, le groupe désigne inconsciemment un bouc émissaire, sur lequel toutes les tensions se cristallisent. Son exclusion ou sa mise à mort (réelle ou symbolique) restaure temporairement l’unité et la paix.

Autrement dit, Girard montre que le désir mimétique crée la crise, et que la désignation du bouc émissaire en est la sortie, au prix d’une victime.

Comment ça se passe ?

  • Quand les tensions montent dans un groupe et qu’il y a besoin de trouver un responsable, le mécanisme du bouc émissaire se déclenche.
  • Le choix se fait inconsciemment : personne ne se rend compte que la personne désignée est choisie arbitrairement.
  • La victime choisie est à la fois semblable aux autres (pour qu’on puisse l’identifier au groupe) et un peu différente (pour qu’elle soit crédible comme cause du problème).
  • Son exclusion ou sa mise à l’écart apporte un sentiment d’apaisement et de cohésion au reste du groupe.

Nous avons tous remarqué dès la cour de récré que : le gros, l’intello, le roux, le binoclard… sont tour à tour bouc émissaire qui fédère le groupe.

Ca n’a évidemment pas lieu que dans la cour d’école. Les événements depuis 2020 ne font qu’amplifier le phénomène :

  • Les migrants : « Ils n’ont aucune raison d’être ici, ce sont des voleurs, des assassins, des violeurs… voilà tout ce qu’ils font, ils doivent être renvoyés. » Eric Zemmour
  • Les non-vaccinés : « Les non‑vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. […] On va continuer à le faire, jusqu’au bout. » Emmanuel Macron. « Les non-vaccinés sont des irresponsables et un irresponsable n’est plus un citoyen. » Le même.
  • Les complotistes : « Les complotistes sont un danger pour la démocratie. Ils propagent des mensonges qui divisent et affaiblissent notre société. Il faut les censurer sur les réseaux sociaux. » Gérard Darmanin

Chaque époque, chaque événement, induit son bouc émissaire.

Ce mécanisme sert à simplifier la réalité avec une grille de lecture sans nuance, ça permet d’apaiser temporairement les tensions sociales… Parce qu’il faut bien comprendre le rôle social du bouc émissaire, qui est de restaurer l’unité du groupe…

Jusqu’à la prochaine crise mimétique. Et les temps modernes sont de plus en plus violents pour notre psychisme.

Rien de surprenant à cela. La vie moderne est de plus en plus stressante, rapide, compétitive, tout en vivant dans une société coercitive, castratrice.

L’agressivité des membres de la société est contenue (parce que Bleu est passé par là, avec un Surmoi gargantuesque, garant de l’ordre, grâce aux règles et aux lois).

Contenue ne veut pas dire empêchée (cf l’augmentation des attaques à l’arme blanche).

Alors l’agressivité sort différemment :

  • Sur internet, la haine s’intensifie
  • Les réseaux sociaux deviennent un exutoire de cette violence contenue
  • La montée des extrêmes (je ne parle même pas de politique) : les gens se radicalisent
  • Le harcèlement scolaire augmente en fréquence et en niveau de violence
  • Les agressions de professeurs et du personnel
  • Les violences policières omniprésentes
  • Vers soi-même : tentative de suicide (en hausse depuis 2020), auto-mutilation, addictions…

Le sacrifice rend impossible l’individuation

Sacrifier quelqu’un ne veut pas dire forcément le tuer. On parle d’un meurtre symbolique, qui peut aboutit à toutes sortes de violences (verbales, physiques…).

Projeter sur un tiers une partie de moi, c’est instantanément rejeter cette part de moi. C’est tout le propos de la projection : je ne veux pas la voir chez moi.

On passe tellement de temps à se raconter à nous-mêmes et aux autres notre identité présumée : gentil, serviable, intelligent, généreux… Comme si les cons, méchants, égoïstes étaient seulement à l’extérieur de nous.

Le sacrifice de ces parties de nous scelle une souffrance inconsciente qui nous fait pourrir de l’intérieur. ` Le pire dans ce processus est que nous ne le voyons pas ! L’individuation est complètement bloquée quand on agit comme ça.

Et pourtant, la tentation est grande de reporter nos maux sur notre patron, sur notre ex devenu subitement pervers narcissique, sur les riches, sur les jeunes, sur le président, sur notre famille…

Concrètement, on perd instantanément toute responsabilité quand on fait ça (et c’est d’ailleurs un des bénéfices majeurs).

Jusqu’ici j’ai beaucoup parlé du monde extérieur, mais ce serait rater une partie fondamentale du sacrifice et de la théorie du bouc émissaire de René Girard.

Le sacrifice intérieur

De la même façon que les sociétés se soudent en rejetant une victime, notre psychisme se structure en rejetant une part de nous-mêmes. Il serait donc illusoire de croire que le sacrifice n’est qu’à l’extérieur : il est tout autant à l’intérieur de notre psychisme, et même en proportion directe.

Ainsi, quelqu’un qui passe son temps à critiquer les autres ne parle jamais… qu’à lui-même.

Le bouc émissaire social permet de fédérer le groupe tandis que le bouc émissaire psychique permet de fédérer le psychisme : c’est l’ego.

En ennéagramme, le phénomène est très visible :

  • Le centre réprimé est déconsidéré, il est vu comme inutile, une perte de temps. Il coûte de l’énergie à utiliser et nous perdons très vite patience dès que nous le sollicitons. L’ego ne veut pas l’utiliser et il le sacrifie sur l’autel du centre préféré.
  • L’instinct réprimé est considéré comme inutile et on le laisse également de côté, bafouant les besoins concernés, au profit de l’instinct dominant qui prend toute la place.

Ainsi, certains sacrifient leurs émotions et leur sensibilité (pour être plus rationnel), d’autres sacrifient leur corps (pour être plus efficace), d’autres sacrifient carrément leur rapport à eux-mêmes et leur vie spirituelle.

Un sacrifice ne se fait jamais sans un prix à payer : il y a une augmentation de la violence envers soi-même (et les autres). Si je sacrifie mes émotions, je risque d’être dérangé par ceux qui se permettent de les vivre et les exprimer.

Dirigée vers soi, la violence se traduit en jugements, injonctions à faire ou être, en culpabilité… Il y a un rejet pur et simple de qui je suis. On aboutit logiquement à la honte où l’on se cache tellement on n’assume pas d’être soi-même.

Comment sortir du sacrifice

L’ombre n’est plus une ombre lorsqu’elle est exposée à la lumière. Le sacrifice cesse dès lors que la lumière est mise dessus.

Depuis des années, j’entends parler d’un paradigme non sacrificiel, mais ça reste très théorique tant qu’on en a pas l’exemple vivant.

Récemment, l’illustration de ce qu’est la “non sacrificialité” m’a sauté aux yeux.

En regardant “The chosen”, la série sur Jésus et ses disciples, j’ai été abasourdi.

Je l’avais déjà entendu mais tout à coup c’était clair :

Le Christ ne propose pas un nouveau sacrifice : il dévoile et désacralise le mécanisme sacrificiel. Sa mise à mort — celle d’un innocent — apparaît pour ce qu’elle est : un meurtre collectif travesti en justice. En racontant l’événement du point de vue de la victime, l’Évangile révèle la fausseté de l’accusation sacrificielle et rend caduque la croyance selon laquelle « la victime est la cause du désordre ».

La femme « possédée », le paralytique, le lépreux, l’aveugle, le publicain…

Le Christ incarne l’accueil qui réintègre ceux que le système excluait, et il refuse d’entretenir la réciprocité violente.

Par ses paroles et ses paraboles (brebis perdue, bon samaritain, fils prodigue), Jésus renverse le regard porté sur la victime : il met en lumière son innocence et montre que la communauté se trompe quand elle rejette l’un des siens. Le mécanisme du bouc émissaire est alors dévoilé : il peut toujours fonctionner, mais il ne peut plus s’appuyer sur l’illusion collective de la culpabilité de la victime.

À partir de là, deux voies s’ouvrent : persister dans le sacrifice grâce au déni, ou entrer dans un mode non sacrificiel faite d’accueil, de pardon et de réintégration.

Pour moi qui n’ai jamais été religieux, comprendre le véritable message spirituel du Christ m’a mis une énorme claque !

Au passage, l’histoire montre ce qui se passe quand le mécanisme sacrificiel est révélé au grand jour… la plupart des humains n’ont pas les ressources pour changer de mode de fonctionnement, alors ils rejouent exactement le même schéma mortifère en sacrifiant de nouveau. C’est vu et revu. Même chez les chrétiens qui glorifient Jésus Christ…

Quand je m’offre de l’auto-empathie, c’est exactement ce qui se passe : j’accueille une émotion, une part de moi qui était cachée et mise sous le tapis. Quand je vais voir mon enfant intérieur, c’est aussi ce qui se passe.

Il est possible de vivre hors du mécanisme sacrificiel, mais il y a plusieurs choses à savoir :

  • Ca exige du temps et de la persévérance
  • Ca demande de la douceur et de l’accueil
  • Ca coûte beaucoup d’énergie, de méta-cognition
  • Ca implique des renoncements (à trouver des coupables, à juger et projeter sur l’autre)
  • Et ça demande l’accompagnement par un tiers qui nous aide à regarder dans nos angles morts

Mais le jeu en vaut la chandelle. Un million de fois.

Moins je nourris le sacrifice, plus la qualité de ma vie augmente. J’en fais le constat quotidiennement depuis plus de 4 ans et je le vois chez celles et ceux qui jouent au même jeu que moi.

J’ai l’impression que ce choix ne peut que venir avec un développement de la spiritualité, dans une forme de réunification.

Si t’as envie de passer de la théorie et la pratique dans ta propre vie, discutons-en de vive voix.

ostéopathie mentale nœuds cerveau

Libération émotionnelle : la véritable origine de TIPI et NERTI

Quand tu t’intéresses à la psyché humaine, tu finis tôt ou tard par tomber sur le vaste sujet des traumas.

Dans ce domaine, dur de passer à côté de TIPI et NERTI. Peu de gens comprennent la différence entre les 2.

  • D’où viennent TIPI et NERTI ?
  • Quelles différences entre ces 2 outils ?
  • Qu’est-ce qui les différencie de l’EMDR, de la respiration holotropique ?
  • Quel outil privilégier pour dissoudre une mémoire traumatique définitivement ?

Mettons tout ça au clair !

Ma rencontre avec la libération émotionnelle

En 2016 je rencontre Luc Geiger, créateur de la méthode NERTI, dans le cadre entrepreneurial.

Comme on se parle régulièrement et que la libération émotionnelle m’intéresse autant à titre perso que pro, je décide de me former à la méthode NERTI en 2017.
Dans un premier temps, je veux l’appliquer sur moi-même.

Mais à cette époque, j’ai trop de résistances et je n’arrive pas à l’appliquer sur moi, j’évite, je fuis… 

Pourtant, j’arrive à l’appliquer sur les autres et je vois des résultats impressionnants : sur la peur du vide, du rejet, de parler en public, de la comptabilité, la phobie des petits trous… En effet, je constate que la plupart des gens sont libérés en une séance. A cette époque, je suis loin d’imaginer tout ce qui se cache derrière.

Et comme pour rendre à César ce qui lui appartient, je vais clarifier tout ce que je sais sur le sujet des outils de libération émotionnelle.

L’origine cachée des outils de libération émotionnelle en France

En 2019, je vis avec ma compagne à l’île de la Réunion et nous partons en vacances aux Seychelles.

Dans l’avion, je discute avec ma voisine de siège et le courant passe direct : pédagogie, cerveau, mindmapping… on passe le reste du vol à discuter de moult sujets passionnants et elle dit que je m’entendrais bien avec son mari.

De retour à la Réunion, elle nous invite à manger chez eux et je réalise à quel point le monde est petit : son mari Didier a travaillé avec Luc Nicon il y a des années, le créateur de la méthode TIPI (Technique d’Identification des Peurs Inconscientes).

Didier Godeau est kinésithérapeute (comme moi, même si j’ai pris ma retraite en 2017) et il a une façon particulière d’accompagner les patients. Très inspiré par l’approche de François Roustang, il laisse le patient s’auto-guérir par le non agir et essentiellement en silence.

Je suis hyper-curieux de découvrir, Didier me propose une séance et je suis fasciné de découvrir une approche non interventionniste qui rend le pouvoir au client. Pour moi qui suis fan de souveraineté, j’aime beaucoup !

Il me prête le livre “Savoir attendre” de Roustang, qui me fait l’effet d’une torpille dans mes croyances.

Je réalise ces 2 choses essentielles dans tout accompagnement :

  1. La présence de l’accompagnant compte bien plus que n’importe quel outil.
  2. Il n’y a rien à faire de particulier.

François Roustang est hypnothérapeute mais si tu prends le temps de l’écouter quelques minutes (facile à trouver sur YouTube), tu te rends vite compte qu’il ne pratique pas l’hypnose (qui consiste par définition à chercher des “états modifiés de conscience”).

En réalité, Roustang a enlevé tout le superflu de sa pratique en proposant au patient de s’installer confortablement dans son canapé, avec la conscience de son “problème” et de ne rien faire, de le laisser se résoudre de lui-même. On pourrait parler d’une thérapie par la présence. Il est probable qu’il ait gardé le terme hypnose par confort.

Ca n’a rien d’une pratique d’hypnose “classique” où l’on place l’individu dans un état particulier pour glisser des suggestions, pour faire faire des choses à l’inconscient ou toute autre approche d’interventionnisme naïf. Comme toujours, ça dépend surtout du praticien : pour ma part, j’observe beaucoup d’hypnothérapeutes ayant une vision très interventionniste (en mode ORANGE dans la spirale dynamique) avec un objectif et où on va un peu forcer le système pour aller dans cette direction. Je suis très critique de cette approche, plus que de l’hypnose elle-même qui peut aussi être utilisée pour partir à la rencontre de parts de soi sans ce mode interventionniste.

L’approche de Roustang est écologique au sens où elle ne force rien, puisqu’il invite littéralement à ne rien faire et c’est ce qui peut désarçonner ! Pourquoi payer quelqu’un pour passer du temps à rester dans le rien ?

J’ai été beaucoup perturbé par cette histoire de “ne rien faire”, puisqu’à cette époque je ne sais pas ce que ça veut dire, tellement je suis hypnotisé par le discours ambiant consistant à “faire pour être”.

C’est sur ce terreau-là que Didier et Luc Nicon arrivent plus spécifiquement au “laisser faire les sensations”, parce que “ne rien faire” est quand même bien vague et peut amener à une libération de manière très aléatoire.

De TIPI à NERTI

À ce moment-là, je découvre que Luc Nicon a popularisé la méthode TIPI sur base des travaux de Didier Godeau, lui-même inspiré de l’expérience de François Roustang.

TIPI consiste à être en présence des sensations dans le corps et les laisser évoluer jusqu’à libération. Seulement… ça ne suffit pas dans beaucoup de cas.

C’est déjà une révolution dans le monde de la psychothérapie (rappelons qu’en 2025 la plupart des psys en sont encore à faire parler les gens…) en intégrant le corps, les sensations et le “laisser faire”.

Mais il manque un ingrédient de taille. Et pour t’en parler, je dois te raconter l’histoire de Nicolas Actisdana.

L’ingrédient clé de la libération émotionnelle définitive

Je rencontre Nicolas quand il lance son activité de thérapeute, spécialisé dans les crises d’angoisse, et qu’il me sollicite pour l’accompagner dans son développement.

Pour te situer, Nicolas c’est le patient zéro de Luc Geiger (créateur de la méthode NERTI (pour Nettoyage Emotionnel Rapide des Traumatismes Inconscients)) dont je te parlais plus haut.

Pendant 6 ans, Nicolas fait crise d’angoisse sur crise d’angoisse. Dès 2006, Luc l’accompagne avec moult outils (EFT, PNL, EMDR, sophrologie…) et ça lui apporte des améliorations.
Mais rien ne règle vraiment le problème pour de bon.

En 2007, Luc se forme à TIPI et le teste en cabinet.
Même si ça lui apporte des résultats, Nicolas tourne en boucle sur ses sensations pendant des heures et n’arrive à la tant attendue libération définitive.

Un jour, Luc tombe sur 2 études qui stipulent qu’il y a une augmentation massive de syndrome de stress post-traumatique suite à un trauma crânien induit par un accident de la route. EURÊKA : il réalise que la mémoire traumatique est scellée par une sorte de verrou associé à la perte de connaissance (où le cerveau a cru mourir).

Il fait le lien avec toutes les sensations bizarres observées dans ses séances pouvant s’apparenter à une perte de connaissance – tourner, tomber, s’enfoncer, pencher sur le côté, …

Il appelle ces sensations bizarres le “verrou”. Ce verrou est LA clé de la mémoire traumatique. Aller jusqu’au bout du verrou, c’est informer notre système nerveux qu’il n’y a pas de danger de mort, ce qui dissout instantanément la mémoire traumatique.

Avant d’arriver au verrou et à NERTI, il est passé par 3 grandes étapes :

  1. La méditation Vipassana pour avoir la conscience d’observer les sensations sans intervenir
  2. La sophrologie pour réaliser que la présence au corps peut amener des libérations émotionnelles spontanées
  3. TIPI pour laisser faire les sensations corporelles en lien avec un déclencheur

Les expériences de Luc Geiger et de Nicolas montrent que TIPI est assez aléatoire dans les résultats, à cause de cette histoire de verrou qui n’est pas explicitée. 

Du coup on peut passer 2 heures à tourner autour du pot avec des sensations intenses, sans parvenir à se libérer vraiment.

Je peux aussi témoigner de mon expérience : en 2016 je découvre TIPI sans savoir ce que c’est : à cette époque, Luc-Marie (encore un Luc !), un thérapeute rencontré sur une croisière (longue histoire), me fait plonger dans mes sensations en lien avec un souvenir de CP très désagréable où l’institutrice me vire de la classe.

Pendant près d’une heure dans mes sensations, j’hyper-ventile, j’ai chaud, je me sens mal, je n’en vois pas le bout… Et on arrête à un moment donné parce que je tourne en boucle et ça ne s’arrête pas et je deviens tout blanc. Pour moi c’est hyper-intense, je suis hébété, épuisé… et ça ne m’a pas libéré pour autant.

Des années plus tard, ce souvenir était toujours actif. Tu comprends pourquoi : on n’a pas ciblé le verrou de la mémoire traumatique.

Voilà la découverte incroyable de Luc Geiger : cibler le verrou permet une libération de manière systématique, parce que c’est la racine de la mémoire traumatique. Il a ajouté sa patte sur d’autres points (l’inversion psychologique, la technique à froid…) et a créé NERTI.

Les différents outils de libération de traumas

Aujourd’hui, il existe pléthore de méthodes de libération qui passent par le corps et je trouve ça génial :

  • Somatic experiencing (de Peter Levine)
  • Focusing
  • TIPI
  • NERTI
  • Psych-K
  • TRE (Tension Releasing Exercises)

Certaines utilisent la respiration : respiration holotropique de Grof, biorespiration de Mérien, rebirth…

D’autres utilisent le regard : EMDR, DMOKA.

D’autres utilisent des stimuli corporels : EFT, SCAMDEN…

Pour avoir essayé presque tous ces outils, mon expérience est la suivante : quand je veux libérer une mémoire traumatique spécifique, NERTI est la plus aboutie car c’est la seule qui cible le verrou de la mémoire traumatique. Sans forcer, en restant juste en présence.

Ca donne une libération plus rapide, plus prévisible et définitive.

Certains outils travaillent sur des mémoires mais on ne sait pas lesquelles, comme toutes les pratiques respirations avec hyperventilation. Et ça peut avoir du sens aussi !

D’autres outils travaillent des traumas spécifiques, mais ça peut faire des séances interminables qui durent 1h30-2h ou plus, comme SCAMDEN ou TIPI.

À force d’explorer le sujet, de tester de nombreuses libérations sur moi depuis cette année, d’accompagner des dizaines de clients avec NERTI, d’en discuter avec Luc (Geiger) et Nicolas, je comprends de mieux en mieux les différences entre ces approches et n’ai pas encore trouvé plus pertinent que NERTI. Je n’ai pas de conflit d’intérêt et je ne suis pas payé pour écrire ça 🙂 Luc est un ami mais si je trouve mieux un jour je lui dirai !

Mon témoignage personnel

C’est seulement en 2025 que je commence véritablement à faire des libérations en autonomie et jusqu’au bout.

Jusqu’alors, j’avais des résistances inconscientes, des croyances qui disaient “NERTI ne marche pas sur moi”.

En 2025, j’ai beaucoup discuté avec Nicolas qui m’a aidé à y voir plus clair sur NERTI, à affiner les différences avec les outils similaires, à améliorer ma pratique et à m’occuper de mes résistances avec NERTI.

Cet outil est tellement puissant qu’on peut avoir 1001 raisons de ne pas s’en servir, de ne pas aller jusqu’au bout de la libération, d’oublier son existence…

Il y a de nombreux bénéfices à rester dans nos blocages et traumas, c’est tout à fait normal.

Cet été 2025, j’ai annoncé publiquement mes expériences de libération traumatique, notamment sur tout ce qui me limite sur le plan professionnel. Ca vient toucher au rapport à l’argent, au travail, au manque, à l’exclusion de la tribu, au jugement et regard des autres.

En quelques semaines, je vois déjà des changements radicaux à l’intérieur de moi. Pratiquer NERTI en autonomie demande du courage et de la persévérance mais le jeu en vaut la chandelle.

Je ne sais pas jusqu’où je peux libérer mais je soupçonne que ça peut aller très loin, jusqu’à des éléments qu’on considère faisant partie de notre structure psychique (et qui ne le sont pas, en fait).

Vers un NERTI 2.0 ?

Sur base de François Roustang, Didier Godeau et Luc Nicon, Luc Geiger a développé un outil simple, épuré, accessible en autonomie et c’est juste incroyable.

Comme pour tout outil, chacun se l’approprie et le customise à sa sauce, ce que je ne manque pas de faire.

Je ne vois rien à ajouter à NERTI, par contre je vois des ajustements importants notamment au début des séances, qui est LE moment clé où ça peut bloquer. Et sur l’aspect émotionnel, qui peut être un point névralgique pour beaucoup de gens.

J’ai réalisé à plusieurs reprises que certaines personnes n’arrivent pas à rentrer dans leurs sensations, pour plusieurs raisons :

  • Dissociation ou anesthésie : 2 transes typiques associés à des traumatismes. Quand le client est trop à côté de ses pompes, Luc Geiger parle du “renforcement de la structure émotionnelle” et je le rejoins. Tout ce qui relève de la pratique méditative DANS LE CORPS est aidante, ça peut aller de la sophrologie au sport en passant par le massage. Creuser son type ennéagramme peut éventuellement aider.
  • Insécurité : elle peut être liée au sujet amené, au cadre thérapeutique ou même à l’accompagnant. Dans ce cas il est primordial de mettre en lumière la part du client qui vit cette insécurité, amener de l’écoute, de l’empathie. C’est tout l’attirail IFS, CNV et théorie polyvagale qui entre en jeu. Alliance thérapeutique, toussa toussa.
  • Résistance : elle est souvent inconsciente et, là encore, il faut identifier la part qui en est à l’origine. Une véritable discussion de cœur à cœur suffit souvent à faire tomber la résistance. Il faut que ce soit écologique pour le client : on ne force pas un système nerveux. La résistance peut dire “coco, c’est pas le moment, c’est un trop gros dossier”, dans ces cas-là on va plutôt creuser avec des questions de coaching pourquoi la personne cherche à passer en force sur elle-même.

Un travail sur le nerf vague aide énormément dans tous les cas.

Ces outils basés sur l’accueil des sensations peuvent être rudes pour les personnes qui ont un grand besoin d’écoute, comme c’est mon cas. Pour ces profils, pendant la séance, j’accorde beaucoup d’importance à offrir un espace d’empathie, d’écoute des émotions et des besoins sous-jacents, pour qu’il y ait suffisamment de confiance. Là, le système nerveux peut se détende avant de descendre dans les tréfonds de la psyché pour libérer la mémoire traumatique.

Voilà, tu sais tout ! Si t’as envie qu’on discute ensemble des mémoires traumatiques qui foutent la merde dans ta vie et t’empêchent de prendre ta place dans le monde, parlons-en.

type 3 clandestin

Le type 3 ennéagramme tel que tu ne l’as jamais vu

Quand je découvre l’ennéagramme en 2016, le type 3 ne me parle pas du tout. Pourtant, c’est exactement ma personnalité profonde, que je découvre 5 ans plus tard. Peu de gens me voient dans cet ennéatype parce que je suis souvent aux antipodes du stéréotype. Les explorateurs de l’ennéagramme ont souvent une image complètement erronée du type 3.

Il est temps de te dévoiler le type 3 clandestin, une créature méconnue plus fréquente que tu ne l’imagines !

Le type 3 n’est pas un stéréotype

Le type 3 est souvent décrit comme quelqu’un d’exubérant, qui se vante, tient des monologues sur ses réussites, manipulateur à souhait et qui vendrait sa mère pour recevoir une médaille.

Oui ça fait partie des expressions possible du type et ça peut être lourd. (Types 3 et 8 sont vus comme les plus détestables de l’ennéagramme.)

Mais en rester là, c’est passer complètement à côté du type 3 ennéagramme !

Revenons à la base : L’ennéatype est une structure psychique universelle : un archétype. Que tu sois en Inde, en France ou en Suède, tu verras plein de types 3 dans la rue (et pas que là, hein !). Le type ennéagramme ne renseigne PAS sur les comportements qui en découlent : chaque humain exprime singulièrement son ennéatype. Comme un même gène qui peut donner une maladie chez quelqu’un et pas chez un autre (coucou l’épigénétique).

Usain Bolt et moi avons des quadriceps, pour autant si on joue à faire la course, je suis mal barré.

Dans chaque type, tu peux trouver des gens radicalement différents : Adolf Hitler et Alexandre Jollien, Donald Trump et Eric Baret, Zinedine Zidane et François Hollande.

L’ennéagramme parle des motivations profondes qui nous dirigent. Ces motivations ne sont pas si évidentes à décoder de l’extérieur : la preuve en est la difficulté de typer un individu avec certitude, on se trompe souvent.

Pourquoi on voit le type 3 comme caricatural

Notre cerveau primitif aime simplifier le réel, les cases et étiquettes, un monde en deux dimensions (noir/blanc, gentil/méchant, pour/contre). C’est la principale raison.

Le type 3 étant un centre émotionnel, centré sur l’image et la reconnaissance, tu vas clairement le retrouver dans des endroits où il peut vivre ça. Ça peut s’exprimer autant dans la danse, que dans un milieu écolo, politique ou sur internet.

Les types 3 caricaturaux (typique de l’instinct social) prennent énormément de place et de visibilité, c’est pourquoi on finit par résumer : type 3 = superficiel, vaniteux, insupportable.

Avant de découvrir Epanessence, beaucoup de gens m’ont dit avoir une mauvaise impression du type 3 à cause de cette minorité hyper-visible.

Mais les plus visibles ne sont pas représentatifs du spectre d’expression du type 3 !

Comme pendant une catastrophe type tornade ou tsunami : une minorité en profite pour piller, voler et faire du chaos… pendant qu’une immense majorité s’entraide. Evidemment, les médias zooment sur le sensationnel et parlent seulement de ce qui les arrange.

Mon expérience me montre que beaucoup de types 3 autour de moi ne collent PAS à cette vision caricaturale qu’on peut avoir quand on découvre l’ennéagramme.

De la même manière que le type 6 contre-phobique ne colle pas avec l’image de froussard qu’on voit chez le type 6 phobique. 

Il est temps de te parler de cette variante particulière du type 3 : le type 3 clandestin.

Le type 3 clandestin

Pour t’en parler, petit retour sur mon histoire :

Enfant, je passe un temps phénoménal à jouer à la console, à regarder la TV, bref tranquille chez moi. Adolescent, je suis loin d’être populaire au collège, je suis souvent un objet de moqueries et de critiques, je passe mon temps à jouer sur mon ordinateur, sur les forums, je n’ose pas parler aux filles qui me plaisent… Dans les groupes, je ne parle pas de moi, voire je garde le silence, je ne sais pas quoi dire. Dans tous événements entrepreneurs que j’ai fait, je galère à parler de mon activité donc si je peux, j’évite : l’autre monopolise la conversation et il est fréquent qu’il ne sache rien de moi.

Ca ne ressemble pas trop au type 3 cliché tout ça… (et c’est pourquoi j’ai eu du mal à me typer)

Alors tu peux te dire : “Bah Fabien, tu t’es juste trompé de type !”.

J’en suis à un stade de ma vie où je n’ai plus beaucoup de certitudes, par contre je n’ai pas de doute sur ma structure psychique ! Je détaille mon parcours de typage en détail. Revisiter mes traumas a confirmé encore et encore ma base 3.

Le type 3 visible, qui réussit, parle de lui, c’est valable quand il exprime son ego “normalement” et sans entrave.

Mais rappelons comment est structuré le type 3 en revenant aux centres : c’est un centre émotionnel/de l’image tourné à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur.

Il est expert dans l’art caméléonesque de faire coller sa réalité intérieure à ce qu’on attend de lui. “Dis moi qui tu veux que je sois et je le serai pour toi” pourrait être une devise inconsciente de type 3.

Avoir un avatar social est OBLIGATOIRE pour recevoir la reconnaissance dont il a besoin (dans l’ego).

Que se passe-t-il quand le type 3 évolue dans un environnement Bleu comme la France qui valorise la discrétion, l’humilité ? Et que se passe-t-il quand il est élevé dans une famille où c’est mal vu de réussir, d’être visible, de parler de soi et de ses succès ?

Ces 2 contextes créent en lui une tension interne entre :

  • Ses motivations profondes (qui le poussent à avoir de la valeur en faisant des trucs)
  • La mauvaise image que ça donnerait de lui s’il exprimait cette partie de lui.

Cette guerre intérieure se traduit par ce que j’appelle le type 3 clandestin : quelqu’un qui cherche à se faire discret en s’auto-censurant.

Mais même quand on s’auto-censure, il faut montrer qu’on a de la valeur ! Il rêve de lumière sans s’autoriser la lumière.

C’est là qu’on rentre dans les subtilités : faire preuve d’un excès d’humilité en ne se vantant jamais (et en se vantant de ne pas se vanter :D), se diminuer pour paraître modeste (et se faire complimenter), rabaisser les autres, laisser parler nos signes extérieurs de richesse, montrer notre corps ou notre apparence ou notre talent (Sofiane Pamart avec le piano par exemple), glisser des références d’auteurs (ma spécialité) ou de célébrités qu’on connaît…

Tout ça est évidemment INCONSCIENT ! Comme à l’époque où je cherchais à me faire remarquer en classe ou en formation, ce qui agaçait profondément ceux qui ne se l’autorisaient pas.

Pour ma part, j’ai excellé dans l’art d’exprimer le contre-type du type 3 :

  • Rabaisser ceux qui réussissent plus que moi : “de toute façon ils font de la merde”
  • Refuser de jouer le jeu des apparences et du “m’as-tu vu” (le contre-signaling) : “non mais moi j’aime pas la superficialité”
  • Rationaliser ma réussite moindre : “il y a autre chose que l’argent dans la vie”
  • Poser des questions pour qu’on s’intéresse à moi
  • Apprendre plein de trucs pour intéresser les gens
  • Muscler mon corps et mettre des débardeurs ou vêtements moulés (à l’adolescence c’était abusé !)
  • Corriger quelqu’un pour montrer que je sais

L’auto-censure est un mécanisme bien pratique pour rester dans l’ombre : repousser des actions importantes, arrêter des projets en plein milieu, éviter de confronter son projet à la réalité, rester dans l’apprentissage, focaliser sur des projets très secondaires…

Chez certains types 3, ça peut prendre une forme d’ego spirituel : “Je ne suis plus dans l’ego de réussir, regarde comme je suis un être éveillé !”. Avec la transe d’identification, le type 3 peut se modeler sur ce qu’il imagine être un maître spirituel. Le Youtuber Jean Laval l’illustre bien dans ses vieilles vidéos (voix lente, collier de perles, discours new age…)

Il faut bien comprendre que TOUT ça est une (vaine) tentative d’éviter de se prendre l’échec dans la tronche.

Si cet article a mis des mots sur quelque chose que tu vis en silence depuis longtemps, c’est probablement le moment d’aller plus loin pour vérifier ton type ennéagramme. On peut le faire ensemble dans le parcours Bas Les Masques.

La tension permanente qui gâche la vie du type 3 clandestin

Le type 3 vit beaucoup de tensions internes, dont il est ± conscient.

Il y a la tension de base très forte chez le type 3, qui consiste à chercher à faire correspondre ce qu’il vit à l’intérieur et ce qu’il imagine que les autres attendent de lui. Ca crée une adaptation permanente qui lui coûte beaucoup d’énergie et lui fait perdre la connexion avec lui-même.

C’est la base de son centre émotionnel préféré, tourné dans les deux directions, qui lui vaut souvent d’être réprimé dès qu’il sature. D’où le terme “émotionnel non émotionnel” pour parler du type 3, où, sous stress égotique, il devient froid, cassant, désagréable.

À cette tension de base s’ajoute une autre tension interne qui touche encore plus le type 3 clandestin :

  • Le besoin impérieux d’être vu : “regarde moi, j’existe !”
  • La peur panique d’être vu : “ne me regarde pas trop, pas de trop près !”

Si tu te reconnais ici, c’est exactement ce dont parle le livre Lâche les chevaux : ce frein qui t’empêche de te rendre vraiment visible.

Comment on gère ça ?

De mon expérience, je cherche à être vu autant que possible en m’agitant dans tous les sens, mais pas trop quand même. Donc si possible m’agiter pour des trucs qui vont me rendre à peine visible (l’ennéagramme par exemple ? :D)

Et quand je suis vu, je fuis parce que c’est tellement intense que ça fait vivre énormément de choses à l’intérieur (c’est aussi lié à l’instinct sexuel). Alors je ne relève pas le compliment, je détourne le regard, j’oublie ce que je viens d’accomplir pour passer à la suite. Là, je suis tenté de rajouter que “ça a évolué” pour te montrer une meilleure image de moi.

Ce que j’ai observé chez un certain nombre de clients et amis de type 3 qui me ressemble, c’est à quel point ils souffrent de ne pas s’autoriser à vivre l’ego du type 3.

C’est comme si tu avais H24 un somptueux fondant au chocolat devant les yeux, sans pouvoir le manger. (Je ne dis pas ça parce que c’est mon dessert préféré, évidemment)

Le type 3 clandestin vit une dissonance cognitive terrible entre ses motivations profondes et ce qu’il fait vraiment. Ca se traduirait par “je crève la dalle d’être vu, reconnu, par les autres… mais je fais tout pour ne pas le vivre et je me raconte que ce n’est pas important.”

Ca entraîne beaucoup de souffrance, qui peine souvent à s’exprimer car le type 3 est expert dans l’art de cacher ce qu’il ressent.

Pourquoi le type 3 cache ses émotions

Le type 3 croit très fort qu’il n’est pas aimable pour qui il est, alors il cache son authenticité au fond de lui-même en priant que son masque cache sa vérité intérieure (ça marche souvent mais pas avec les gens un minimum présents à eux). Même après des discours où j’étais hyper stressé et où j’étais sûr que ça se voyait à des kilomètres, les gens me faisaient le retour que j’étais super à l’aise et souriant. Des types 3 m’ont souvent raconté des anecdotes similaires.

Le type 3 a entendu ou deviné : tu n’as pas le droit d’avoir ses propres sentiments et sa propre identité. Alors il a tout cadenassé pour survivre, créant une identité factice, car il vit une peur immense d’être nu, démasqué, vu dans sa nullité et sa bassesse.

Chez énormément de 3, des hectolitres de tristesse sont contenus derrière ses blocages émotionnels, ne trouvant pas le chemin des larmes. C’est là que se trouve l’accès à notre humanité (mais si tu n’es pas 3 toi-même, ça te sera compliqué d’imaginer l’incroyable difficulté de cette entreprise).

Ce n’est qu’à 29 ans que j’ai réalisé toute la tristesse qui était cadenassée en moi. Et c’est seulement depuis quelques mois que les larmes recommencent à couler.

Cette tristesse est souvent masquée par :

  • La honte : honte de ne pas être à la hauteur, honte de réussir trop peu, honte de son statut.
  • La culpabilité : de ne pas en faire assez, de procrastiner…
  • La colère

Qui dit répression dit compensation et retour du refoulé.

Comme toujours, la vie trouve une façon de le manifester par des symptômes :

  • La nourriture (quasi systématique), en particulier sucrée (coucou le chocolat :p), symbole archétypal maternel par excellence
  • Les tensions corporelles, désordres digestifs, nœuds au plexus solaire, oppression thoracique
  • La somatisation par la peau (fréquent au visage)
  • La suractivité : sport, apprentissage, travail…

Chez un type 3 qui a le centre mental en soutien (comme moi), ça se manifeste très fort par l’apprentissage, la lecture, les modèles, la compréhension… Chez un type 3 avec centre instinctif en soutien, ça se manifeste par encore plus d’action dans le monde extérieur, d’agitation, de sport, l’agressivité…

Aujourd’hui, mon expérience de vie et de coach me fait poser l’hypothèse suivante :

La plupart des types 3 clandestins ont un centre mental en soutien et plutôt une aile 4, ça va avec plus de conscience de leur intériorité, beaucoup plus d’intensité et de drame intérieur.

C’est tout à fait possible que ce soit un biais lié au fait que j’attire des gens comme moi, même si le combo centre mental soutien, centre instinctif réprimé et aile 4, paraît cohérent pour faire l’expérience du type 3 clandestin.

La fin de la quête épuisante de la carotte imaginaire

Le type 3 vit une course perpétuelle à la poursuite de sa carotte imaginaire. Cela le maintient dans une activité frénétique qui le stimule autant qu’elle le fatigue, alimentant le mode survie.

Même le type 3 clandestin s’agite toute la journée : regarder des vidéos, scroller sur les réseaux sociaux, écrire sur un forum, envoyer des messages, bricoler, lire… (je connais ça bien)

Ce qu’il ne sait pas, c’est que l’arrêt signifie son arrêt de mort. D’où le fait qu’il ne s’arrête jamais. Son ego ne supporte pas l’idée de ne rien faire, de juste rester avec ce qui est.

Parce qu’alors, ça signifierait qu’il peut juste ÊTRE (ce qui ne colle pas avec ses programmes inconscients qui lui disent “tu dois faire et réussir pour être”).

Comme si être, c’était pour “plus tard”, parce que, là maintenant “j’ai pas le temps, j’ai trop de trucs à faire”.

Faire ce constat serait la fin immédiate de la quête.

Ben oui, si je n’ai pas besoin de faire pour être, je vais me contenter d’être. Et le faire en découlera naturellement : c’est la voie de l’intégration, en connexion avec son authenticité et l’espérance, quand le type 3 ne se prend plus pour Dieu mais s’en remet au grand plan qui le dépasse et sur lequel il n’a aucun contrôle.

À la place de cette connexion au divin, le type 3 s’épuise (j’en connais beaucoup qui sont allés au burnout) pour obtenir quelque chose qu’il n’obtient jamais parce que la seule reconnaissance qu’il reçoit s’adresse à son personnage et il ne prend même pas le temps de la sentir. Oui, c’est épuisant de se prendre pour Dieu ! “Je me suis fait tout seul” : voilà l’hubris du type 3.

Il lui suffirait de se poser sur un canapé et reconnaître ce qu’il ressent pour amener énoooormément de détente dans son système. Mon expérience me l’a montré bien des fois.

Quel détour pour ne pas se rencontrer ! Comme si tu prenais le train à Paris pour aller à Pau, avec un changement à Strasbourg (sinon t’irais tout droit en Allemagne !).

Pour le type 3 inhibé, c’est encore plus terrible parce que tous ses efforts ne mènent pas à de gros résultats tangibles, vu qu’il passe son temps à se contenir et à se cacher. Ca mène à des petits succès par ci par là, dont il parle à demi-mots.

Cette expression tiédasse de son type (en mode clandestin) entre en comparaison avec les types 3 qui y vont franc du collier (comme David Laroche ou Franck Nicolas en France). La comparaison, les jugements sur soi et sur les autres, lui font vivre un enfer intérieur permanent et une impuissance aussi réelle qu’impossible à reconnaître.

Sortir de l’enfer du du type 3 clandestin

Tu l’as bien compris, ce petit jeu de vouloir être vu et de tout faire pour ne pas l’être est une peine perdue. La seule manière pour que ça s’arrête ?

Laisse-moi te poser une devinette juste avant :

Tu es dans une voiture et c’est toi qui conduis. Derrière toi, il y a une ambulance. Devant, un camion de pompiers. Au-dessus, un hélicoptère. À gauche, une vache. Et à droite, un ours. Comment fais-tu pour t’arrêter ?

Descendre du manège : c’est la seule option.

Ca commence par renouer avec l’énergie de base de ton type ennéagramme, sans la censure. T’autoriser à t’exposer, t’autoriser à ouvrir ta gueule, à parler de ce que tu fais et réussis. Oui temporairement ça va être maladroit et ça va emmerder des gens, mais c’est pour toi que tu le fais.

Il ne s’agit pas de devenir une caricature comme Arnold Schwarzenegger (mon idole d’adolescent !), mais de réinvestir la polarité que tu as désinvestis, jusqu’à trouver la justesse.

Goûte à ta 3titude en t’autorisant ce que tu t’interdisais jusqu’à présent (ce qui demandera de revisiter les loyautés familiales qui t’ont amené à te censurer), pour réaliser ensuite la Vanité fondamentale de tout ce jeu de faire et de paraître.

Ce chemin à la rencontre de toi-même est très compliqué à faire seul.e tant les tâches aveugles sont nombreuses : c’est mon travail d’accompagner à cet endroit.

Pour commencer, tu peux explorer le livre Lâche Les Chevaux qui te montre précisément le frein qui t’empêche d’avoir les résultats que tu veux.

Individuation IA

Guide d’individuation pour humains courageux

L’individuation est l’aventure ultime de la découverte de soi, un voyage audacieux pour devenir qui nous sommes réellement.

Le but de l’individuation n’est ni le bonheur, ni la quête d’un idéal : c’est la plénitude au sens propre. Devenir un individu entier, ni plus, ni moins.

Alors oublie le développement personnel et la psychologie positive car l’individuation selon Jung parle de tout autre chose. Si tu veux en savoir plus sur cette notion mal comprise, continue ta lecture.

L’aliénation du développement personnel : une fausse voie d’individuation

En 2009, je tombe, comme Obélix, dans la marmite du développement personnel. Je lis des centaines d’ouvrages, je consomme des milliers d’heures de contenus, j’achète pléthore de formations. J’ai une obsession : devenir la meilleure version de moi-même. Tout le reste est relégué au second plan.

Pendant plus de 10 ans, je suis en guerre contre moi-même :

  • Contre le Fabien qui a du mal à se lever le matin
  • Contre le Fabien qui a la flemme d’aller à la salle de sport
  • Contre le Fabien qui mange trop de chocolat
  • Contre le Fabien qui bafouille pendant ses vidéos
  • Contre le Fabien qui n’est pas assez productif

(Tu noteras qu’il y a systématiquement du trop ou pas assez dans cette guerre.) Tout ça vient de l’idéal du moi qui motive tous mes efforts, caché dans l’ombre.

Jusqu’au jour au c’est trop. Où j’en peux plus de faire ces routines matinales d’1h30 à devoir faire méditation, yoga, affirmations positives, visualisation, lecture, écriture…

Le problème est que je cours après la meilleure version de Fabien sans comprendre les fondements de cette démarche :

  • Qui est vraiment ce “moi” qu’il faut améliorer ?
  • Pourquoi faudrait-il l’améliorer ? Selon quel critère absolu ?

Ces deux questions amènent à voir l’absurdité de cette démarche. Je me suis épuisé à la tâche et le résultat est sans appel : encore plus de désolation intérieure et d’émotions refoulées. Une lutte interne toujours plus féroce, nourrie à l’amertume et à la mésestime de moi.

Chercher à s’améliorer en suivant les méthodes des autres est une phase souvent nécessaire. Tu dois passer par là pour en voir les limites.

Un jour, le moment devient propice pour un processus beaucoup plus sain et mature : l’individuation.

Ma découverte de l’individuation

La quête sans fin de perfection et de poursuite de mon idéal est tombée. J’ai compris que je ne peux pas réussir ma vie. Ni l’échouer. Je comprends que je passe toute ma journée avec un étranger : je suis tellement convaincu que je dois changer et m’améliorer que je n’ai même pas pris le temps de me connaître vraiment.

Malgré une quête de vision chamanique, malgré une retraite de méditation Vipassana, malgré moult stages de yoga, d’hypnose et de développement personnel en tout genre.

À chaque fois que je suis face à moi-même, me voilà assailli par mes émotions, par mes pensées et mes idées noires, j’ai un mal fou à rester présent. Je me vois fuir constamment ce moment présent.

Sur les centaines de livres que j’ai lus sur le développement personnel, la psychologie, la thérapie et la spiritualité, un livre sur deux parle du même gars : Carl Gustav Jung.

Les archétypes ? C’est lui. L’inconscient collectif ? Aussi. Les synchronicités ? Toujours. Les zone d’ombre ? Encore lui. Anima et animus ? Eh oui. Pareil avec les profils psychologiques (dont découle le MBTI). Il a beaucoup enrichi l’interprétation des rêves de Freud, sans la connotation de perversité que ce dernier projetait sans cesse.

Et bien sûr, l’individuation, sujet du présent article.

Pourquoi l’individuation ?

Parce que “Tout ce que nous n’aurons pas ramené à la conscience se manifestera dans notre vie comme le destin ou la fatalité ” : cette phrase de Jung résume tout.

L’individuation est tout simplement apprendre à être un individu entier, non morcelé. C’est pas un concept de philosophie, c’est un chemin qui s’arpente avec TOUT son être !

NB : l’individuation n’a rien à voir avec l’individualisme ou l’individualisation.

Selon Jung, ce processus consiste à devenir ce que nous sommes vraiment, à intégrer toutes les facettes de notre personnalité, y compris celles que nous rejetons ou ignorons. Loin des attentes sociales ou des masques que nous portons, l’individuation nous rapproche de notre centre.

Comme le dit Durkheim, contemporain de Jung : “Le sens de l’individuation est de devenir et d’être authentique.”

Individuation et individu partagent la même origine : ça veut dire “indivisible”. Ca rejoint le retour à l’Unité fondamentale, quelque part. Mais pas l’Unité dans laquelle on fuit pour ne pas s’incarner et rester dans une soupe primordiale où tout se vaut.

Quand Jung dit “L’homme est une maison en désordre où il n’y a pas un maître mais une foule de serviteurs qui veulent tous commander”, l’individuation est justement là pour avoir un Roi sur le trône et ordonner le royaume.

C’est d’abord une Unité intérieure où je rassemble tous les fragments éclatés par ma vie :

  • La puissance que j’ai rejetée parce que trop confrontante.
  • La vulnérabilité que j’ai exclue parce que ma tristesse et ma sensibilité n’avaient pas leur place.
  • Mes perversions, mes névroses et mes pulsions que j’ai rejetées loin car inacceptables par la socioculture.
  • Mon ego, source névrotique principale du persona / de la personnalité

L’individuation revient à troquer honte et culpabilité contre le courage d’être soi.

La plupart des gens passent leur temps à ne PAS VOULOIR s’individuer. Ils ne veulent pas devenir des individus mais des bonnes personnes.

Pourquoi ?

Parce que c’est difficile d’être un individu : de reconnaître nos parts d’ombre, nos endroits inavouables, notre lâcheté, nos échecs, notre violence, notre pulsion de mort, notre mensonge à nous-mêmes, notre paresse à nous connaître.

“On n’atteint pas l’illumination en imaginant des figures de lumières, mais en portant à la conscience l’obscurité intérieure. Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire.” Carl Gustav Jung

Principe de base : Quand tu ne reconnais pas quelque chose en toi, tu le projettes à l’extérieur. Ainsi, à chaque fois que tu regardes le monde, ce sujet spécifique que tu ne veux pas reconnaître reviendra encore et encore te chatouiller. Mais si tu le vois, ce n’est pas parce que c’est dans le réel, c’est parce que c’est l’œil de celui qui regarde (la parabole de la paille et de la poutre du Christ).

Tu peux voir tout dans le réel : le beau/le moche, la douceur/la dureté, la gentillesse/la méchanceté… Puisque le réel est Tout, il contient toutes les polarités. Dès qu’on trie la réalité avec un adjectif, tu peux être sûr de te placer du côté qui t’arrange.

C’est une sorte de biais d’auto-complaisance.

Al Capone disait “J’ai passé le meilleur de ma vie à aider les gens, à leur faire du bien, et tout ce que j’en retire, c’est d’être traité comme un criminel.”

Pour moi, il n’est pas possible de commencer cette démarche proposée par Jung si on ne s’intéresse pas profondément à notre personnalité profonde et à la structure de notre ego. Je ne parle pas de personnalité de surface effleurée par le MBTI, le big five, les tests en entreprise (DISC…). Quand j’ai découvert ma personnalité profonde, mon monde s’est effondré car j’ai enfin commencé à voir vraiment mon persona (que je croyais pourtant avoir déjà vu sous tous les angles…).

En clair, l’individuation revient à devenir adulte.

Les obstacles à l’individuation

Il y a 3 familles d’obstacles à l’individuation :

  1. L’anesthésie : je refuse de me rencontrer. Je me fuis par les substances, la bouffe, les écrans, l’action quelle qu’elle soit, l’analyse, l’étude de concept,
  2. L’identification : je confonds l’être avec un élément de la réalité. Je me perds dans les attentes des autres (famille, société, groupes…), dans ce que j’aimerais être (idéal) ou faire (objectif, vision), dans un groupe et du social, dans une philosophie, dans un concept…
  3. La projection : je mets à l’extérieur de moi ce qui est en moi. Je juge, j’accuse, je rejette, je mentalise.

Tant qu’on s’anesthésie pour ne pas se rencontrer, qu’on s’identifie à un bout de la réalité, qu’on projette à l’extérieur une part de nous, l’individuation est impossible.

Repérer ces obstacles à l’individuation, c’est un peu comme poser les fondations de la maison : c’est la base de la base.

Voilà pourquoi…

L’individuation commence par revenir à l’intérieur

Il n’y a pas d’individuation sans introspection, ça paraît être une évidence. Certains (comme moi) seraient tentés d’amorcer l’individuation avec du faire, des actions, un process.

Mais l’individuation n’est pas du faire ! Puisque c’est justement être.

C’est là où l’approche exotérique consistant à lire des livres ou regarder des vidéos trouve ses limites.

Il faut à un moment donné passer à l’approche mésotérique, consistant à se rencontrer ici et maintenant, dans ce qui est. Théoriquement il n’y a pas besoin de modèle, d’outil, de technique… Mais en pratique, les gens se sont trop aliénés pour y arriver seul.

C’est là que 2 ressources viennent en support :

  • La carte : un explorateur, même intérieur, est fortement aidé par une carte. Même s’il n’y a pas d’objectif, simplement pour se repérer. LA carte indispensable pour tout individu en quête d’individu, c’est l’ennéagramme. J’ai vu beaucoup de gens très expérimentés, bien plus diplômés et compétents que moi, être complètement aveugles à leur structure psychique. Ils ont fait plein de trucs, mais restent étrangers à cet endroit de leur psyché et je vois à quel point ils se traînent leurs tâches aveugles longtemps.
  • Le guide : un autre humain est indispensable à bien des étapes. Notamment parce que c’est impossible de se voir tel qu’on est, à cause de tous nos mécanismes de défense (qui découlent des 3 obstacles que j’ai cités). Le guide est là pour t’aider à te poser les bonnes questions, t’aider à regarder au bon endroit, te recentrer quand tu t’échappes de ta réalité.

Sans ces 2 ressources, je n’aurais jamais pu me rencontrer avec ce niveau d’intimité que j’ai développé depuis 4 ans.

L’individuation est une digestion

Quel est le rôle principal du système digestif ? Faire de l’extérieur un intérieur.

En transformant les aliments, le corps récupère les acides aminés, le glucose, les acides gras et tous les micro-nutriments, pour entretenir et réparer la baraque.

L’individuation est la même chose sur le plan symbolique : on digère l’extérieur pour en faire un intérieur. Notamment avec toutes les parties du réel qu’on refuse, qui créent de la friction : du plus léger (faute d’orthographe, incivilité, un changement d’avis) au plus lourd (totalitarisme, viol d’enfant, génocide, esclavage).

Attention : dans l’individuation, il n’est pas question de te faire violence et te forcer à digérer les pires atrocités de l’humanité, sinon tu risques l’indigestion et surtout le traumatisme. Ca peut prendre beaucoup de temps avant d’être OK avec ces pans de la réalité (voire tu peux ne jamais être OK avec, et c’est OK). Et quand je dis être OK, ce n’est pas cautionner ou être d’accord, mais intégrer que ça fait partie du Réel.

Les grands thèmes de l’individuation

Il n’existe pas de plan universel pour mener le processus d’individuation. Chaque individu avance à son rythme, selon ses zones d’ombre, ses blessures, son histoire. Mais certains grands axes reviennent pour tous : établir une nouvelle relation à soi, accueillir les contenus inconscients, cesser de s’identifier uniquement à sa persona.

Jung, fondateur de la psychologie des profondeurs, nous propose une approche radicalement différente de la connaissance de soi : il ne s’agit pas seulement d’explorer le moi conscient, mais d’entrer en contact avec l’inconscient, avec ces images, archétypes et dynamiques qui nous habitent sans que nous en soyons toujours conscients.

Ce travail engage toutes les parties de l’être. Il suppose une traversée, une transformation intérieure, une dialectique entre les opposés. L’individuation psychique devient alors un chemin vers plus d’unité, où les différentes parties de soi apprennent à coexister dans une totalité vivante et singulière.

Ce que tu vas explorer ici :

  • les archétypes fondamentaux (ombre, anima/animus, soi),
  • les relations d’attachement et de séparation,
  • la persona et les mécanismes d’adaptation,
  • les zones figées à remettre en mouvement,
  • la transformation des contenus inconscients en conscience.

Autant de portes d’entrée vers toi-même.

Les traumas

Le trauma c’est pas juste la guerre, le viol et la mort. La méconnaissance des traumatismes amène beaucoup de gens (dont moi) à ne pas réaliser qu’ils ont été traumatisés.

Quelques exemples perçus comme anecdotiques alors qu’ils ne le sont pas :

  • Un gamin qui n’obtient pas de réconfort quand il pleure.
  • Une gamine qui se fait couper les cheveux très court par ses parents parce qu’avoir une fille c’est la honte.
  • Une enfant qui se fait humilier publiquement pour avoir mouillé son pantalon.
  • Un enfant qui prend en charge l’un de ses parents ou son frère / sa sœur (parentification).

Ce n’est pas l’événement en lui-même qui est traumatique, mais le fait qu’il provoque une sidération et qu’on ne puisse pas compléter la boucle de stress. C’est cette charge non libérée qui crée le trauma.

Les traumas créent des endroits figés en nous, dans lesquels la vie ne circule plus (mode survie oblige.) Dans une optique d’individuation, on revisiter ces espaces pour faire circuler la vie de nouveau, en revenant sur l’enfance et l’adolescence (les 2 gros morceaux sources de trauma) et en y amenant de la sécurité.

Ca peut passer autant par l’écriture que par des approches plus corporelles comme NERTI.

L’héritage familial et la psychogénéalogie

Un arbre ne se résume pas à sa face visible. De la même manière, ta vie est à contextualiser avec d’où tu viens, tes lignées féminines et masculines. J’ai longtemps esquivé ce travail parce qu’il ne m’intéressait pas. En réalité, c’est surtout parce que c’est un sacré chantier !

Selon tes origines, tu vas forcément revisiter l’impact des :

  • Guerres, emprisonnements, rationnements
  • Epidémies, maladies, morts, deuils
  • Séparations, divorces, ruptures
  • Héritages, conflits
  • Bref, tout ce qu’un humain peut vivre : migration, déracinement, …

Il serait illusoire de croire que ce qu’ont vécu nos ancêtres ne nous concerne pas. Ca passe autant dans l’ADN, que dans l’éducation, les croyances, les comportements…

Ca fait des années que j’ai vu une peur du manque chez moi. Ca n’est pas la même chose de croire que c’est juste de mon ressort, que de constater que ma mère est marquée par ça aussi, tout comme son père qui a connu le rationnement quand il était enfant en pleine deuxième guerre mondiale.

Les projections et zones d’ombre

Avec le travail de l’ombre, on commence sérieusement le travail sur l’inconscient. On l’a vu, ce qui nous révulse chez les autres ou dans le monde fait directement écho à nous-mêmes. Il est illusoire de croire qu’on peut regarder la réalité en étant un observateur séparé, sans en prendre part !

Tout ce que je dis, la façon dont je parle des autres et du monde parle de moi, plus que du monde. Ce que je vois et ce que j’exprime est la sélection inconsciente que j’ai faite (cf biais de confirmation, biais de sélection…).

Cette partie n’est pas du tout reluisante puisqu’elle invite à aller dans les recoins de notre psyché, à des endroits inavouables (ce n’est pas pour rien qu’on projette).

L’ombre représente les aspects refoulés de notre personnalité, tout ce que nous préférons ne pas voir ou accepter en nous-mêmes. Ces parties, souvent projetées sur les autres, finissent par influencer nos actions et nos réactions si elles ne sont pas reconnues.

Jung était clair : pour devenir un être véritablement authentique, nous devons faire face à notre ombre, l’accepter et l’intégrer. “Ce n’est qu’en affrontant les aspects sombres de notre être que nous pouvons espérer atteindre la lumière”. C’est un travail d’introspection courageux, mais nécessaire pour retrouver une harmonie intérieure.

J’ai d’ailleurs préparer 30 questions pour t’aider à explorer cette partie sombre de ton inconscient.

Intégrer ses parents intérieurs

Le processus d’individuation, tel que l’a étudié Carl Gustav Jung, suppose un détachement progressif des figures parentales externes pour intégrer leur dimension symbolique à l’intérieur de soi. Comme l’indique Durkheim dans sa lecture sociologique, il s’agit de se libérer d’un attachement fondateur pour construire une autonomie psychique.

Cela passe souvent par une via negativa, une forme de nettoyage intérieur. On fait le tri dans ce qui est sclérosé, hérité, figé — à la fois sur le plan personnel et social. On sort peu à peu de l’état de dépendance pour se rapprocher d’une unité intérieure.

Intégrer les parents symboliques, c’est réveiller les archétypes :  

  • La mère intérieure, liée à l’anima, à la présence affective, aux émotions, à l’accueil de la vie intérieure.  

  • Le père intérieur, principe actif qui structure, engage, décide, limite.

Dans cette dialectique entre anima et animus, le moi cesse de se confondre avec la persona — ce masque social — et s’ouvre à une conscience plus large, à une individuation psychique au sens jungien. C’est une étape essentielle pour sortir des logiques collectives inconscientes et devenir un individu à part entière, en lien mais non plus en fusion avec la société.

Arpenter le Chemin de l’Individuation

Le processus d’individuation n’est ni un objectif ni un accomplissement figé : c’est un mouvement continu, une tension créatrice entre l’individu et les forces collectives qui le traversent. Il n’y a pas de ligne d’arrivée. L’essentiel est dans le fait d’arpenter ce processus de maturation intérieure.

Cette transformation intérieure demande du temps, de l’énergie, parfois des ressources concrètes. Elle oblige à une confrontation avec l’inconscient, avec l’ombre, avec les contenus refoulés ou projetés sur autrui. C’est une expérience de verticalisation, de responsabilisation.

Peu à peu, les fragments de soi — dispersés entre les rôles sociaux, les attentes familiales et les injonctions de la vie sociale — se rassemblent. Le moi devient plus cohérent, plus apaisé, plus autonome. L’unité intérieure se construit dans le réel. Les parties se rassemblent, comme le T1000 dans Terminator.

Gilbert Simondon, en parlant de l’individuation comme processus ontogénétique, souligne qu’il ne s’agit pas de produire un être fini, mais d’habiter un devenir. On ne devient pas un individu isolé, mais un être relié, conscient de ses interactions et de sa singularité.

Et si tu es prêt·e à explorer cette transformation existentielle, ce mouvement du moi vers le soi, commence ici ton propre processus d’individuation.

👉 Démarrer le parcours

Je laisse le mot de la fin à Durkheim : “Ce travail d’intégration passe par la reconnaissance des grandes forces de l’inconscient. Par exemple, nous devons reconnaître la présence en nous-mêmes de la grande mère. Ce sont les forces inconscientes qui se révèlent dans notre désir constant d’être bon et dans le désir d’être embrassé, de se sentir à l’abri, de qualités bien naturelles mais qui, si elles sont dominantes, empêchent l’individuation. Pour devenir un être authentique, l’homme doit se libérer de ces forces primaires qui enferment encore le poussin dans sa coquille. Il est dans la nature de l’homme de chercher un abri et une protection. Lorsqu’il est enfant, il trouve l’abri dans le giron de sa mère. Plus tard, il trouvera cette confiance dans la mère intérieure qui habite notre inconscient. Mais pour trouver la mère intérieure, il faut avoir eu la mère extérieure.”

ENFP IA

ENFP : ce que personne ne dit sur cette personnalité

Parler de l’ENFP sans faire un jeu de mot et sans partir dans tous les sens, c’est un peu comme manger un gâteau au chocolat sans chocolat.

Une vieille légende hindoue dit que l’ENFP est un énergumène très intéressant à étudier.

Sa créativité débordante peut être difficile à canaliser mais ça en fait un profil vraiment précieux pour sauver l’humanité (ou tout au moins pour connecter des sujets improbables).

Allez viens, je vais t’expliquer, ça va bien se passer !

L’ENFP n’est pas un type de personnalité

Oups, ça commence mal.

Quand tu cherches ce qu’est l’ENFP sur internet, tu vas tomber sur des définitions arrêtées :

  • Les ENFP sont des esprits libres enthousiastes, créatifs et sociables, qui trouvent toujours une raison de sourire.
  • L’ENFP est en général très créatif, très adaptatif et a une excellente capacité à rebondir face aux imprévus.
  • L’ENFP a généralement un contact très facile. Il a une capacité impressionnante à créer du lien et à être la personne que l’on remarque lors d’un événement.

Cette façon de présenter les profils du MBTI très rigide et tellement limitée !

Résumer les 16 profils du MBTI à des personnalités figées, c’est louper ce qu’il y a de plus important et utile dans ce modèle : les fonctions cognitives.

Il ne s’agit pas juste d’un “type de personnalité”. Non, c’est bien plus complexe et fascinant que ça ! Comme pour l’ennéagramme, le danger est de se rigidifier en s’enfermant dedans. L’ENFP, c’est l’enchevêtrement unique de 4 fonctions cognitives dans un certain ordre.

Cerner ces fonctions vont t’aider à vraiment mieux te connaître.

Voyons comment ces fonctions s’assemblent et travaillent ensemble (ou pas) pour faire des ENFP des explorateurs passionnés, ces OVNI pour le commun des mortels.

ENFP : ses 4 fonctions cognitives

Ne – L’intuition extravertie : le feu d’artifice

Quand je discute avec quelqu’un ou que je fais un audio, je bascule très vite d’un sujet à l’autre, je fais des digressions, des parenthèses, et j’en arrive parfois (souvent ?) à perdre mon fil initial ! En déroulant mon fil, je tombe sur d’autres pelotes et c’est très amusant, mais heureusement que je ne fais pas de couture.

C’est l’intuition extravertie (Ne) dans toute sa splendeur : quand j’ai lu un livre sur le MBTI (de Dario Nardi), il expliquait que sous IRM, les “Ne dom” (ENFP et ENTP) ont un feu d’artifice neuronal tellement ça part dans tous les sens !

Ne est notre fonction la plus importante, elle explore des tas de possibilités avec enthousiasme. Ne est cette fonction qui nous pousse à voir des idées et des connexions partout. On connecte des idées entre elles comme un enfant qui trouverait 74 idées d’usage d’un bout de bois.

On imagine des théories, des concepts, des projets… Parfois, juste en écoutant quelqu’un parler, mon cerveau part dans 10 directions différentes : “Et si on faisait ça ? Et si ça devenait une vidéo ? Pourquoi pas un livre ?”.

Quand des amis viennent chez moi pour quelques jours, lorsqu’ils repartent ils ont au moins pris 5 à 10 notes sur des choses dont on a discuté : un livre, un aliment bizarre, une théorie, un film, une recette…

Mais voilà, Ne, c’est aussi un peu le trader cocaïnomane qui ne sait pas s’arrêter. Je peux avoir 20 idées en tête après seulement 5 minutes de méditation. C’est un super pouvoir marrant mais il, comme le renard du Petit Prince, il faut apprendre à l’apprivoiser pour ne pas partir en sucette, parce qu’on peut avoir du mal à débrancher.

Ca renvoie vers l’équilibrage de nos fonctions, on en reparlera plus bas.

Fi – Le sentiment introverti : ma boussole intérieure

Sous cette pluie d’idées de Ne, Fi (sentiment introverti) est là pour recentrer ce qui est VRAIMENT important. C’est la fonction de l’ENFP qui fait du tri et sélectionne ce qui est en adéquation avec son système de valeurs, ses convictions, son éthique.

Rappelons que la fonction F (feeling) met de la valeur de façon arbitraire sur quelque chose.

Honnêtement, j’ai mis du temps à comprendre l’importance de cette fonction. Avant, je disais oui à tout. Lancer un projet ? Allez ! Tester une nouvelle approche ? Pourquoi pas !

Alors c’est chouette, à 30 ans j’avais exploré plus de choses qu’énormément de gens dans toute leur vie… Mais j’étais épuisé et je sentais que certains projets n’avaient pas de sens pour moi.

Aujourd’hui, je prends le temps de filtrer les idées, les projets, les gens, avec Fi pour voir si c’est juste pour moi : d’où le travail sur les besoins. Ca permet de dire non à tout ce qui ne fait pas de sens et s’engager dans les projets justes.

Te – La pensée extravertie : le guerrier efficace

Ah, Te (pensée extravertie), c’est un gros morceau !

C’est la partie de moi qui veut toujours faire quelque chose, qui veut être efficace en toute circonstances, qui devient obsédée par les outils, les méthodes… Il mesure quelque chose à son impact dans le monde extérieur. Il aime ce qui est tangible, les indicateurs de mesure, les chiffres…

Te valorise ce qui marche pour TOUT le monde, dans le monde RÉEL. J’ai plusieurs amis utilisateurs de Te qui adorent les systèmes d’organisation autant à titre perso que pro (c’est le cœur de leur business).

Pendant des années, ça m’a fait passer énormément de temps à m’intéresser à la gestion du temps, l’organisation et tous les outils qui y sont liés.

Seul problème : j’en faisais trop par rapport à mon fonctionnement. Tu vas découvrir pourquoi dans un instant et en quoi c’est LE gros piège de l’ENFP.

Si – La sensation introvertie : l’ennuyeuse (mais nécessaire) routine

Si (ou sensation introvertie) n’est pas très copain de Ne.

Là où Ne rêve de brûler au chalumeau les millions de formulaires CERFA bien rangés dans les bureaux de l’URSSAF et amener de la nouveauté dans les systèmes rigides et figés en 1950, Si s’appuie sur le passé, ce qui est stable et prévisible.

Si est responsable de la routine, la répétition du passé, les traditions, la sécurité et la stabilité. Manger les mêmes choses, voir les mêmes personnes, les mêmes lieux, revoir les mêmes films…

Pas de surprise mais pas de risque d’être déçu.

Cette fonction est aussi inconfortable que nécessaire dans la vie de l’ENFP, ça lui permet de s’ancrer dans la réalité et pas tout le temps partir dans ses délires !

Grâce à Si, je sais maintenant que l’omelette au kiwi était une mauvaise idée…

L’empilement des 4 fonctions de l’ENFP

Tu viens de découvrir les 4 fonctions cognitives de l’ENFP, maintenant il faut bien comprendre dans quel ordre il les utilise. Parce que ça change TOUT ! L’ISTJ a exactement les mêmes fonctions que l’ENFP et pourtant c’est l’opposé : le Dark Vador de Luke Skywalker.

D’ailleurs, tu vas pouvoir retrouver l’ordre des fonctions cognitives de n’importe quelle personnalité du MBTI.

Juste avant, tu dois comprendre le stack (“empilage”) des 4 fonctions :

  • Héros/dominante : elle est au sommet, c’est la fonction la plus efficace et la plus naturelle, celle qui nous recharge le plus.
  • Adulte/auxiliaire : soutient et tempère la fonction dominante, apporte plus de stabilité.
  • Enfant : c’est une fonction immature sur laquelle on met trop de pression (à cause de la boucle de l’enfer… Dont je te parle incessamment sous peu). Elle aime jouer et peut être capricieuse
  • Inférieure : c’est la fonction la plus fragile, la plus difficile à utiliser.

Rappelle-toi de ces 3 principes :

  1. Les fonctions marchent par paire, en opposition, comme un axe avec deux pôles :
    • La fonction dominante (1) (“héros”) va avec la fonction inférieure (4) (“inférieure”)
    • La fonction auxiliaire (2) (“adulte”) va avec la fonction tertiaire (3) (“enfant”)
  2. Chaque paire est sur le même type de fonction : si la fonction dominante est une fonction de perception, la fonction inférieure est aussi une fonction de perception (mais pas la même). Si on a N en 1er, on aura S en 4ème.
  3. On alterne à chaque fonction entre introversion et extraversion : si la fonction dominante est extravertie, la fonction adulte est introvertie, la fonction enfant est extravertie…

Revenons à notre ENFP et ses fonctions. Si on joue à Sherlock, on peut trouver aisément quelles fonctions et dans quel ordre.

On commence par les 2 lettres du milieu qui sont les plus importantes :

  • NF indique que les 2 premières fonctions (héros et adulte) sont iNtuition et Feeling mais on ne sait pas dans quel ordre.
  • Le E signifie que la première fonction est extravertie.
  • Le P signifie que c’est la fonction de perception (ici N) qui est extravertie.

Si t’étais bon en Cluedo, tu peux conclure tout.e seul.e que les 2 premières fonctions sont Ne et Fi. En plus tu les as déjà lues plus haut, tricheur !

Maintenant, comment trouver les 2 autres fonctions (enfant et inférieur) ? C’est un jeu d’enfant ! (c’est le cas de le dire…)

Quand on a déterminé les 2 premières fonctions, les 2 autres sont les fonctions complémentaires et d’orientation opposée. Keske savedir ?

  • Si on a une fonction N en 1er, on aura une fonction S en 4ème (puisque on est sur un axe de fonction de perception)
  • Si on a une fonction F en 2ème, on aura une fonction T en 3ème (puisqu’on est sur un axe de fonction de décision) C’est l’illustration des 3 principes évoqués plus haut.

T’as galéré à comprendre ? Moi aussi ça m’a fait ça la première fois… Si t’as une fonction T en 3 ou en 4, c’est pas étonnant de galérer avec la logique 🙂 (tu pourrais ne pas comprendre tout de suite ce clin d’œil).

Brefff, tu l’auras compris, pour l’ENFP on a :

  • Fonction héros : Ne – C’est sa fonction de perception extravertie qui offre toutes ces possibilités, cette curiosité et cette ouverture sur le monde.
  • Fonction adulte : Fi – C’est sa fonction de décision introvertie qui permet de trancher ce qui est connecté avec ses sentiments et ses valeurs.
  • Fonction enfant : Te – Veut être efficace, structurer, mais de façon immature ou impulsive.
  • Fonction inférieure : Si – Cherche stabilité et ancrage, mais c’est fragile et souvent ignoré.

La boucle de l’enfer de l’ENFP

En MBTI on parle de la “loop” entre la 1ère et la 3ème fonction. Ca veut dire quoi ce charabia ?

L’ENFP a une première fonction extravertie : en gros, pour lui le “vrai monde” est le monde extérieur. Fréquemment et notamment sous stress, il court-circuite sa fonction adulte Fi et il boucle sur ses 2 fonctions extravertie. Dans le jargon on appelle ça la “Ne-Te loop” que j’appelle tendrement la boucle de l’enfer.

Pourquoi c’est une boucle de l’enfer ?

  1. Il perd sa boussole intérieure (Fi) : Fi l’aide à sentir ce qui est juste et aligné avec ses valeurs. Sans Fi,  il s’enferme dans une boucle extravertie entre Ne, qui génère des idées à toute vitesse, et Te, qui cherche à structurer, produire et être efficace. Mais tout ça sonne vide, déconnecté de lui-même.
  2. Surchauffe mentale : Ne ouvre mille possibilités. Te veut vite trancher. Cette tension crée une forme de bruit intérieur constant : il doute, il analyse, il se fatigue. Il veut avancer, mais ne sait plus dans quelle direction.
  3. Il perd de sa chaleur naturelle : Quand Fi est inaccessible, l’ENFP devient plus froid, plus sec. Il peut être critique, cassant, méfiant, là où il est normalement chaleureux, empathique, inspirant. Il ne se reconnaît plus dans ses réactions.
  4. Sa vision du monde se déforme : son Ne, d’habitude source de créativité et d’optimisme, devient anxieux et sombre. Il voit les failles, les dangers, les pièges potentiels. Le monde extérieur devient source de menace plus que de potentiel.
  5. Il s’isole émotionnellement : couplé à la fatigue et à la confusion, il se coupe des autres. Pourtant, ce sont les interactions authentiques qui pourraient l’aider à se reconnecter à Fi, à retrouver ce qu’il ressent, ce qu’il aime, ce qui l’anime.

Cette boucle Ne-Te est un signal d’alarme pour l’ENFP.

Je connais très bien ce mécanisme parce que je l’ai vécue des centaines de fois. C’est le moment où j’ai une idée et je veux l’implémenter immédiatement dans le réel sans passer par le filtre de “est-ce que j’ai vraiment envie ?”. C’est comme ça que j’ai lancé des projets, dit oui à des propositions, très rapidement, sans vérifier que c’est OK avec mon Fi. Et ça m’a mis dans la merde plus d’une fois : j’ai notamment dit oui à un proposition à 250 000€ pour… un coaching. Je me suis engagé sur un appartement que j’ai regretté pendant des années (en Pinel… oh ça va, te moque pas !)

Ne-Te ça m’évoque une tornade d’idées et d’agitation frénétique, où l’un nourrit l’autre en perdant le contact avec l’intérieur. Comme c’est déconnecté du ressenti, ça peut devenir vite n’importe quoi.

Si tu te reconnais dans ce que je raconte, dans le livre Lâche Les Chevaux, je te dévoile le frein qui t’empêche d’atteindre les résultats que tu veux malgré tout ce que tu as essayé.

Mieux vivre l’ENFP (flow, travail, relations)

Le flow pour l’ENFP

Depuis des années, je démarre ma journée de travail par explorer des idées qui m’enthousiasment et écrire sur des sujets qui m’animent. C’est fluide, vivant, joyeux. Et surtout : c’est parfaitement aligné avec mon stack cognitif. Voilà pourquoi je kiffe et je continue :

  • Ne (Intuition extravertie)
    Je pars d’idées, de connexions, je joue avec les mots, les blagues, les métaphores. Tout ce qui stimule l’imagination et me donne l’impression de voler entre les concepts.
    → Quelles idées te viennent facilement quand tu es détendu ?
    → As-tu un espace pour noter tes fulgurances sans filtre ?

  • Fi (Sentiment introverti)
    J’écris uniquement sur ce qui fait sens pour moi. J’écoute mes élans. Je mets du piano dans les oreilles, je coupe tout. Personne ne me dérange : je suis dans mon monde intérieur, en lien avec mes valeurs. Je déroule ma vision des choses. → Qu’est-ce qui te touche profondément en ce moment ?
    → Te laisses-tu guider par ce que tu ressens, ou par ce que tu “devrais” faire ?

  • Te (Pensée extravertie)
    J’aime quand ça avance concrètement. Transformer mes idées en un article fini, un script tourné, un chapitre écrit. Voir que ça prend forme me donne un vrai sentiment d’efficacité.
    → As-tu un petit objectif concret à atteindre aujourd’hui ?
    → Comment peux-tu canaliser ton énergie créative vers un livrable clair ?

  • Si (Sensation introvertie)
    J’ai une routine stable : même bureau, même playlist de musiques classiques ou de films, même créneau entre 10h et 11h. Ce cadre rassurant me permet de plonger sans réfléchir.
    → Quelles petites habitudes soutiennent ton flow sans que tu t’en rendes compte ?
    → As-tu identifié les conditions idéales de ton rythme créatif ?

Evidemment ça ne se passe pas comme ça tous les jours, avec Ne en premier tu t’en doutes… hahaha. La concentration sur UNE chose peut vraiment être difficile. Quand je tends vers ça, ça me fait vraiment du bien car chaque fonction a sa place. MAIS attention : chaque fonction doit être présente dans la juste quantité. Les 4 fonctions offrent un repas complet : Ne c’est la protéine, Fi le gras et les légumes, Te les glucides et Si l’assaisonnement. Si tu mets trop d’assaisonnement, ton repas est immangeable.

La vie professionnelle idéale de l’ENFP

À mes yeux, tout ENFP a besoin d’une dimension créative dans son métier. C’est un incontournable. Il a un don naturel pour voir les possibles, relier les idées, ouvrir des portes là où d’autres voient des murs. Avec l’ENTP, c’est le champion du brainstorming : enthousiaste, imaginatif, stimulant.

L’ENFP ne s’épanouit pas dans un cadre rigide ou répétitif (d’où une organisation flexible et sur mesure). Il a besoin de marge de manœuvre, d’autonomie, de stimulation intellectuelle et surtout de sens. Il veut incarner ce qu’il fait, porter un message, vivre une aventure.

L’entrepreneuriat est souvent un terrain favorable : il peut y créer ses propres règles, suivre ses élans, explorer plusieurs rôles à la fois (créateur, messager, accompagnant, animateur…). Ce qui le motive : avoir un impact humain, partager ce qui le touche, transmettre ce qui l’a transformé.

Ce type de métier lui permet d’activer son stack :

  • Ne : explorer des idées, lancer des projets inspirants
  • Fi : choisir ce qui lui parle, ce qui résonne profondément
  • Te : produire, structurer, transmettre de manière efficace
  • Si : ritualiser ce qui soutient sa créativité

L’ENFP peut s’épanouir dans des rôles comme :

  • créateur de contenus, auteur, conférencier
  • coach, thérapeute, accompagnant
  • facilitateur d’ateliers, porteur de projets à impact
  • designer d’expériences ou d’univers narratifs

Mais il doit veiller à ne pas trop s’éparpiller, à garder un fil rouge, et à créer un cadre léger mais solide pour aller au bout de ses élans (c’est là que la matrice EPIC de gestion de projet fait du sens). Sinon, il s’épuise à force de commencer sans finir, ou à vouloir tout explorer à la fois.

Faire équipe avec un ENFP : communication et complémentarité

Pour vivre avec moi-même depuis plus de 32 ans, je commence à bien cerner ce qui me soutient en coopération. Un ENFP a besoin de liens vivants, mais aussi de boussoles extérieures pour canaliser son énergie.

Un ENFP doit vraiment travailler de concert avec quelqu’un qui aide à fermer les possibilités.

Ce qui m’aide le plus, ce sont les profils qui ramènent du tri, de la vision, ou de la structure, là où je suis naturellement dans l’ouverture.

  • Avec une INFP (Fi dom) comme ma compagne, je me reconnecte à l’essentiel. Ses questions me ramènent à mes ressentis profonds. Elle ne me propose pas des idées en plus, mais m’aide à éliminer ce qui n’est pas juste. C’est vital quand je suis dans ma boucle de l’enfer !
  • Avec des INFJ / INTJ (Ni dom), je prends de la hauteur. Là où je papillonne entre mille idées, ils me montrent des lignes, des trajectoires, du sens à long terme. Ça m’aide à sortir de l’agitation et à voir le cap.
  • Avec des ENTJ / ESTJ (Te dom), je trouve de la structure. Là où Te me coûte (fonction enfant), eux me montrent comment poser les actions, organiser, prioriser. Ça rend mes idées concrètes. Par contre je dois faire attention à ne pas surcharger cette fonction (facile chez moi avec la boucle).

Et inversement, l’ENFP est souvent celui qui ouvre les fenêtres : il élargit les perspectives, relance l’énergie créative, permet aux autres de sortir de leur logique fermée. Il fait jaillir les idées là où l’autre tourne en rond.

Un exemple parfait de cette dynamique, c’est le rappeur Orelsan et ses potes. Il est clairement ENFP : créatif, bordélique, des idées dans tous les sens (cf. ses Apple Notes dans le documentaire “montre jamais ça à personne”). Skread, probablement INTJ (et probable type 6 ennéagramme), vient canaliser : il cadre, tranche, porte une vision sur la durée. C’est cette complémentarité Ni–Te vs Ne–Fi qui rend leur duo aussi puissant. Idem avec Gringe, probable INFP qui ramène Orelsan sur ses valeurs : le duo marche très bien parce qu’ils ont les 2 premières fonctions en inversé (ENFP = Ne-Fi et INFP = Fi-Ne), d’où les raps à 2 où ça part dans tous les sens et où ça envoie du jeu de mot à gogo. Enfin, Ablaye prend soin des autres avec son Fe dom (probable ESFJ).

Le quatuor est très complémentaire et soudé, et c’est aussi pour ça que ça marche depuis autant d’années !

Après ce vaste panorama de l’ENFP, ses fonctions et son mode d’emploi, si toi aussi t’es là-dedans et que ce que je t’ai raconté te parle : 

Pour commencer, tu peux explorer le livre Lâche Les Chevaux qui te montre précisément le frein qui t’empêche d’avoir les résultats que tu veux.